Mondiaux d’athlétisme: Pourquoi l’équipe de France va faire un four à Pékin
ATHLETISME•La tendance n’est pas à l’optimisme pour les Bleus avant l’ouverture des championnats du monde…N.C.
On aimerait beaucoup pouvoir vous dire qu’on va se régaler pendant cette semaine, qu’on ne saura plus où donner de la tête pour admirer nos Bleus fièrement juchés sur leur podium lors des cérémonies de remise des médailles, mais franchement, là, ça paraît compliqué. Alors que les Mondiaux d’athlétisme débutent ce samedi, la délégation tricolore débarque à Pékin sur la pointe des pieds. Habituée à ramener entre trois et quatre breloques lors des grandes compétitions mondiales ces dernières années, la France a cette fois toutes les raisons de craindre l’accident.
Trop de blessés. Mais alors, vraiment trop
L’encadrement de l’équipe de France a pris dix ans ces dernières semaines, à force de se faire des cheveux blancs pour ses athlètes. La liste des blessés n’a cessé de s’allonger, et les noms couchés dessus de prendre de l’importance. Trois anciens médaillés mondiaux et olympiques, Teddy Tamgho (triple saut), Mahiedine Mekhissi (3.000 m steeple) et Yohann Diniz (marche), ont ainsi renoncé, comme le grand espoir Eloyse Lesueur (longueur). La semaine passée, le décathlonien Kévin Mayer, 4e des Mondiaux 2013 et valeur montante de la discipline, a officialisé sa défection. On peut ajouter les noms d’Antoinette Nana Djimou (heptathlon), Wilhem Belocian (110 m haies) ou Abdellatif Meftah (marathon) pour montrer l’ampleur du vide laissé.
« Tous ces blessés, ça permet d’éclairer les profanes sur la difficulté d’être champion en athlétisme, un sport extrêmement exigeant où il faut beaucoup s’entraîner, beaucoup travailler pour aller chercher la performance. Et souvent quand on est proche du maximum de la forme, on est aussi proche de la rupture, justifie Bernard Amsalem. Donc il faut jouer avec ça et ce n’est pas simple. ». Le président de la Fédération française a beau ouvrir le parapluie, cela fait quand même tâche au moment d’aborder une telle compétition, répétition générale à un an des JO de Rio.
L’Asie ne réussit pas aux Bleus
C’est d’ailleurs dommage, puisque ces dernières années ce continent a vu passer de nombreuses compétitions d’athlé. La France, 24e nation lors des Mondiaux 2007 à Osaka avec les deux médailles d’argent ramenées par Romain Mesnil et Yohann Diniz, n’avait pas fait mieux un an plus tard lors de Jeux de Pékin. La médaille d’argent de Mahiedine Mekhissi sur 3000m steeple et celle de bronze de Mehdi Baala sur 1500m n’avaient pas vraiment alourdi les bagages de la délégation bleue lors du retour à Paris. Il faut tout de même dire que les championnats du monde de Daegu, en 2011, avaient été plus réussis. Mais avec « seulement » une médaille d’argent et trois de bronze, cela fait longtemps que la Marseillaise n’a pas retenti à ce niveau en Asie. Depuis Marie-Jo Pérec en 1991 à Tokyo, en fait.
Notre Renaud national n’y arrive pas lors des Mondiaux
C’est LA chance de titre des Bleus. Et s’il fallait un rescapé parmi les blessés, et bien autant que ce soit lui. Renaud Lavillenie arrive à Pékin dans la peau de grandissime favori du saut à la perche. L’homme-qui-a-battu-le-record-du-monde-intouchable-de-Bubka (6,16m) n’a pas le droit de se manquer… Pas comme lors des derniers mondiaux, quoi. Car il s’agit là de la seule compétition qui lui résiste encore. Troisième en 2009 et 2011, il avait dû se contenter de l’argent à Moscou il y a deux ans, battu par l’Allemand Raphael Holzdeppe.
Des chances de médailles, oui, mais dans des disciplines ultra-concurrentielles
On a beau être en grande forme, parfois on tombe juste sur plus fort que soi. Prenez Jimmy Vicaut, par exemple, qui vient de claquer un nouveau record de France (et d’égaler la meilleure marque européenne de l’histoire) sur 100m. Non seulement il va falloir qu’il s’approche au maximum de ses 9’’86 de référence, mais même s’il y parvient, ce sera a priori pour espérer une troisième place, dans l’ombre de la bataille Bolt-Gatlin.
Même combat - et encore, en partant d’un peu plus loin - pour Pascal Martinot-Lagarde. Ses 12’’95 de la saison dernière, record de France, le placent potentiellement au niveau de l’or. Seulement, il peine à retrouver ses jambes et le 110 m haies est cette saison une des disciplines les plus denses de l’athlé. Ortega, Shubenkov, Oliver voire Richardson et Merritt sont autant d’obstacles à surmonter au bout d’une ligne droite qui n’en manque déjà pas.
Ça en fait des possibilités de chuter… - TIMOTHY A. CLARY/AFP
En habituée, Mélina Robert-Michon, 36 ans, peut elle aussi espérer décrocher une nouvelle médaille au lancer du disque. Mais la jeunesse sera impitoyable. Les Cubaines Pérez (24 ans) et Caballero (25 ans), comme la Croate Petkovic (25 ans), ont les dents longues et le bras affûté.


















