Intrusions de drones: Comment sont défendues les centrales nucléaires

SECURITE Des gendarmes d’élite les protègent…

William Molinié

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Les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), sont des unités qui assurent la sécurité des centrales.
Les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), sont des unités qui assurent la sécurité des centrales. — Alain Jocard afp.com

La chasse aux drones est ouverte. Ce week-end, cinq centrales nucléaires ont à nouveau été explorées dans les airs par des petits drones selon un mode opératoire qui se répète depuis plusieurs jours. Embarrassées, les autorités ont dit «mobiliser» tous les moyens pour «identifier les responsables» de ces survols. Ces derniers ne présentent «pas forcément de danger […], donc, il n’y a pas eu spécifiquement d’ordre de tirer», a indiqué à l’AFP un conseiller de Matignon.

Clôture électrifiée

Expérimentés en 2008, les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) sont au cœur de la stratégie de défense des centrales nucléaires, mise à mal ces dernières semaines par les survols de ces petites machines. Au sol, 760 gendarmes d’élite, regroupés en 20 pelotons sont chargés de protéger les 19 centrales de France ainsi que le centre de stockage de Creys-Malville.

Payés par EDF, ils sont installés à proximité des centrales et sont entraînés non seulement pour faire face à un commando lourdement armé mais aussi pour détecter des intrusions ou anticiper des vols de matière nucléaire. Formés par le GIGN, les gendarmes surentraînés du PSPG veillent jour et nuit sur ces sites particulièrement sensibles.

Avant l’intervention de ces gendarmes, des outils permettent de prévenir à distance les intrusions. Chaque centrale nucléaire en France est sécurisée par une clôture électrifiée et un système d’alarme anti-intrusion. L’entrée dans le site ne peut se faire qu’à travers des portiques dont l’accès est soumis à autorisation. Le système de vidéosurveillance en continu permet en temps réel de garder un œil sur l’intérieur de la centrale.

Avions de chasse en 15 minutes

Par ailleurs, l’espace aérien du site est surveillé par des radars et protégé par des batteries de missiles opérationnelles sur zone. En cas de survol suspect, des avions de chasse interviennent en moins de 15 minutes. Ce scénario s’est déjà produit avec des avions de tourisme qui ont survolé une centrale de façon accidentelle.

Au-delà des moyens humains, les sites sont surtout conçus pour résister à d’importantes charges extérieures. «Il faut savoir que les centrales nucléaires sont prévues pour résister à la chute d'un avion. En comparaison, la faible charge explosive que pourrait emporter un drone constitue une menace bien moins grande», relativise Bertrand Debeuret, dirigeant d’Air-buzz, société de prises de vues aériennes par drones.