Benevolt, le site Internet qui facilite le bénévolat des jeunes seniors

NUMERIQUE La start-up nantaise met en relation les jeunes retraités avec les associations ayant des besoins de bénévolat…

Frédéric Brenon

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Amélie Arcile et Anne-Laure Mesguen, cofondatrices de Benevolt.
Amélie Arcile et Anne-Laure Mesguen, cofondatrices de Benevolt. — F.Brenon/20Minutes

C’est en accompagnant les départs à la retraite de collègues que la Nantaise Anne-Laure Mesguen, alors chef de service dans une grande banque, s’est rendue compte de « la richesse de leurs expériences » et de ce qu’ils « pouvaient encore apporter aux autres ». « Je me suis aperçue aussi que ces jeunes retraités s’interrogeaient, cherchaient du sens à donner à leur temps libre. » L’idée de Benevolt, site Internet de mise en relation des jeunes seniors avec des associations ayant des besoins de bénévolat, était née.

Rejointe par Amélie Arcile, psychologue de formation, elle lance l’activité en octobre 2016. Depuis, la plateforme compte un peu plus de 200 bénévoles et 270 associations ou start-ups sociales inscrites, pour un total de 340  missions de bénévolat proposées. Et vient d'être honorée, lundi soir, au musée du Louvre, des mains de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, du prix Silver Eco 2018 décerné par le magazine Notre Temps

« Les assos ont en permanence besoin de renfort »

L’inscription à Benevolt est gratuite, le fonctionnement relativement simple. Les candidats (âgés de plus de 55 ans) se présentent et expliquent leurs attentes. Les associations décrivent leurs actions et les missions à occuper. S’ils sont intéressés, les uns et les autres peuvent se contacter en ligne. « On estime que 40 % des jeunes retraités souhaitent s’investir mais ne savent pas comment s’y prendre. Certains vont chercher, ne pas trouver ce qui leur correspond et renoncer. Benevolt sera pour eux un facilitateur », justifie Anne-Laure Mesguen.

Quant aux associations, « elles ont en permanence besoin de renfort, quel que soit le domaine ». « Des petites associations ne trouvent pas du tout de bénévoles. D’autres ont besoin de compétences spécifiques. Souvent, elles s’appuient sur les mêmes personnes et s’épuisent. C’est une difficulté très répandue dans l’associatif. »

« Tout le monde a quelque chose à apporter »

Les missions proposées sur Benevolt sont « assez diverses » : comptabilité, communication, informatique, permanence d’accueil, enseignement linguistique, bricolage, accompagnement… Le plus souvent dans les secteurs du caritatif, de la santé, de la culture ou de la formation professionnelle.

« La moyenne d’âge des bénévoles inscrits est de 63 ans et, contrairement aux idées reçues, il y a autant d’hommes que de femmes, indique la cofondatrice de Benevolt. Tout le monde, même ceux qui en doutent, a quelque chose à apporter. Quand on est contacté par une asso, on se sent utile. Ça change un peu le regard que l’on se porte en ayant quitté la vie active. »

Piloté depuis l’île de Nantes, le site Benevolt réunit, pour l’instant, surtout des inscrits originaires de l’ouest de la France. Mais un développement dans toute la France est déjà en cours. Objectif : 1.000 associations inscrites fin 2018.

 

Activités complémentaires

En parallèle, pour leur apporter des compléments de revenus « le temps que l’activité de la plateforme monte en charge », Anne-Laure Mesguen et Amélie Arcile proposent des services complémentaires (payants) aux associations et organisent des sessions en entreprise de préparation à la retraite.