Roland-Garros: Pourquoi Mladenovic n’est jamais rentrée dans son quart de finale
TENNIS•La Française a été sèchement battue par Timea Bacsinszky (6-4, 6-4)...J.L.
De notre envoyé spécial,
Un pétard mouillé. Kristina Mladenovic, qu’on sentait pourtant portée par des forces supérieures jusqu’au dernier week-end de ce Roland-Garros, s’est écroulée face la Suissesse Timea Bacsinszky dans un match interrompu à deux reprises et dans lequel elle n’a jamais donné l’impression de rentrer (6-4, 6-4). Autopsie d’un jour sans.
aParce que le public n’était pas chaud
Maldenovic avait soulevé le public lors de ses tours précédents gagnés au couteau et disputés sous une chaleur propice aux emballements. La Française s’est vite rendue compte en voyant le temps depuis sa chambre d’hôtel qu’elle ne pourrait pas compter sur un soutien similaire : quand il pleut et que le public passe sa journée à prendre des saucées sur la figure pour voir à peine deux heures tennis, il a lui aussi du mal à jouer son rôle de supporter : « Ça ressemblait à la demie de Jo quand il était rentré sur un court vide et accablé de chaleur contre Ferrer, note Pierre Cherret, l’ex-entraîneur de Fed Cup. Là, il a fait un temps pourri, les gens étaient frigorifiés, ça n’avait rien à voir avec le Lenglen super chaud des autres jours. Ça fait que tu rentres dans un mauvais état d’esprit sur le court, en tout cas moins bon que les tours d’avant ».
Parce que le vent n’a pas aidé
La première heure de jeu, disputée dans un des rares moments d’accalmie de l’après-midi, n’a pas été belle à voir, à cause du vent tourbillonnant. Beaucoup de fautes grossières, de balles mal jaugées, d’attaques avortées, principalement du côté de la Française. « Quand tu es une fille qui crée du jeu, qui a un plan offensif et qui prend la balle tôt, forcément, quand la balle bouge de 10 cm, c’est plus compliqué de s’adapter », juge Cherret, manière de dire que Mladenovic n’avait pas de plan B à proposer. « Elle a été trop hésitante, ajoute Alexandra Fusai, responsable du haut niveau féminin à la FFT. Elle n’est pas arrivée à se procurer de balles pour faire le point, ce qui est une de ses grandes forces ».
Parce elle n’a pas profité des interruptions
Le match a été interrompu à deux reprises, à chaque fois à des moments plutôt salvateurs pour Mladenovic. D’abord à 6-4, 1-1, balle de break contre elle, puis à 6-4, 4-3 pour Bacsinszky au service alors que la Française ne mettait plus une balle dans le court. Si cette dernière a profité un court moment de la première interruption pour mener 3-1 (« le seul moment où je l’ai trouvée bien dans ce qu’elle faisait », dit Cherret), elle n’a jamais su profiter de ces arrêts aux stands obligatoires pour remettre ses idées au clair. « Les conditions étaient éprouvantes pour les deux, reconnaît Fusai, mais c’est incontestablement Timea qui a le mieux géré cette journée particulière. »
Parce que Bascinsky lui a fait la musique
Rendons à la Suissesse ce qui lui appartient. Déjà deux fois quart de finaliste ici, Timea Bacsinszky est une magnifique joueuse de terre battue et elle aime rendre folle ses adversaires à bases de chips de coups droits et de revers longs de ligne supersoniques. Mardi, c’est elle qui est allée chercher tous les points importants, notamment à 0-30 sur son dernier jeu de service pour finir le match. Pierre Cherret : « Elle a su installer le match dans un faux rythme, et dans les rares moments où elle a été un peu en difficulté, elle a su remettre de l’intensité tout de suite en étant extrêmement solide. Elle a un peu gâché la fête quoi ». Ne reste plus que Caroline Garcia pour ranimer la flamme.


















