«Avant d’acheter un drone, il faut passer son brevet de pilote», explique une internaute

TEMOIGNAGES Obtenir une autorisation de vol pour un drone n’est pas si compliqué…  

Adrien Chauvin

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Un drone survole le parc Forsyth à Savannah, en Géorgie.
Un drone survole le parc Forsyth à Savannah, en Géorgie. — Richard Burkhart/AP/SIPA

Les drones continuent leur ascension. Depuis quelques semaines plusieurs centrales nucléaires ont été survolées par des drones et la direction d'EDF a décidé de porter plainte. Pour les amateurs et professionnels, il est clair que «ces individus n’ont aucunes connaissances et ne respectent pas les règles d’utilisation.» Les internautes de 20 Minutes nous expliquent comment ils ont obtenu l’autorisation de voler.

«Il faut lancer une campagne d’information»

Sophie est une utilisatrice professionnelle de drones civils. Suite aux récents survols des centrales nucléaires, elle y voit un effet néfaste pour sa profession: «Toute cette polémique va nuire à ceux qui respectent le processus d’obtention pour voler.»

Avant l’arrêté du 11 avril 2012, la loi française ne prenait pas en compte les drones équipés de GoPro. En deux ans, la tendance a évolué et Sophie espère que cet arrêté sera vite «modifié et amélioré». Elle estime qu'il serait bon d’utiliser ces derniers incidents pour lancer «une campagne d’information car 75% des utilisateurs n’y connaissent rien.»

Les pilotes de ATHENIUM Films règlent un drone pour tourner un long-métrage. - Sophie GEOFFROY

«C’est comme si on conduisait sans permis»

Pourtant, il n’est pas difficile d’obtenir toutes les autorisations: «Avant d’acheter un drone, il faut passer son brevet de pilote, on peut le faire en ligne ou dans des écoles, dont les plus connus sont à Bordeaux et Paris.» Une logique que peu de personnes respectent, «c’est comme si on conduisait sans le permis», ajoute Sophie. Une fois cette formation obtenue, il faut enregistrer les équipements du drone puis déposer une MAP (Manuel d’Activité Particulière) afin de vérifier si tout est en règle.  

Ensuite et ce pour chaque vol, il faut rédiger le programme: «On doit prévenir la Préfecture concernant la zone de survol, notre itinéraire et voir si cela entre dans la formalité d’un des quatre scénarios. On reçoit une autorisation au bout de 4 semaines.» Elle rappelle qu’en mai dernier, le lycéen qui avait reçu une amende de 400 euros pour avoir survolé Nancy avec un drone, «n’aurait pas été sanctionné» s’il avait respecté cette procédure.


Il filme Nancy avec un drone et se retrouve... par 20Minutes

L’utilisation des drones restent dangereux

Si des conditions sont à remplir avant d’effectuer un vol, c’est que cela peut s’avérer risqué. Christian habite en Suisse et explique qu'actuellement «aucune autorisation n’est nécessaire» pour utiliser un drone. Sauf qu’en septembre dernier, l’un de ces appareils s’est crashé en plein centre-ville de Genève: «Depuis cet accident, les politiciens se sont réveillés. Ils veulent obliger les pilotes à passer leur brevet et je ne suis pas contre. N’importe quel imbécile peut acheter un drone et le faire voler en pleine ville sans se soucier des conséquences.»

Notre internaute est passionné par les drones depuis plus de 20 ans. En dépit de son expérience et de son savoir-faire, Christian explique qu’un accident peut vite arriver: «J’ai eu une trentaine de crashes et tous à cause d’un problème technique.» Heureusement, il ne survole que des zones inhabitées.

Afin d’éviter tout débordement et accident, Sophie estime qu’il faudrait «conditionner l'achat de tous les drones, c’est-à-dire, vérifier si l’acheteur dispose du brevet de pilote». Pour elle, ce système permettrait «d’enregistrer et de responsabilité» les utilisateurs, car la sécurité «n’a pas de prix».