Elections européennes: Près d’un Européen sur deux aurait été exposé à de fausses informations sur les réseaux sociaux

DESINFORMATION L’agence de cybersécurité SafeGuard Cyber a publié ce mercredi un rapport inquiétant de 17 pages mettant en avant la prolifération sur Internet de fausses informations concernant le scrutin

H. B.

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Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne — JULIEN WARNAND / POOL / AFP

La désinformation gagne du terrain. Plusieurs sociétés de cybersécurité ont exprimé cette semaine leurs craintes sur l’intensification de l’activité des hackers et des entreprises de désinformation russes dans le cadre des élections européennes. L'agence de cybersécurité SafeGuard Cyber a publié ce mercredi un rapport inquiétant de 17 pages mettant en avant la prolifération sur Internet de fausses informations concernant le scrutin.

Selon cette enquête, menée de novembre 2018 à mars 2019, près d’un électeur européen sur deux aurait été exposé à de fausses informations, véhiculées par des comptes frauduleux ouverts sur Youtube, Twitter et Facebook. Au total, 6.700 comptes frauduleux liés à la Russie ont été identifiés par l’agence américaine.

« 12 % des comptes qui suivent Jean-Claude Juncker seraient des bots »

Même les comptes du président de la Commission européenne seraient « compromis » sur les réseaux sociaux. « Selon nos analyses, 12 % des comptes qui suivent Jean-Claude Juncker sont des bots, des comptes propageant de la désinformation ou des contenus malveillants », a indiqué Georges Kanide, le directeur de Safeguard Cyber.

Selon SafeGuard Cyber, ces comptes automatisés adaptent leur propagande à chaque pays européen ciblé. En Allemagne, l’accent serait mis sur « l’invasion des immigrés », alors qu’en Angleterre, l’objectif est d’attiser l’opposition entre les pro et les anti-Brexit. Quant à la France, c’est  la lettre ouverte d’Emmanuel Macron sur le futur de l’Europe, le 4 mars dernier, qui aurait été ciblée par ces faux comptes pour distiller des « propos populistes ».