VIDEO. Trucs et astuces pour réussir de belles photos de la Lune même sans matériel pro

PHOTO Immortaliser la Lune avec un smartphone ou un appareil photo n’est pas forcément garanti de résultat probant, mais quelques astuces permettent d’espérer des clichés de qualité

Christophe Séfrin

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L'utilisation d'un trépied est obligatoire pour photographier la Lune.
L'utilisation d'un trépied est obligatoire pour photographier la Lune. — NIKON
  • Cinquante ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, photographier le satellite de la Terre sans matériel pro est une mission risquée et non garantie de succès.
  • Depuis peu, certains smartphones comme le P30 Pro de Huawei ou le Pixel 3 de Google permettent néanmoins d’envisager des prises de vues acceptables de l’orbite.
  • Avec un appareil photo bridge, hybride ou reflex, certaines règles techniques doivent être respectées pour obtenir des résultats satisfaisants.

Smartphone, appareil photo compact, bridge, hybride ou reflex : les possibilités de photographier la Lune sont à la portée de presque tous. Photographe amateur ou expert, avec du matériel plus ou moins perfectionné, quelques règles restent cependant à respecter pour optimiser ses chances de réussite et épater la galerie avec un cliché réussi de l’astre. Nos conseils dans cet article, ou dans la vidéo ci-dessous.

Des smartphones surdoués

Jusqu’à il y a peu, nos terminaux mobiles restaient bien incapables de livrer des photos de nuit de qualité. En 2018/2019, deux appareils ont renversé la table et sont venus changer la donne : le Pixel 3 de Google (et désormais son petit frère, le Pixel 3a), mais aussi le P30 Pro de Huawei.

Certes, avec eux, les photos prises dans un environnement faiblement éclairé risquent d’être beaucoup plus bruitées (avec des pixels apparents) qu’avec un appareil photo. La faute à leur capteur photo, physiquement d’une taille bien moindre. Mais on peut malgré tout espérer photographier la Lune grâce à eux…

Le Pixel 3 de Google réalise d'excellents photos de nuit.
Le Pixel 3 de Google réalise d'excellents photos de nuit. - GOOGLE

 

Le P30 Pro dispose d’un zoom hybride 10x qui, à défaut de réaliser des prouesses, parvient à livrer des photos acceptables comme en témoigne cette image.

La Lune photographiée avec le P30 Pro de Huawei.
La Lune photographiée avec le P30 Pro de Huawei. - NATHALIE BLOCH-SITBON

Et le Pixel 3 dispose d’un mode dit Photo de nuit qui tient la plupart du temps ses promesses.

Posé sur un support ou un tripod comme ceux de la marque Joby, votre smartphone ne bougera pas et vos chances de réussite, avec une photo bien nette, seront plus grandes.

Le Starter Kit de Gorilla Pod accroche tous les smartphones.
Le Starter Kit de Gorilla Pod accroche tous les smartphones. - GORILLAPOD

 

Néanmoins, vos prises de vues de la Lune réalisées avec un smartphone devront se contenter de partages sur les réseaux sociaux. Tout tirage photo au-delà d’un format 13x18 ou 18x24 cm se solderait par une déception.

Pour espérer faire mieux, il est possible d’assortir son smartphone d’un complément d’optique.

Un complément d'optique pour smartphone.
Un complément d'optique pour smartphone. - MOMENT

 

Adapté aux modèles des marques Apple, Samsung et Google, les compléments de la marque Moment affichent une belle qualité. Comptez une bonne centaine d’euros pour leur 58 mm, quand même.

Privilégier la Priorité à l’ouverture

Si l’on est un amateur en photo et que l’on dispose d’un matériel traditionnel (Bridge, Hybride, Reflex), le mieux pour photographier la Lune en gros plan est de privilégier le mode Priorité à l’ouverture (Mode A ou AV sur la molette du boîtier). « L’appareil trouvera ainsi le bon temps de pause pour la photo. Il ne faut pas se priver de prendre plusieurs clichés en travaillant sur l’ouverture (de f/5,6 à f/11) pour jouer sur le rendu colorimétrique », conseille Patrick Lévêque*, photographe pro chez SIPA Press.

