Arianespace: Le lancement d'une fusée Vega échoue à cause d'une «anomalie majeure»

ESPACE Une commission d’enquête indépendante va essayer de comprendre les raisons de cet échec

20 Minutes avec agences

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Il y a 50 ans, la première fusée française décollait de Kourou — 20 Minutes

Le lancement d’une fusée Vega par l’agence spatiale Arianespace a échoué dans la nuit de mercredi à jeudi. Lancé depuis la Guyane, l’engin devait mettre en orbite un satellite militaire pour le compte des Émirats arabes unis.

Il s’agit du premier échec après 14 lancements réussis de Vega, le lanceur léger d’Arianespace inauguré en 2012. « Une anomalie majeure s’est produite, aboutissant à la perte de la mission », a déclaré la directrice exécutive de l’agence. « Je souhaite présenter nos plus profondes excuses à nos clients pour la perte de leur chargement. »

Une « frontière ténue » entre succès et échec

Arianespace analyse actuellement ses données pour comprendre ce qui s’est passé. Une « commission d’enquête indépendante » sera mise en place prochainement, a annoncé l’agence dans un communiqué. La vidéo du lancement montre qu’après deux minutes, la trajectoire de la fusée a dévié avant de se « dégrader » nettement.

Cet incident « nous rappelle que nous faisons un métier difficile, où la frontière entre le succès et l’échec est extrêmement ténue », a déploré Jean-Yves Le Gall, président du CNES, l’agence spatiale française. « Nos équipes vont immédiatement se remettre au travail pour analyser, comprendre et corriger les causes de cette défaillance. »

Deux satellites commandés pour 700 millions d’euros

Le lancement avait été reporté à deux reprises en raison de vents forts. Initialement prévu dans la nuit de vendredi à samedi à Kourou, il avait été reprogrammé une première fois puis à nouveau dimanche. Vega devait mettre sur orbite le satellite émirien FalconEye1 d’observation de la Terre. Il pesait environ 1.197 kg au décollage et devait être placé en orbite à 611 km de la Terre.

Le satellite avait été développé par un consortium mené par Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space. Il faisait partie d’une commande de deux satellites (FalconEye 1 et FalconEye 2), passée en juillet 2013 pour « un peu plus de 700 millions d’euros », selon le PDG d’Astrium, devenu depuis Airbus Defence and Space. Il s’agissait du sixième lancement de l’année pour Arianespace.