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Jouer à « Just Dance » c’est (un peu) faire du sport ?

« Just Dance », « Ring Fit Adventure »… Les exergames permettent-ils (vraiment) de faire du sport ?

Toutouyoutou•Les jeux vidéo qui permettent de bouger, à l’image de « Just Dance », ont une place centrale à la Paris Games Week 2026, mais peuvent-ils vraiment se substituer à une (vraie) activité physique ?
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • La Paris Games Week 2026 dévoile ses avant-premières et nouveautés, et propose des compétitions et des tests jusqu’à dimanche.
  • L’exergaming, contraction d'« exercice » et de « gaming », transforme certaines activités physiques, comme la course, la danse ou la boxe, en expérience ludique.
  • « Ce sont des jeux sympas qui permettent de bouger, mais ça ne peut pas se substituer à une activité physique plus soutenue à côté », indique Jérôme Auger, kinésithérapeute du sport et ostéopathe.

«C’est un sacré entraînement […] et les changements dans mon corps sont assez remarquables. » Cet utilisateur de Reddit ne parle pas de sa préparation au marathon de Paris mais de Fitness Boxing 2, un programme sportif ludique disponible sur la Switch. À l’image de Just Dance ou Ring Fit Adventure, les jeux vidéo actifs ou exergames sont désormais omniprésents au rayon gaming et disposent d’une place de choix à la Paris Games Week 2026.

Le rendez-vous des gamers présente cette année, avec la région Île-de-France, une zone sport avec des défis physiques. Une nouveauté qui témoigne de l’intérêt grandissant du public pour la gamification du sport, rendue possible grâce à des consoles qui détectent les mouvements. Le joueur doit se mouvoir pour que son avatar accomplisse une tâche, transformant son corps en manette géante. C’est ludique (et parfois très drôle), mais est-ce suffisant pour se conformer aux recommandations de l’OMS en matière d'activité physique ? 20 Minutes a posé la question à un kiné du sport.

« C’est toujours mieux d’être actif mais… »

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise « au moins 150 à 300 minutes d’activité physique aérobique d’intensité modérée par semaine » pour un adulte âgé de 18 à 64 ans. Il en faudrait beaucoup des chorégraphies et des parties de volley pour atteindre ces recommandations. « C’est toujours mieux d’être actif que passif », commence Jérôme Auger, kinésithérapeute du sport et ostéopathe. « Mais si on prend l’exemple de Just Dance, il est rare de jouer plus de trente minutes. Au-delà, ça commence à énerver, et il est déconseillé de jouer trop longtemps. »

Certains exergames, comme Fitness Boxing ou Ring Fit Adventure, permettraient de faire travailler les systèmes cardiorespiratoire et musculaire. Le premier en se basant sur des entraînements de boxe, le second en combinant course et postures de yoga. Encore faut-il jouer le jeu à fond pour profiter d’éventuels bienfaits. « Certains se contentent de secouer la manette, et même en étant à fond ça ne remplacera pas les bienfaits d’une activité comme la marche », poursuit le professionnel de santé. « Ce sont des jeux sympas qui permettent de bouger, mais ça ne peut pas se substituer à une activité physique plus soutenue à côté. »

« Ça peut-être un bon moyen de se motiver »

Le kinésithérapeute rappelle que la marche est source de dépense énergétique, comme certains de ces exergames, mais qu’elle apporte d’autres bienfaits. « Elle joue un rôle sur les articulations, la respiration ou l’équilibre, qui ne sont pas forcément mis en jeu devant un écran. » Un avis appuyé par la science. Des recherches ont montré que les jeux vidéo actifs pouvaient avoir un impact positif sur l’indice de masse corporelle et la capacité cardio-respiratoire des enfants et adolescents. Mais que cet impact était modéré, et que ces jeux ne pouvaient être considérés comme un substitut à une activité physique classique.

Les exergames pourraient toutefois s’avérer utiles en matière de promotion de l’activité physique. Une étude pilote menée auprès d’enseignants a révélé qu’ils pouvaient constituer une source de motivation, notamment dans le cadre scolaire. Une piste à prendre en compte dans la lutte contre la sédentarité, chez les jeunes mais aussi chez les personnes âgées. « Ça peut-être un bon moyen de les motiver, leur redonner le goût de bouger, mais ça ne peut être qu’une transition », explique Jérôme Auger. « La gamification entretient la motivation et permet de se dépasser, mais ça ne suffit pas pour déclencher un comportement longue durée. »

Des effets positifs à ne pas négliger

Quelques parties de bowling ou de tennis sur une console de salon, voire un entraînement virtuel de boxe, ne permettent pas de contrebalancer le manque d’activité au quotidien. « On parle aujourd’hui de sédentaires actifs. Des études montrent qu’une heure de sport tous les deux jours ne suffit pas à compenser les sept ou huit heures passées assis au bureau », indique le professionnel de santé. « Il faudrait faire quasi une heure d’activité physique par jour avec un travail cardiorespiratoire et des mouvements segmentaires un peu plus complexes que faire quelques mouvements devant un écran. »

Mais tout n’est pas perdu. Les exergames présenteraient d’autres avantages, notamment chez les personnes âgées. Des travaux ont montré qu’ils pouvaient améliorer leur bien-être social, ainsi que leurs fonctions cognitives et motrices. « En combinant activités physiques et cognitives, ces technologies offrent des interventions innovantes, motivantes et personnalisables », peut-on lire en conclusion d’une étude. Des recherches approfondies sont toutefois « nécessaires [pour] mieux comprendre leur fonctionnement et évaluer leurs effets spécifiques sur la santé et le bien-être. »

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Quelle que soit la génération concernée, ces jeux vidéo ne constituent pas une alternative au sport, mais peuvent l’être au temps d’écran passif. « Il faut faire feu de tout bois et ce genre de jeux peut stimuler les plus jeunes », conclut Jérôme Auger.