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De l’Atari à la PS5, les darons du jeu vidéo sont-ils encore dans le game ?

« J’ai moins de réflexes »... De l’Atari à la PS5, les darons du jeu vidéo sont-ils toujours dans le game ?

BoomerUn musée du jeu vidéo, un film sur ce bon vieux Zelda… Le retrogaming fait recette. Mais le succès des consoles vintage cache-t-il les lacunes des premiers gamers face aux nouvelles technologies ? On a demandé à nos lecteurs
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • Les quadras et quinquas, pionniers du jeu vidéo ayant connu les premières consoles comme l'Atari 2600 ou la NES, continuent de jouer massivement.
  • Ces joueurs expérimentés n'ont aucune difficulté à s'adapter aux nouvelles consoles, comme l'affirme Mickael, 44 ans, l'un des lecteurs de 20 Minutes : « On a grandi avec les consoles et avons évolué en même temps qu'elles ».
  • Les principales critiques de ces gamers concernent l'avènement du dématérialisé au détriment du physique, la complexité accrue des systèmes modernes avec les mises à jour et connexions obligatoires, ainsi qu'un gameplay jugé moins pertinent.

Les quadras et quinquas sont-ils toujours des gamers en puissance ? Pionniers en matière de jeux vidéo, ils ont connu l’Atari 2600, la NES, la Master System, voire l’Odyssey, mais que valent-ils sur Switch 2, Xbox Series ou PS5 ? Fin octobre, à la Paris Games Week, ils étaient au moins autant à tester les nouveautés qu’à renouer avec leurs premières amours vidéoludiques dans l’espace retrogaming. Un voyage dans le passé qui ne s’est pas fait sans nostalgie. « J’ai commencé par la Master System, puis la Mega Drive et la Super Nintendo, et revoir ces consoles, ça rappelle forcément de bons souvenirs », lance Sylvain, 44 ans, venu accompagné de son fils.

Nostalgique d’une époque, oui, mais pas (forcément) du graphisme associé à ces consoles du passé. « Il n’y a pas photo, c’est beaucoup mieux aujourd’hui », ajoute le quadragénaire. Et ce, même s’il avoue, à demi-mot, que les manettes sont plus difficiles à prendre en main qu’à une certaine époque. Il faut dire qu’entre l’Atari et la PS5, il y a un gap en termes d'ergonomie, d’intensité et de réactivité, qui en a laissé certains sur le carreau. Certains, mais pas tous. A en croire les réactions des lecteurs de 20 Minutes, il n’y a pas de raison d’être has been… tout du moins si on n’a jamais lâché la manette, quelle que soit la console.

« Je ne suis pas ridicule avec une Switch »

Qu’on se le dise, les « vieux » n’ont rien à envier aux petits jeunots en matière de gaming, d’autant plus qu’ils peuvent se targuer d’avoir tout connu. Et contrairement aux idées reçues, ils sont (très) nombreux à tâter de la manette quotidiennement. D’après l’étude SELL/Médiamétrie, réalisée à l’occasion de la Paris Games Week, l’âge moyen d’un gamer un France est de 40 ans. Et ce n’est pas tout, puisque les trois quarts des 35-49 ans jouent aux jeux vidéo, tout comme les deux tiers des 50-64 ans, et (tout de même) 49 % des 65-80 ans.

« Je ne vois pas en quoi le fait d’avoir commencé par une Atari 2600 ferait qu’on soit en galère avec les nouvelles générations de consoles », lance Mickael, 44 ans. « On a grandi avec les consoles et avons évolué en même temps qu’elles », ajoute-t-il. Même son de cloche pour Miloud, 39 ans : « Je continue à jouer aux consoles rétro et dernières générations. Je ne ressens aucune difficulté à m’adapter aux dernières consoles. Et pour moi, les meilleures manettes sont celles de la Wii U, PS3 ou GameCube ».

Et Raphaël, 49 ans, de surenchérir : « J’ai connu la Master System mais aussi des machines plus anciennes, et je continue à jouer, surtout sur PC, mais je ne suis pas ridicule avec une Switch ». Avec un petit bémol : « Je me rends compte toutefois que j’ai moins de réflexes ». Si la prise en main des manettes ne pose aucun problème aux premières générations de gamers, qui apprécient d’ailleurs les évolutions en matière de graphisme, elles rencontrent toutefois d’autres problèmes. Et se disent nostalgiques d’un temps que les moins de 20 ans…

Le dématérialisé en ligne de mire

Parmi les difficultés, ou disons plutôt les griefs formulés par les pionniers du gaming, figure l’avènement du dématérialisé. Au détriment, bien sûr, du physique. « Hormis le fait d’être un peu gêné par le fait que le dématérialisé l’emporte sur le support physique, tout va bien pour nous sur les nouvelles générations de consoles », indique Mickael. Une critique que l’on retrouve parmi nombre de nos lecteurs. « Je déplore allègrement la direction vers laquelle le média se tourne. Plus de jeux physiques, uniquement du dématérialisé qui tend de plus en plus vers un système de cloud gaming », se désole Yohann, 41 ans. Et de souligner : « Le physique reste, pour la plupart d’entre nous, le Saint Graal, la possession d’œuvres qui, à nos yeux, sont intemporelles ».

Ce n’est pas le seul frein mentionné par les gamers de la première heure, qui regrettent (parfois) la complexité d’utilisation de certains jeux. « Avant tout était simple. Aujourd’hui tout est plus compliqué, surtout quand ça ne marche pas. La connexion au compte, payer pour jouer en ligne, la manette à charger, la mise à jour 'day one'… On est loin du 'plug and play' », reproche Marc, 41 ans. Le constat est le même pour Jonathan, 50 ans, qui regrette « le manque de finition à la sortie d’un jeu […] ainsi que les mises à jour très (trop) régulières ». Des difficultés que ces gamers ne rencontraient pas avec les premières générations de consoles, et qui constituent désormais un frein au quotidien.

L’expérience de jeu en déclin ?

S’ils se disent toujours dans le game, les darons du jeu vidéo n’en sont pas moins critiques face aux nouvelles générations de consoles et de jeux. La preuve avec le gameplay (l’expérience de jeu), qu’ils jugent moins pertinent (et bon) qu’autrefois. « Les graphismes sont de plus en plus réalistes mais cela se fait aux dépens du gameplay », déclare Saâd, jeune joueur de 33 ans. « Les jeux ont dérivé vers du narratif plus que du gameplay. Les seuls à avoir gardé le gameplay au centre étaient Nintendo, et quelques studios indépendants, qui ne peuvent raconter leur histoire à grand renfort de graphismes spectaculaires », ajoute Mohamed, 44 ans.

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Malgré ces griefs, tout comme les difficultés rencontrées, les chiffres et les témoignages le démontrent : les quadras et les quinquas n’ont pas lâché la manette. Et ça va même au-delà des pionniers du jeu vidéo. Serge, 70 ans, vient même de s’acheter sa toute première console, rien que pour lui (pas pour les enfants, ni les petits-enfants), une PS5. Et il compte bien en faire sa nouvelle passion.