CES 2019 Las Vegas: Avec E-vone, la télé assistance dans les chaussures

CONSOMMATION La société nanto-angevine a conçu une chaussure connectée capable de donner l'alerte en cas de chute...

Frédéric Brenon

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La chaussure connectée E-vone existe en plusieurs modèles.
La chaussure connectée E-vone existe en plusieurs modèles. — E-vone
  • E-vone est une filiale du groupe Eram basée en Maine-et-Loire et Loire-Atlantique.
  • La société développe des chaussures équipées de capteurs et d'un GPS.
  • Elle s'adresse principalement aux personnes âgées fragiles.

Elle exposera toute la semaine au CES de Las Vegas, le plus grand salon technologique au monde. Et elle compte bien se faire remarquer. Basée à Nantes et à Saint-Pierre-Montlimart (Maine-et-Loire), la société E-vone ambitionne de révolutionner la téléassistance avec sa chaussure connectée. Cette filiale du groupe Eram a en effet conçu un modèle avec de l’électronique embarqué au niveau du talon. Objectif : détecter automatiquement une chute et donner l’alerte.

Une innovation qui s’adresse principalement aux personnes fragiles (seniors, malades exposés à des risques de chute). « Elle est également utile pour les travailleurs isolés, comme les agriculteurs, charpentiers, agents de sécurité… Au départ, le projet visait d’ailleurs plutôt les professionnels », explique Laurence Cerné, chargée de partenariats chez E-vone.

Une alerte et l’adresse envoyées par SMS

Mais comment ça marche au juste ? « Des capteurs cachés dans la semelle parviennent à reconnaître une chute en analysant les mouvements d’accélération et de rotation du pied. Si la chaussure ne bouge plus les secondes suivantes, elle envoie une alerte par SMS en donnant l’adresse exacte de la victime grâce à un GPS intégré. » Les destinataires du message sont des proches ou une plateforme d’assistance, suivant les préférences choisies.

Contrairement aux bracelets ou aux boîtiers de téléassistance très répandus, le dispositif d’E-vone a pour avantage d’être « invisible » et « de ne pas être oublié puisqu’on n’oublie pas sa chaussure ». Il « fonctionne en intérieur et en extérieur », même loin du domicile. « Les retours sont très encourageants », se réjouit Laurence Cerné.

Le confort et l’esthétisme n’ont pas été mis de côté pour autant. « On décline 26 modèles de chaussures et quatre de chaussons. On a à cœur de faire un beau produit et, surtout, agréable à porter. On a consulté le Gérontopôle des Pays-de-la-Loire pour améliorer le design, les lacets et l’enfilage. »

Un abonnement à 35 euros par mois

Pour l’heure, la chaussure est encore en phase de test. La commercialisation sera lancée au printemps sur la base d’un abonnement à 35 euros par mois (28 euros pour un chausson) avec possibilité de changer de modèle gratuitement chaque année. « Ce ne sont pas des prix hyperdémocratiques mais on tient compte des tarifs pratiqués dans la téléassistance et du caractère innovant du produit », justifie Laurence Cerné. « En termes d’équivalence, je ne vois que certaines montres connectées », ajoute-elle.

A Las Vegas, E-vone espère « gagner en visibilité » et « tester le marché américain » où le potentiel est important. A plus long terme, la société ligérienne envisage de développer une chaussure géolocalisable spécifiquement adaptée aux personnes victimes de maladies neurodégénératives comme Alzheimer.