Avec Project Stream, Google promet «Assassin's Creed Odyssey» dans Chrome

JEU VIDEO L'entreprise va tester un service de streaming de jeu aux Etats-Unis à partir de vendredi...  

P.B.
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Image promotionnelle d'«Assassin's Creed Odyssey» d'Ubisoft.
Image promotionnelle d'«Assassin's Creed Odyssey» d'Ubisoft. — Ubisoft

C’est le Graal du jeu vidéo dématérialisé : proposer des titres en streaming, directement dans le navigateur. Pas de console. Pas de carte graphique à 600 euros. Pas de téléchargement. Lundi, Google a dévoilé Project Stream, un service de « Cloud gaming » qui va être testé aux Etats-Unis à partir de vendredi via le navigateur Chrome, avec le tout nouveau Assassin’s Creed Odyssey comme cobaye. On attend avec impatience de voir si l’entreprise a réussi à minimiser la latence, alors que l’entreprise promet un jeu en full HD (1080p) en 60 images/seconde. Au Japon, Nintendo et Ubisoft avaient déjà annoncé une offre de streaming sur la Switch, mais en 30 images/seconde.

La rumeur courrait depuis plusieurs mois, avec un service connu jusqu’à présent sous le nom de code Project Yeti. Au printemps, Google avait d’ailleurs recruté Phil Harrison, un ancien de Microsoft. Avec Project Stream, l’entreprise passe à une « phase de test » gratuite. Il faut avoir 17 ans, habiter aux Etats-Unis et disposer d’une connexion à Internet d’au moins 25 Mbit/s – un débit trois fois inférieur à la moyenne nationale en Amérique du Nord ou en France. Pour l’instant, il ne s’agit pas d’un service commercial. On ne sait pas encore avec quels autres éditeurs Google a conclu des accords.

La bataille se profile

Après des débuts difficiles il y a 10 ans (le pionnier OnLive a déposé le bilan et Gaikai avait été racheté par Sony), l’heure du streaming vidéoludique semble avoir sonné. Nvidia teste actuellement son service GeForce Now. Avec le Playstation Now, Sony avait démarré par des vieux titres de la PS2 et PS3 mais propose depuis peu quelques jeux PS4. En France, la start-up Blacknut mise surtout sur un catalogue indépendant, avec un abonnement à 14,99 euros par mois et Blade, avec Shadow, s'attaque au marché premium à 30 euros par mois.

Face à ce défi technique, les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) sont les mieux placés. Entre une action à la manette et un mouvement à l’écran, les données doivent en effet effectuer un aller-retour entre le domicile du joueur et le data-center. Pour réduire la latence, il faut donc limiter au maximum la distance, et réaliser des tours de passe-passe du côté de la compression et des protocoles de transferts des données. L’absence de lag est critique, surtout pour les FPS, les jeux de combats et les simulations sportives.

Sur le papier, la technologie pourrait chambouler le marché du jeu vidéo et menacer les consoles. PC, smartphones, smart TV, box Internet… La communauté des gamers potentiels passerait d’un seul coup à plusieurs milliards de personnes. De quoi aiguiser les appétits.