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Eric Roy: «Je suis plus légitime que certains entraîneurs diplômés»

Eric Roy: «Je suis plus légitime que certains entraîneurs diplômés»

INTERVIEWMême s'il ne possède pas le diplôme d'entraîneur, celui qui a déjà porté trois casquettes différentes à Nice est en passe de réussir son pari à la tête du club azuréen…...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

Depuis près de vingt-deux ans, il coche les cases sur son CV. Joueur, directeur du marketing, directeur sportif puis plus récemment entraîneur de l'OGC Nice. Manque plus que jardinier et président et Eric Roy aura vraiment tout connu à l'OGC Nice, un club qui lui colle à la peau et dont il a presque assuré le maintien en L1 au côté de ses deux adjoints, Frédéric Gioria et René Marsiglia. A quatre jours d'un déplacement à Marseille, confessions d'un homme qui ne conçoit le football qu'en rouge et noir. Et sur la Côte d'Azur….

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Toutes les casquettes que vous avez portées au club vous servent-elles aujourd'hui dans votre nouveau rôle de coach?

Le métier d'entraîneur, c'est le terrain, bien sûr, mais aujourd'hui, avec les médias, il faut aussi savoir gérer une image, la marque du club. Et cela, je le tire de mes formations. J'ai toujours été curieux de tout et j'ai eu un parcours atypique. J'étais scolarisé jusqu'au bac, je suis arrivé tard dans le monde professionnel, à 22 ans. Cela a nourri ma personnalité et m'a permis de gérer ma reconversion comme je l'ai fait. Nice, c'est mon club formateur, c'est ma ville et j'en ai une vision globale. Quand on connait bien le club dans lequel on évolue, c'est plus simple pour anticiper les difficultés.

Pourquoi avoir attendu six ans avant d'entraîner? Cela ne tombait pas sous le sens pour vous?

Non, pas du tout. Pour moi, ce n'était pas un but en soit. J'avais envie de découvrir d'autres choses, me projeter sur d'autres challenges. Et puis l'évolution du club a fait que… Les résultats, les décisions… On nous a demandé de trouver une solution interne. Quand on a la fibre club, est-ce qu'on peut se défiler? Mon rôle, c'était de proposer des entraîneurs. J'en ai eu au téléphone. Je les ai présentés aux administrateurs. Et puis on vous demande dans la discussion de trouver les forces vives au sein du club. Les solutions en internes, elles sont vite trouvées… On aurait pu facilement refiler le bébé, c'est vrai. Se défiler quand on vit club, on mange club, qu'on a une expertise plus rapide qu'un nouvel entraîneur, on accepte.

Vous ne possédez pas les diplômes d'entraîneur. Vous ne vous êtes jamais senti attendu au tournant?

Je ne me suis jamais demandé si j'étais à la hauteur. Après 450 matchs au plus haut niveau, je pense que j'ai beaucoup plus de légitimité que beaucoup d'entraîneurs qui ont le DEPF et qui veulent donner des leçons aux uns et aux autres. Mais je ne suis pas de ceux qui disent que les diplômes ne servent à rien. Je sais dans ma tête qu'un jour je les passerai parce qu'on y apprend plein de trucs.

La saison prochaine, vous ne souhaiteriez pas poursuivre l'aventure à la tête des Aiglons?

Pour l'instant, on est complètement focalisés sur le 15 mai, date de notre dernier match. Ce qui nous intéresse, c'est de remplir notre mission. Après, on fera un bilan au club, avec tout le monde et on verra à ce moment là. A terme, je ne sais pas ce que je ferai. Je serai au club, ça c'est une évidence, mais dans quel rôle? Il y a de fortes chances pour que je reste directeur sportif.

Vous sentez vous différent des autres entraîneurs?

Non, je ne crois pas. Dans les entraîneurs, il y a beaucoup de passionnés. J'ai toujours été là par passion. J'ai rarement raté un match, à la télé ou au stade. Sur les bancs, je ne me sens pas différent des autres. Mais on se frotte à des gens qui ont beaucoup plus d'expérience du haut niveau en tant qu'entraîneur. Didier Deschamps ou Francis Gillot (qu'il a croisé la semaine dernière), ce sont des gens qui ont un vécu. A côté d'eux, je ne me sens pas inférieur mais humble. Je sais que c'est un métier très dur. S'ils sont là depuis si longtemps c'est qu'ils sont bons. Parce que si on n'est pas bon, on ne dure pas.

En tant que directeur sportif, vous aurez donc votre mot à dire sur le nom de votre successeur?

Bien sûr. Il est évident que l'entraîneur qui travaillera avec moi, je le cautionnerai.

Vous sentez-vous encore un peu joueur dans l'âme?

Oui aussi… Mais il faut être capable de faire son deuil. S'il manque un joueur, je fais le nombre à l'entraînement. Sur des petits challenges, des entraînements à la carte, ça ne me pose pas de problème de faire un tennis ballon. Mais je ne suis pas encore prêt à me sélectionner….

L'objectif du maintient étant presque acquis, comment abordez-vous ce déplacement à Marseille? Plus sereins?

C'est un formidable challenge. On ne les prend pas au meilleur moment. Je connais trop bien Marseille pour savoir l'ambiance qu'il y aura dimanche soir au stade. Ils sont dans le money time, en ballottage favorable. Ça donne une dimension excitante au match. Si j'étais à la place de mes joueurs, j'aurais envie de jouer ce match. Pour nous, l'objectif n'est pas acquis, et on ne se dit pas qu'il l'est. On n'a pas besoin de dramatiser ce match, mais c'est révélateur pour s'étalonner peut-être face au futur champion.