Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Faut-il être routier pour piloter un camion du Dakar?

Faut-il être routier pour piloter un camion du Dakar?

DAKAR 2011Même si certains pilotes sont d'anciens transporteurs, la tendance n'est plus la même depuis quelques années...
Romain Scotto, à Chilecito

Romain Scotto, à Chilecito

De notre envoyé spécial à Chilecito (Argentine),

Retrouvez le blog de notre envoyé spécial...

Et le carnet de bord de Guerlain Chicherit...

Pas besoin d'être pilote de rallye-raid pour tourner la clé d'une voiture ou d'une moto. En revanche, tout le monde ne fait pas ses courses en camion. Un monde réservé à une poignée d'initiés sur le Dakar. Des passionnés, dont l'activité professionnelle dépend souvent du permis poids lourd. «Sur la course, il n'y a pas de routier purs et durs, mais j'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de transporteurs», note Michel Boucou, 52e au général et ancien patron d'une société de transport de déchets. Dans le lot, on trouve aussi un vendeur de camions à Dubaï et un formateur au permis poids lourds.

Le Néerlandais De Rooy, figure emblématique de la course camions avec le Russe Kamaz, est lui aussi transporteur de formation. Côté français, le plus connu se nomme Roger Darroux, ancien routier qui a connu l'époque où le Dakar était une récréation, après une année passée sur la route. «Autrefois, c'était une tradition. Mais maintenant, les machines ne se conduisent plus comme un camion.»  Les pilotes professionnels ont remplacé les «tourneurs de volant», comme les appelle Richard Gonzalez, 50e au général. Le temps des gros porteurs sur les pistes est révolu. Les camions d'aujourd'hui, compacts et puissants, ressemblent plus à des voitures géantes qu’à des fardiers d'autoroute.

Entraide mutuelle

«Un camion c'est tellement sophistiqué que tout le monde peut le conduire, enchaîne Darroux, voix grasse et barbe broussailleuse. Avant, la pédale d'embrayage était dure, le volant était rigide... Andrea Mayer (la compagne de Stéphane Péterhansel) se débrouille très bien dans ce milieu là.» Un milieu où la concurrence ne nuit pas à la solidarité générale. Au bivouac, les camions partent toujours après la meute, en dernier. Et seule une entraide mutuelle permet à la majorité de rallier l'arrivée.

«De toute façon, on n'a pas vraiment le choix. Seul un camion peut aider un camion s'il est bloqué dans le sable, se marre Jo Adua, un pilote français affilié au Team De Rooy. Quand quelqu'un est bloqué, on s'arrête toujours. Parce que la dune d'après, on peut aussi se coucher... L'autre jour, on était plantés. On a demandé à un camion de nous tirer. Il a dit tchao, au revoir. Mais on se retrouve, la Terre est ronde. Ce n'est pas du tout l'état d'esprit camions.» La seule catégorie poids lourds où on évite les coups qui font mal.