Singapour est-elle vraiment la ville la plus chère du monde ? On a comparé les prix avec un panier parisien
CONSO•Singapour est souvent citée comme une référence en matière de développement durable et d’urbanisme. Mais vivre dans la Cité-État a un coût. « 20 Minutes » a comparé les prix d’un panier de courses entre Singapour et ParisV.B.
L'essentiel
- Singapour est la ville la plus chère du monde selon l’Economist Intelligence Unit, avec un panier de courses 50 % plus cher qu’à Paris, en particulier pour les produits frais et l’alcool fortement taxé.
- Les salaires à Singapour sont plus élevés qu’en France ce qui compense en partie le coût de la vie élevé pour ceux qui ont des revenus compétitifs.
- Pour économiser, de nombreux Singapouriens privilégient les repas dans les Hawker Centres, halles culinaires singapouriennes.
De notre envoyée spéciale à Singapour
Singapour fait rêver avec son skyline futuriste, ses innovations écologiques et son statut de hub économique majeur en Asie. Mais vivre dans la ville-État a un prix. Et pas des moindres. Selon le classement 2023 de l’Economist Intelligence Unit, Singapour est la ville la plus chère du monde. Rappelons que le salaire mensuel moyen à Singapour en 2024 est d’environ environ 5.883 dollars (soit 5.613,15 €), contre 3.756 dollars en France, soit 3.583,71€. Un écart qui semble compenser le coût de la vie… mais est-ce vraiment le cas ?
Pour le savoir, nous avons rempli deux paniers de courses : l’un au CS Fresh de Katong Joo Chiat à Singapour, l’autre dans un Intermarché parisien (11 Boulevard De Sebastopol). Rappelons que les prix français dépendent de nombreux facteurs, notamment la localisation du magasin, la politique tarifaire des enseignes. Alors, verdict ?
Au rayon des produits frais
Premier choc : les produits frais. L’avocat, star des brunchs, coûte 4,95 $ singapouriens (3,50 €), contre 1,99€ à Paris. Même constat pour les pommes de terre : 4,75 $ (3,37 €) contre 2,09 € en France. La banane, elle, atteint 3,40 $ (2,41 €) le kilo, contre 1,99 € à Paris.
Mais la palme revient aux tomates : 4,50 $ pour 100 g, alors qu’en France, elles sont à 0,53 € les 100 g. Les amateurs de viande vont devoir revoir leur budget. Pour 300 g de poulet, comptez 11,97 $ (8,51 €) à Singapour, contre 3,81 € à Paris. Même constat pour la viande hachée : 8,70 $ (6,18 €) contre 5,69 € en France.
Le produit qui fait le plus mal au portefeuille ? Les œufs. 10 œufs coûtent 10,90 $ (7,74 €) à Singapour, tandis qu'à Paris, ils sont à 4,20 €. « La plupart des produits alimentaires sont importés à Singapour. Le gouvernement s’efforce néanmoins d’en maintenir le prix à un niveau abordable en les subventionnant », nous explique Winnie, une guide locale.
Produits laitiers et féculents : une relative stabilité
Bien que ce ne soit pas la spécialité du pays, les expatriés français doivent avoir un petit choc devant le prix des produits laitiers. Un pot de fromage à tartiner coûte 7,45 $ (5,29 €) à Singapour, contre 2,02 € à Paris. Le beurre moulé demi-sel, pourtant de la même marque, est plus cher aussi : 7,20 $ (5,11 €) contre 3,71 €.
En revanche, l’écart est plus faible sur les pâtes. Un paquet de 500 g de pâtes Barilla coûte 4,10 $ (2,91 €) à Singapour, contre 2,10 € en France. Qui dit pâtes, dit huile d’olive. Celle-ci suit la même tendance : 19,90 $ (14,14 €) contre 12,71 € à Paris. Un moindre mal face aux écarts exorbitants sur d’autres produits.
Pour un petit dessert ?
Si vous aimez le chocolat, préparez-vous. La tablette de Lindt au sel de mer coûte 8,70 $ (6,18 €) à Singapour, contre seulement 1,84 € en France. Les yaourts aux fruits présentent un écart de prix relativement modéré : 4,20 $ (2,87 €) à Singapour contre 2,33 € à Paris.
À l'heure de l'apéro
L’addition devient encore plus salée lorsqu’on passe aux boissons alcoolisées. Une bouteille de Prosecco coûte 25 $ (17,77 €) à Singapour, contre 7,94 € à Paris. Quant à la bière, c’est la douche froide : un pack de 10 Heineken coûte 33,90 $ (24,09 €) à Singapour, contre 14,14 € pour 12 bouteilles en France. La taxation locale explique cet écart. « L’alcool et le tabac sont fortement taxés à Singapour car ils sont considérés comme des produits de luxe. Les autorités essaient de décourager les citoyens de consommer trop d’alcool et de fumer. Ça permet au pays d’augmenter ses recettes », témoigne Winnie. Cependant, dans les bars, les prix restent comparables à ceux pratiqués dans la capitale française, notamment pour les cocktails et les bières servies sur place.
Les biscuits apéritifs échappent cependant à cette différence de prix. Par exemple, le célèbre tube de Chips Pringles coûte 3,50 $ (2,41 €) à Singapour, contre 2,11 € à Paris.
Le non alimentaire, seul rayon où les Parisiens paient plus cher
Bonne nouvelle : tout n’est pas plus cher à Singapour. Le bidon de 1,5 L de lessive coûte 5,30 $ (3,76 €), alors qu’il faut compter 13,49 € à Paris. Une différence qui s’explique par le fait que la marque singapourienne utilisée est bien moins chère que la marque internationale Dash vendue en France.
Le shampoing Aussie 300 ml affiche une légère différence de 1 € : à 9,90 $ (7,03 €) à Singapour contre 6,09 € en France.
Résultats des courses : une vie chère, mais des revenus qui suivent
À Singapour, le panier total revient à 178,32 SGD, soit 127,61 € contre 88,78 € à Paris. Le panier de courses à Singapour est donc nettement plus cher, mais est-ce réellement un problème ? « Le salaire moyen est d’environ 6.000 dollars singapouriens (4269,57€) par mois et le salaire de départ de la plupart des travailleurs est d’environ 2.500 (1778,99€) par mois » explique la guide. Autrement dit, même si le coût de la vie est plus élevé, les habitants disposent d’un pouvoir d’achat potentiellement plus élevé, mais les inégalités existent aussi.
Vivre à Singapour implique un coût de la vie élevé, mais les salaires y sont généralement plus élevés, permettant à une partie de la population de maintenir un niveau de vie confortable. Si la gastronomie occupe une place centrale dans la culture singapourienne, les Hawker Centres sont une véritable institution et rivalisent avec la cuisine maison. Ces vastes halles culinaires, proposant une cuisine locale variée et accessible, sont prisées non seulement pour leurs prix abordables, mais aussi pour leur rôle essentiel dans le mode de vie des habitants. « Les personnes aiment manger dans ces Hawker Centres. Les loyers payés par les "hawkers" sont très bas, ce qui permet aux Singapouriens de venir manger pour pas cher », explique Winnie. Plus qu’une simple solution économique, ces lieux sont profondément ancrés dans l’identité gastronomique du pays.


