La Lune, le 30 janvier 2018 à Los Angeles.
La Lune, le 30 janvier 2018 à Los Angeles. - AFP

 

Evidemment, pour éviter là aussi le « flou du bougé », l’appareil doit être posé sur un trépied ou utilisé avec un tripod. Ne pas hésiter à effectuer la mise au point manuellement, l’autofocus pouvant éprouver quelques difficultés dans ces conditions de prises de vues à très faible luminosité. Ensuite, on le déclenche soit à l’aide de son retardateur, soit à distance depuis une application.

L'impressionnant Coolpix P1000 de Nikon.
L'impressionnant Coolpix P1000 de Nikon. - NIKON
Une photo de la Lune réalisée avec l'appareil photo bridge Nikon P1000.
Une photo de la Lune réalisée avec l'appareil photo bridge Nikon P1000. - CAPTURE

 

Pour aller plus loin, il est possible de conserver le temps de pause déterminé par l’appareil en mode Priorité à l’ouverture et de l’utiliser en passant le mode manuel (M).

Sinon, petite règle à appliquer en toutes circonstances : le temps de pause à retenir est généralement numériquement proche de la focale : si l’on utilise une focale 200 mm, le temps de pause sera le 250e, etc.

Parmi différents modèles sur le marché, signalons le P1000 lancé il y a quelques mois. Grâce à lui, Nikon est parvenu à placer un zoom optique 125x (équivalent 24 – 3000 mm) dans un bridge presque abordable (699 euros) auquel vous pourrez demander la Lune.

Inclure la Lune dans un paysage

Si un gros plan de la Lune ne vous intéresse pas, mais que vous souhaitez l’inclure l’orbite de la Terre dans une photo de paysage nocturne, les règles de jeu diffèrent. Photo grand angle, au 35 mm ou 50 mm… « la mise au point s’effectue sur le paysage et non sur la Lune. On utilise un diaphragme un peu plus ouvert pour compenser le manque de luminosité (f/2,8 ; f/4 ; F/5,6) », précise Patrick Lévêque. Pour éviter que la Lune ne soit qu’un point lumineux, il est nécessaire de jouer avec le correcteur d’exposition (+/-) pour modifier la luminosité globale de l’image.

Une optique à 15.000 euros

Immortaliser le petit satellite situé à 384.400 km n’est donc pas à la portée du premier appareil photo venu. Impossible de demander la Lune à un compact numérique, par exemple. Pour un résultat impeccable, on embarquera prioritairement à bord d’un Reflex… à condition de l’équiper en conséquence. Un téléobjectif très puissant assorti d’un doubleur est ainsi recommandé si l’on veut photographier la Lune en très, très gros plan.

L'optique Sony 500mm f/4 G SSM vendue près de 15.000 euros.
L'optique Sony 500mm f/4 G SSM vendue près de 15.000 euros. - SONY

 

Patrick Lévêque, préconise alors de travailler au 250e de seconde, à focale f/8 ou f/11. Attention « si l’on photographie avec un temps de pose trop long, la Lune aura bougé (un phénomène inévitable si l’on travaille avec un zoom hyperpuissant) et l’image obtenue sera surexposée. On va donc travailler entre 100 et 400 ISO », précise le photographe. Un trépied et un retardateur (ou un déclenchement de la prise de vue à travers une application) restent nécessaires. Mais l’achat d’un téléobjectif très puissant reste inenvisageable pour le plus grand nombre, le budget étant d’environ 15.000 euros pour décoller avec un 500 mm…

* Exposition Coques en stock du 19 juillet au 18 août 2019 à la Société des Régates de France, 76400 Fécamp.