Bruno Fernandes, ancien gardien de Flamengo, a été libéré alors qu'il avait été condamné à 22 ans de prison en 2013 pour pour l'assassinat d'une femme en 2010.
Bruno Fernandes, ancien gardien de Flamengo, a été libéré alors qu'il avait été condamné à 22 ans de prison en 2013 pour pour l'assassinat d'une femme en 2010. - Felipe Dana/AP/SIPA

Le gardien brésilien Bruno Fernandes, sorti récemment de prison après avoir purgé moins d'un tiers de sa peine pour l'assassinat d'une femme, doit signer prochainement un contrat avec le Boa Esporte, club de deuxième division basé à Varginha (sud-est), malgré le tollé provoqué par ce recrutement controversé.

L'affaire avait choqué le Brésil, après la disparition en 2010 d'Eliza Samudio, ex-maîtresse et mère du fils du joueur, qui a avoué dans un interrogatoire que le corps de la victime avait été découpé en morceaux et jeté aux chiens. Le cadavre n'a jamais été retrouvé. Au moment des faits, Fernandes évoluait au Flamengo, le club le plus populaire du Brésil, et se trouvait sur les tablettes du Milan AC.

Les sponsors s'en vont

L'équipe de cette ville de l'État du Minas Gerais (sud-est), a déjà perdu quatre sponsors, dont le principal, qui a annoncé la fin de son partenariat lundi après-midi, après avoir tenté en vain de convaincre la direction de faire machine arrière. «Face à la décision de maintenir le recrutement de Bruno, le Groupe Gois e Silva annonce officiellement qu'il n'est plus sponsor du club», a fait savoir dans un communiqué l'entreprise spécialisée dans la reprise de sociétés en faillite.

L'agent de Bruno Fernandes, Lucio Mauro, a déclaré au journal local Estado de Minas qu'il était «certain que de meilleurs sponsors viendront» malgré toutes les polémiques, grâce à la nouvelle exposition médiatique du joueur. Le site du Boa Esporte a été piraté dimanche soir et il était inaccessible lundi. «Il s'agit d'une manifestation de rejet du Boa Esporte et de tous ses sponsors, qui soutiennent directement le féminicide», lisait-on sur la page au moment du piratage.

Reconnu coupable d'avoir commandité l'assassinat brutal de d'Eliza Samudio, Bruno Fernandes de Souza, 32 ans, était en prison depuis 2010, mais il a été relâché le 24 février, sur une décision de la Cour Suprême. Le gardien avait pourtant été condamné en 2013 à 22 ans et trois mois de prison, mais il peut désormais faire appel en liberté.

Face aux critiques, le président de Boa Esporte, Rone Moraes da Costa, a expliqué que le club n'était pas «responsable de la remise en liberté» de Bruno, mais se trouvait «dans l'obligation sociale de collaborer à la réinsertion d'un homme». Si le contrat est bien signé, malgré l'abandon des sponsors, le joueur doit être présenté officiellement mardi et des manifestations d'associations féministes sont prévues sur place.

La signature reportée «à une date communiquée ultérieurement»

La signature aurait dû avoir eu lieu lundi, après la traditionnelle visite médicale, mais le service de presse du club a informé en fin d'après-midi que le joueur serait présenté officiellement «à une date communiquée ultérieurement». «Nous attendons son arrivée à Varginha pour définir le moment de la signature», a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'équipe.

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