Avec l'iPad, Apple se repose sur ses lauriers

TABLETTES Le hardware et le software doivent évoluer davantage si Apple veut relancer les ventes...

Philippe Berry

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L'iPad Air 2, dévoilé le 16 octobre 2014.
L'iPad Air 2, dévoilé le 16 octobre 2014. — APPLE

L'iPad Air 2, lancé vendredi, est plus fin qu'un crayon de papier. Son écran flatte la rétine, il est désormais presque aussi puissant qu'un Macbook Air et son autonomie reste supérieure à 10 heures. Pour admirer ses photos de vacances, lire un article de Vanity Fair, jouer à Minecraft ou planter bébé devant le dernier Disney, il n'y a pas mieux. Mais pour faire plusieurs choses à la fois, ou même le partager en famille, rien n'a vraiment changé depuis 2010.

iOS 8 pensé pour le smartphone

Apple a toujours privilégié la simplicité aux fonctionnalités –ce qui explique son succès chez les enfants et les retraités. Sur smartphone, l'argument a toujours été le manque de place, de puissance et d'autonomie. Sur une tablette de 10 pouces, il ne tient plus. Samsung a intégré des fenêtres à Android, LG un mode écran partagé et Sony des apps miniatures. Microsoft, de son côté, propose un vrai multitasking avec Windows 8 sur sa Surface Pro 3.

Sans aller jusque-là, Apple pourrait au moins proposer une gestion de plusieurs comptes utilisateurs, comme sur Android. Cela éviterait les casse-têtes familiaux, notamment pour les emails et les photos. L'entreprise a même une solution toute trouvée grâce au lecteur d'empreinte digitale.

Coincé entre l'iPhone 6 Plus et le Macbook Air

Avec son partenariat avec IBM, Apple veut séduire le monde du business mais l'iPad reste trop concentré sur le canapé. Avec une taille qui plafonne à 10 pouces, la productivité est limitée. Ses concurrents, eux, ont diversifié leur offre et proposent des modèles de 12 ou 13 pouces qui lorgnent plus du côté des PC ultraportables. Ils ont innové avec des claviers intégrés et des stylets qui amènent un vrai plus.

L'iPad Mini 3 (à partir de 399 euros) illustre cette stagnation. La tablette est identique à l'iPad Mini 2 (299 euros): même processeur, même appareil photo, même écran. La seule nouveauté est le lecteur d'empreinte digitale, Touch ID, qui vaut donc 100 euros, selon Apple.

Les iPad se retrouvent au final coincés entre un iPhone 6 Plus géant et le Macbook Air, sans qu'Apple parvienne vraiment à clarifier sa vision. Voilà qui explique peut-être en partie la baisse des ventes, en recul sur les trois derniers trimestres par rapport à l'année précédente. Apple répète souvent que l'iPad est magique. Il serait temps qu'elle soit un peu plus pratique.