Vendée: Une fausse huître espionne «encore plus performante» pour faire face aux vols

INNOVATION La start-up Flex sense, basée en Vendée, a développé une nouvelle version de son mouchard à placer dans les parcs à huîtres...

Julie Urbach

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L'huître connectée Flex spy
L'huître connectée Flex spy — Flex Sense / DR
  • L'huître connectée Flex spy est développée par une start-up vendéenne.
  • Une deuxième version, en test, a convaincu une compagnie d'assurance de couvrir les ostréiculteurs qui en sont équipés, en cas de vol.

On aurait presque envie de la déguster, si elle n’était pas en plastique et remplie de technologies. Depuis deux ans, une huître très spéciale a fait son apparition dans certains parcs français. Flex spy, c’est son nom, agit comme un mouchard pour les ostréiculteurs, exposés aux vols. Grâce à cet objet connecté créé en Vendée, dont la nouvelle version est en ce moment en test sur les côtes de la Loire-Atlantique, ces professionnels de la mer vont pouvoir désormais assurer leur marchandise.

« Les vols d’huîtres dans les parcs n’étaient jusque-là pas pris en charge par les assureurs car il n’y a pas d’effraction à proprement parler, explique Emmanuel Parlier, président de Flex sense, qui vient de convaincre Groupama. Si malgré la protection, il y a un vol, la garantie couvre à hauteur de 2.000€ par huître connectée. » Une évolution alors que le produit aurait déjà fait ses preuves, selon Flex sense, qui ne communique pas son nombre de clients mais assure produire 2.000 nouveaux faux coquillages par jour, pour la France et l’international.

L'huître connectée Flex spy
L'huître connectée Flex spy - Flex sense/ DR

Flex sense, basée à La Roche-sur-Yon, propose aux professionnels d’acheter ou de louer (10€/mois pièce) ce drôle de dispositif. Un traceur (qui a une autonomie de 60 mois) est placé toutes les 20 poches environ, sachant que chacune contient plusieurs dizaines de kilos d’huîtres. L’ostréiculteur gère le tout via son téléphone portable. Il est averti quand il y a du mouvement sur ses parcs et si c’est anormal, lui et une liste de contacts sont prévenus par SMS. C’est à eux d’avertir ensuite la gendarmerie maritime, qui envoie en général une patrouille.

Des « ostréiculteurs vigilants »

Avec cette formule d’assurance et une huître « encore plus performante », notamment dans la traçabilité, la start-up espère séduire « 100 nouveaux clients par semaine » alors que nombre d’ostréiculteurs n’ont pas encore sauté le pas. Car si le bassin le plus exposé est celui de Marennes-Oléron (plus de 20 tonnes de coquillages dérobés au total la saison dernière), d’autres zones sont heureusement un peu plus à l’abri de ces vols à grande échelle, qui peuvent mettre en péril une affaire.

« C’est le cas pour les établissements plus petits, justifie cet ostréiculteur de Mesquer, qui n’est pas encore prêt à investir. On va tous les jours à la marée, on veille les uns sur les autres, comme des ostréiculteurs vigilants ! » « Certains font appel à des sociétés de gardiennage privées notamment la nuit, note-t-on cependant au comité régional de conchyliculture Bretagne-sud. Et la gendarmerie survole régulièrement, surtout avant les fêtes de fin d’année où le risque est fort. Ça dissuade. »