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Ligue 1: On en est où du hooliganisme dans les stades en 2015?

Ligue 1: On en est où du hooliganisme dans les stades en 2015?

FOOTBALLLa division nationale de lutte contre le hooliganisme a fait son bilan de la saison…
Nicolas Camus

N.C.

L’heure du bilan. Ce jeudi, la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), organisme créé en 2009 pour lutter contre les violences dans et aux abords des stades en France, a livré son analyse de la saison écoulée. Voilà ce que l’on peut en retenir.

Le bilan global

« Il est positif, relève Antoine Boutonnet, le chef de la DNLH. L’action de partenariat entre le ministère de l’Intérieur, celui des Sports, la FFF, la LFP et les clubs porte ses fruits. On a une diminution du nombre de faits de violences constatés dans et aux abords des stades. On arrive sur des chiffres qui sont extrêmement bas. » Concrètement, 18 faits majeurs de violences ont été recensés en 760 matchs professionnels. Au total, 334 matchs, dont 249 de Ligue 1, ont fait l’objet d’un signalement, c’est-à-dire qu’ils étaient classés à risque du fait par exemple de l’historique entre les supporters des deux équipes ou des informations recueillies en amont par la police. Mais tous n’ont pas fait l’objet d’incidents.

Quand ça a vraiment chauffé ?

Trois matchs, tout particulièrement, ont été marquants pour la DNLH.

Bastia-OM (9 août 2014, 1ère journée), avec « des violences urbaines d’une rare ampleur », selon Antoine Boutonnet. Il ne s’agissait pas de bagarres entre supporters mais de violences de fans bastiais contre les forces de l’ordre, qui ont compté 44 blessés dans leurs rangs.

Metz-Reims (27 septembre 2014, 8e journée), où des ultras des deux équipes se sont livrés à une bataille rangée - ce qu’on appelle les « fights » - avant la rencontre. Le phénomène inquiète mais « n’existe quasiment plus en France », selon la DNLH.

Nice-Bastia (18 octobre 2014, 10e journée), avec l’envahissement de la pelouse et les bagarres qui ont suivi l’agitation du drapeau corse par le gardien remplaçant du SCB, Jean-Louis Leca, au coup de sifflet final.



Les interdictions de stade

De ces incidents, et bien d’autres, ont découlé des interdictions de stades. Au soir de la 38e journée, on comptait 337 personnes n’ayant pas le droit d’accès aux enceintes sportives. Dans le détail, 249 font l’objet d’une interdiction administrative de stade (IAS) et 118 d’une interdiction judiciaire (IJS). C’est 17 % de plus qu’en fin de saison dernière.

La pyrotechnie, le gros point noir

« L’utilisation de la pyrotechnie en tribunes nous préoccupe particulièrement, elle a augmenté par rapport à l’année dernière, reconnaît le chef de la DNLH. Il y a un travail à faire là-dessus, sur les fouilles, les palpations et plusieurs autres pistes. » Les fumigènes sont la première cause des 767 interpellations qui ont eu lieu sur toute la saison. Autrement dit, les adieux des « Ultras marines » au stade Chaban-Delmas n’avaient pas particulièrement plu au ministère…



Et le fichier STADE ?

Là, le ministère de l’Intérieur botte en touche. En mai, le conseil d’Etat avait suspendu l’arrêté du 15 avril autorisant le fameux fichier automatisé STADE, permettant notamment de ficher « des personnes se prévalant de la qualité de supporter du PSG ou se comportant comme tel ». Pour Antoine Boutonnet, ce fichier créé par la préfecture de police de Paris ne le concerne pas directement : « Je n’ai pas de commentaires à faire sur ces fichiers ou supposés fichiers. La CNIL et le conseil d’état ont été saisis, on attend leurs réponses définitives. Nous à la DNLH on a notre fichier, qui est celui des interdictions de stades, c’est tout ».