Les Journées nationales de la réparation veulent démocratiser les gestes qui sauvent
fait maison•Du 16 au 19 octobre, des initiatives partout en France pour donner une seconde vie à nos objetsChristophe Séfrin
L'essentiel
- Les Journées nationales de la réparation se déroulent du 16 au 19 octobre partout en France.
- À l’initiative de l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) et de make.org, ces rendez-vous veulent créer en chaque consommateur le déclic « réparer », plutôt que de « jeter ».
- D’autres démarches permettent aussi d’avancer dans le bon sens, comme le bonus réparation, les indices de durabilité…
Sortez votre trousse à outils et déroulez les tutos sur YouTube. Rendez-vous dans votre Repair’café où chez votre réparateur de quartier. Voire dans votre enseigne d’appareils de petit et gros électroménager. Du 16 au 19 octobre, les Journées Nationales de la Réparation vous invitent au bon réflexe : réparer, plutôt que de jeter et de remplacer ! À l’initiative de l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) et de make.org, cette troisième édition multiplie les rendez-vous et va tenter de réitérer avec le succès des JNR 2024 durant lesquelles 40.000 objets avaient été réparés !
La sensibilisation, ça paye !
Des centaines et centaines d’action relayées, des associations au taquet, des écocitoyens et des professionnels désireux de partager leur savoir, des métiers qui recrutent aussi : c’est un grand vent anti-gaspi qui va souffler sur l’Hexagone du 16 au 19 octobre. Donner une seconde vie à son ordinateur ; remettre en route un lave-linge récalcitrant ; mais aussi découvrir le métier de cordonnier ou obtenir un diagnostic pour un appareil qui donne des signes de faiblesse… les JNR sont là pour ça.
Il faut d’ailleurs croire que la sensibilisation du public (mais aussi des professionnels) à la réparation commence vraiment à porter ses fruits. Selon une nouvelle étude*, 67 % des Français tentent de réparer avant de remplacer. Ce chiffre affiche une hausse de 14 points en un an et « illustre un changement profond des mentalités », selon Haier qui a commandité cette enquête.
Serions-nous devenus de bons élèves ? Oui, même si beaucoup reste à faire. Selon les Journées nationales de la répartion, 68% des personnes ne réparent pas à cause du prix, et 29% trouvent qu'il est plus simple d'acheter un objet neuf que de faire réparer. Mais les initiatives pour nous guider sur des chemins plus vertueux se multiplient.
Outre les JNR qui infusent auprès du public les bons gestes à adopter, le Bonus réparation porte lui aussi ses fruits. Entré en vigueur en 2022 ce dispositif mis en place dans le cadre de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) est un succès. S’appliquant à plus de 70 familles d’objets, il permet d’obtenir jusqu’à 60 euros de remise immédiate sur la réparation d’un appareil (mais aussi sur des textiles et chaussures) auprès d’un des 6.500 réparateurs agréés dans l’Hexagone. 1,5 million de produits auraient déjà bénéficié du Bonus réparation.
Notre dossier «Planète»Un baromètre pour évaluer la durée de vie des produits
Dans les magasins, l’indice gouvernemental de durabilité se met aussi progressivement en place. Entré en vigueur en janvier 2025 pour les téléviseurs, puis en avril 2025 pour les lave-linge, il veut remplacer progressivement l’indice de réparabilité, instauré en 2021. Grâce à une note de 0 à 10, il informe sur la durée de vie potentielle des appareils concernés et permet de mieux guider le consommateur dans ses achats. Pour aller plus loin (et sans doute plus vite que les institutions), le groupe Fnac/Darty prend lui aussi le taureau de la durabilité par les cornes, grâce à son Baromètre du SAV.
Sa huitième édition, qui vient d’être dévoilée, donne de bons indices aux consommateurs avec un « Score de durabilité » établi sur cent catégories de produits en fonction des pannes constatées par son SAV. Là encore, de bonnes pistes pour réaliser un achat plus sereinement. Ce baromètre met aussi en exergue un point : un appel sur deux auprès de SAV Fnac/Darty (54 % des appels) pour une panne présumée n’occasionne pas l’emploi de pièces détachées pour la réparation. Autrement dit : l’appareil n’est généralement pas en panne mais plutôt mal utilisé !
Alors, cet aspirateur-balai qui s’essouffle, ce sèche-linge qui ne sèche plus, ce téléviseur à l’écran noir… ne sont pas forcément « en panne » et ne nécessitent peut-être, avant leur éventuelle réparation, qu’un peu plus d’attention quant à leur entretien. Quand bien même, réparer soi-même s’apprend aussi. Réparer pour les autres, tout autant. La filière, qui recrute, a besoin de bras.



















