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Quand les dessinateurs de BD aident les jeux vidéo à sortir de leur bulle

Paris Games Week 2025 : Quand les dessinateurs de BD aident les jeux vidéo à sortir de leur bulle

DES CASES AU JOYSTICKLe bédéaste Mathieu Bablet a créé l’esthétique du jeu « Cairn », qui sortira début 2026 sur PC et PS5
Olivier Mimran

O.M. avec AFP

Présenté au public de la Paris Games Week (30 octobre au 2 novembre 2025), Cairn, poétique jeu vidéo d’escalade du studio français The Game Bakers, bénéficie du trait singulier de l’auteur de BD Mathieu Bablet, insufflant au titre une identité visuelle forte pour le démarquer d’une offre toujours plus pléthorique.

Prévu début 2026 sur PC et PS5, Cairn place le joueur face à une immense montagne virtuelle à gravir. Chaque parcours doit être préparé avec soin, à la manière d’un vrai grimpeur, tout en gérant la fatigue de l’héroïne, Aava.

L’escalade comme si vous y étiez

Développé depuis 2021 par une équipe d’environ 20 personnes, le jeu a nécessité près de trois ans de recherches pour retranscrire de façon réaliste l’escalade en haute montagne, a expliqué à l’AFP Emeric Thoa, cofondateur du studio, lors d’une démonstration à la Paris Game Week.

Sur son stand, plusieurs bornes permettent de tester le jeu, sous un mur d’escalade de sept mètres érigé pour l’occasion. Manette en main, le joueur contrôle chaque membre de l’alpiniste au cours d’une ascension lente et méticuleuse, ponctuée de contre-plongées vertigineuses et de cimes enneigées au rendu crayonné.

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« Dessiner les grands espaces »

Pour donner vie au mont Kami, The Game Bakers s’est tourné vers le dessinateur grenoblois Mathieu Bablet, auteur de Carbone & Silicium et Shangri-La (220.000 et 188.000 exemplaires vendus). « On voulait quelqu’un qui soit hyper fort pour dessiner les grands espaces », se souvient Audrey Leprince, directrice du studio indépendant.

Fondé en 2010 par d’anciens membres d’Ubisoft, The Game Bakers compte deux jolis succès : Furi (2016) et Haven (2020). Il a consacré environ 5 millions d’euros à Cairn.

De la 2D à la 3D

Fan de jeux vidéo, Bablet s’est lui-même inspiré de titres marquants comme Death Stranding ou Shadow of the Colossus dans ses ouvrages. Mais imaginer l’histoire de Cairn a été « un vrai challenge », très éloigné du travail solitaire et en deux dimensions de la bande dessinée, reconnaît l’auteur de 38 ans.

« J’ai travaillé avec des artistes 3D qui retranscrivaient mon style dans le jeu », explique-t-il, rapprochant le résultat final d’une « peinture numérique ». « Les dessinateurs de BD sont balaises », confirme Emeric Thoa, qui souligne leur capacité à créer des univers.

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Le studio montpelliérain n’est pas le premier à faire appel à un dessinateur de renom. Dès la fin des années 1990, des auteurs de BD ont franchi le pas vers le jeu vidéo.

Sokal, le précurseur

À cet égard, le jeu d’aventure L’Amerzone du Belge Benoît Sokal, sorti en 1999 et réédité cette année par le français Microids, fait figure de pionnier. D’autres ont suivi, comme Aleksi Briclot, dessinateur de comics Marvel (Spawn) et cofondateur du studio français DON’T NOD en 2008.

« De plus en plus d’auteurs de BD sont sollicités », constate Bablet, qui voit « un véritable enjeu » pour les studios à se distinguer « par leur style ». Faire ressortir son jeu au milieu des dizaines de titres publiés chaque jour sur la plateforme de ventes PC Steam, « c’est fondamental », juge l’auteur.

Une activité plus lucrative

C’est en illustrant la couverture du petit jeu britannique Overwhelm que le dessinateur rennais Guillaume Singelin, auteur de Frontier (70.000 exemplaires vendus), a fait ses premiers pas dans cette industrie en 2018. Depuis, il a notamment travaillé sur les deux opus de Citizen Sleeper, développés par une petite équipe britannique.

Cette collaboration lui a permis de toucher de nouveaux lecteurs. « Steam, c’est mondial », souligne-t-il, alors qu’en BD, « c’est très compliqué de s’exporter ». Les revenus générés ont aussi été « bien plus intéressants pour moi que la BD ces dernières années », poursuit-il.

Notre dossier « Jeux vidéo »

Face à la course au photoréalisme des dernières décennies, le rendu BD constitue surtout « un moyen de rester beau pour toujours », veut croire Emeric Thoa. Et peut-être garantir à Cairn une place au sommet des jeux…