La pizzeria Comet Ping Pong à Washington.
La pizzeria Comet Ping Pong à Washington. — Photo libre de droit

HOAX

Sur le Web, une fausse information plonge une pizzeria dans un cauchemar

Une théorie du complot démente sur le Web a plongé le Comet Ping Pong dans l'enfer...

Un cauchemar. Voilà ce que vit James Alefantis, le cofondateur de Comet Ping Pong, une petite pizzeria de quartier à Washington, depuis les derniers jours de l’élection présidentielle américaine. Le commerçant a d’abord noté un pic inhabituel de visiteurs sur le compte Instagram de la pizzeria. Suivi très vite de messages menaçants. Du genre « Je vais te tuer », raconte James Alefantis au New York Times. Il en recevra des centaines dans ce style sur Facebook et Twitter.

Base arrière d’un trafic d’enfants

James Alefantis commence alors des recherches sur le Web et découvre des articles édifiants publiés sur The New Nationalist et The Vigilant Citizen. L’arrière-boutique du Comet Ping Pong, sa pizzeria, aurait servi de base arrière à un trafic d’enfants orchestré par Hillary Clinton et son directeur de campagne. « Pizzagate : Comment 4Chan a découvert le monde malade des élites occultes de Washington ? », titre par exemple The Vigilant Citizen.

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C’est complètement faux, martèle James Alefantis qui a passé ces derniers jours à tenter de contrer la rumeur et à protéger ses amis et ses 40 employés. Il a alerté le FBI mais aussi demandé à Facebook, Twitter, Youtube ou Reddit de retirer les articles.

« Des attaques constantes depuis »

Le mal est fait. « Nous subissons depuis des attaques constantes, témoigne-t-il dans le New York Times. Le pizzaïolo a noté, au pic de la rumeur, jusqu’à cinq tweets postés par minute avec le hashtag #Pizzagate. Le Comet Ping Pong n’a pas été le seul touché. Le New York Times explique que des articles ont diffusé des photos d’enfants comme preuve de l’existence de ce réseau pédophile, obligeant les parents à engager des avocats. Une musicienne, dont le groupe avait joué dans cette pizzeria par le passé, a été contrainte de fermer son compte Twitter face à la profusion de commentaires désobligeants reçus.

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Pourquoi cette fausse rumeur ? Pourquoi surtout le Comet Ping Pong ? James Alefantis a peut-être un début d’explication. Il raconte avoir été dans une relation avec David Brock, un journaliste influent, classé à l’extrême droite dans le passé et depuis devenu un fervent supporteur de Hillary Clinton. Le propriétaire du Comet Ping Pong suspecte que ces fréquentations auraient pu faire de sa pizzeria une cible pour des médias d’extrême droite américain.

Qu’un exemple de ce que provoquer un hoax ?

Le Comet Ping Pong n’est qu’un exemple de ce que peut provoquer la désinformation virale sur le Web. Les hoax, ces fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux ont fait beaucoup parler d’eux lors de la dernière élection américaine. Avec un constat alarmant fait par le site Internet Buzzfeed : les fausses informations sur l’élection ont davantage attiré l’attention sur Facebook que les vrais articles durant les trois derniers mois de la campagne présidentielle américaine.