Le premier iPhone dans un Apple Store de Sans Francisco en 2007
Le premier iPhone dans un Apple Store de Sans Francisco en 2007 — Eric Risberg/AP/SIPA

MON PRECIEUX

VIDEO. L'iPhone a 10 ans... et vous ne pouvez pas vous empêcher de le tripoter

Une décennie que vous touchez votre iPhone au minimum 20 fois par jour, et ça en dit beaucoup sur vous...

Le tour de magie de Steve Jobs a eu lieu le 9 janvier 2007 (« un iPod, un téléphone, un navigateur Internet »), mais le public n’a pu en profiter que six mois tard, le 29 juin. A cette date, l’iPhone débarquait dans les boutiques américaines, et bousculait le marché du mobile. En dix ans, il a connu pas moins de 15 modèles et s’est écoulé à plus d’un milliard d’exemplaires dans le monde. L’iPhone n’est pas le premier smartphone, mais il est plus connu et a été longtemps le numéro 1. Ceci est bien une révolution. Pour le meilleur ?

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« On le checke minimum 20 fois par jour »

Comme en jouait Steve Jobs lors de sa Keynote, l’iPhone devient incontournable avant tout pour son côté couteau suisse : téléphone, iPod, Internet, agenda, GPS, lampe torche, console de jeu, horaires… « Mais au-delà de la dimension utile, pratique, il y a une dimension invisible, commente Michael Stora, psychologue et auteur de Hyperconnexion, disponible à la rentrée. Il crée des réflexes compulsifs. Des études montrent que l’on checke son smartphone minimum 20 fois par jour. On le touche, le caresse, le manipule. Plus que l’intelligence, la révolution est le tactile. »

Le spécialiste rappelle que tout est images, couleurs et distance sur votre écran d’iPhone, et que la main, le doigt, vient combler un vide, un manque, une angoisse. « L’utilisation première d’un iPhone est aujourd’hui sociale, les réseaux sociaux, et on se trouve donc avec un télescopage entre une quête de reconnaissance et notre rapport inéluctable au sensoriel. Il se fait alors révélateur de ce que nous sommes. » Pas sûr que Steve Jobs et Apple  y aient pensé en créant l’iPhone, mais « c’est aussi ça, le génie de la créativité » pour Michael Stora.

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Un doudou sans fil

Selon lui, idéalement, « le virtuel devrait servir l’humain, et surtout le réel ». Il prend l’exemple du futur déploiement de la 4G dans le RER, et l’idée d’une application qui permettrait de savoir qui écoute quoi dans la rame, et ainsi faciliter l’échange, la discussion. Sur le modèle donc des applis de rencontres. « Mais il faut se rendre à l’évidence, tempère le psychologue, le smartphone est encore trop une manière de se renfermer, de rester dans son coin. Un doudou sans fil. »

Dans son prochain livre, Hyperconnexion, il a même fait un test : « Dites-moi quelles applis vous avez, et je vous dirais qui vous êtes. » L’iPhone, avec sa personnalisation, devient un « self object », un avatar de soi-même qui peut tenir du fétiche. Michael Stora plaide coupable : « Je suis le premier à dire que je possède le dernier iPhone 7 256 Go ». Apple le sait très bien, et a convaincu les « early adopters » par l’objet lui-même. Il est beau, il est puissant, il est vous. Pas étonnant que vous le tripotiez 20 fois par jour.