Ubisoft embrasse la dématérialisation

Joël Métreau

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« Rayman Jungle Run » et « Assassin's Creed : Utopia ».
« Rayman Jungle Run » et « Assassin's Creed : Utopia ». — ubisoft

Alors que les jeux sociaux (« Farmville »…) et ceux disponibles en applications (« Cut the Rope », « Angry Birds »…) ont élargi le marché du jeu vidéo, Ubisoft entre – tardivement – dans la course. La semaine dernière, lors des Ubisoft Digital Days 2012, l'éditeur français a montré qu'il voulait investir le tout numérique sur tous supports : pas moins de vingt projets à sortir dans les prochains mois. Sur le dernier trimestre, il annonce un chiffre d'affaires en hausse de 112 % pour son activité digitale. Forcément, ça aiguise l'appétit.
Parmi les nouvelles offres, des jeux « free to play » (avec micropaiements) sur PC et consoles, comme « Spartacus », issu de la série télé. « Ce modèle économique nous intéresse car chacun peut se faire sa propre opinion sans avoir besoin d'acheter le jeu », explique Thomas Painçon, directeur marketing chez Ubisoft. « Cela nous permet aussi de toucher de nouveaux pays, comme l'Inde, où les magasins sont peu développés. »

« On repart de zéro »
Les marques les plus connues sont déclinés sur les tablettes et téléphones portables. Pour « Assassin's Creed : Utopia », un spin-off de la série, Ubisoft s'est associé à Gree. Moins connue que l'américain Zynga, cette société japonaise est un mastodonte du « social gaming » : elle possède une plateforme fréquentée par 200 millions d'utilisateurs. « On a fait appel à cette expertise extérieure. Car on sait faire des jeux mobiles, mais pas forcément avec une telle dimension sociale », admet Thomas Painçon.
Transporter un univers sur des mobiles peut s'avérer délicat. Comment conserver l'essence d'une licence sur des sessions courtes et un écran tactile ? « A chaque fois, on repart de zéro », raconte le game designer français Michel Ancel. Son joli « Rayman Jungle Run » sort le 20 septembre sur Android et iOS. « J'ai envie que mes personnages fassent des acrobaties, qu'il y ait des gags, de la découverte… On doit y arriver en utilisant au mieux le support. » Pour la tablette, le créateur insiste sur l'« accessibilité » et le « plaisir immédiat ». On veut bien le croire. Il connaît son Rayman sur le bout des doigts.