• La démonstration de l’OL dimanche dans le derby (0-5) en dit forcément long sur la mauvaise passe actuelle de l’ASSE.
  • « 20 Minutes » fait le point sur les cinq problématiques principales du côté stéphanois après un derby qui va à coup sûr laisser beaucoup de traces.

Que les promesses du 5 août dernier semblent loin. Ce soir-là, pour le premier match officiel de l’ère Oscar Garcia, les Verts avaient offert le séduisant visage que le réputé entraîneur catalan pouvait laisser augurer. Avec du pressing, de l’allant offensif et de belles promesses notamment incarnées par Assane Diousse et Jonathan Bamba, l’ASSE avait d’emblée convaincu en battant (1-0) le troisième du précédent championnat, l’OGC Nice.

Trois mois plus tard jour pour jour, les Stéphanois ont touché le fond lors du derby le plus sombre de leur histoire (0-5). A tel point qu’on imagine mal ces Verts groggy se relever facilement cette saison, pour (au moins) cinq raisons.

>> A lire aussi : Avec un nouveau show de Nabil Fekir, Lyon humilie son voisin... Ce 115e derby restera dans les mémoires

La dynamique était mauvaise, le derby l’a rendue inquiétante. « Nous sommes dans une situation un peu compliquée et on espère changer ça très vite. » Oscar Garcia a délivré un sacré euphémisme dimanche soir, vu comment son groupe a totalement volé en éclats face à la bande à Nabil Fekir. Depuis la belle entame estivale avec trois succès plutôt prometteurs (Nice, Caen et Amiens), l’ASSE n’a remporté que deux matchs officiels sur dix. Et encore, de la façon la plus étriquée qui soit, tant à Dijon (0-1) que dans un scénario aussi renversant qu’étrange contre Metz (3-1).

Désormais 6e, à sept points du podium (Lyon) comme de la 17e place (Amiens), le club semble vraiment pouvoir basculer du mauvais côté. Aucun joueur n’a souhaité s’arrêter devant les médias pour commenter la pire défaite des Verts dans l’histoire du derby. KO à plus d’un titre, l’ASSE devra se vider la tête lors de la trêve internationale afin de négocier au mieux un enchaînement de trois rencontres contre des équipes également en proie au doute, Lille, Strasbourg et Bordeaux.

Oscar Garcia semble déjà usé. Auteur du doublé dans le championnat autrichien à la tête du Red Bull Salzbourg les deux saisons précédentes, le technicien catalan mesure pleinement aujourd’hui la difficulté d’être compétitif en Ligue 1 avec son groupe actuel. Oscar Garcia n’a clairement pas pu tout maîtriser du conséquent mercato estival. Des divergences avec ses dirigeants sont apparues au grand jour ces dernières semaines, notamment autour de l’épisode de la mise à l’écart de Jonathan Bamba.

>> A lire aussi : Jonathan Bamba est envoyé en équipe réserve… «Un manque de respect» selon son agent

« La décision des dirigeants nous pénalise sportivement », avait-il ainsi reconnu en conférence de presse après le succès contre Metz afin de bien faire passer un message. Interrogé dimanche pour savoir s’il se sentait déjà fragilisé, il a répondu par la négative : « C’est vrai que c’était le match que nous voulions le plus gagner. Nous devons nous relever comme ce club l’a toujours fait ». Tout en annonçant qu’il s’agissait du « jour le plus triste de [sa] carrière d’entraîneur ».

Sans son capitaine, l’ASSE est à la rue défensivement. Chaque saison, des statistiques toujours aussi criantes sont sorties à chaque absence de Loïc Perrin. Depuis pas moins de 12 ans, les Verts remportent en moyenne 0,5 point de moins par match (1,1 contre 1,6) sans son emblématique capitaine. Tout sauf un hasard quand on voit à quel point sa sérénité a manqué à tout l’équilibre stéphanois dimanche.

>> A lire aussi : ASSE: Une statue à l'effigie de Loïc Perrin, «le Sergio Ramos du Forez»?

« L’expulsion nous a fait beaucoup de mal », a notamment reconnu Oscar Garcia après le derby. Impossible d’imaginer le taulier n’ayant connu qu’une seule expulsion dans toute sa carrière dégoupiller comme Léo Lacroix l’a fait sur Nabil Fekir (47e). La blessure au mollet de Loïc Perrin prouve à quel point il incarne presque à lui seul le socle défensif de l’ASSE. Même le prometteur Ronaël Pierre-Gabriel, de retour de blessure, est passé totalement au travers dimanche sur le côté de Memphis Depay.

Les nombreuses recrues déçoivent. Censées redonner un nouvel élan à un effectif en fin de cycle avec Christophe Galtier, les huit recrues enregistrées cet été sont très loin de donner satisfaction. Hormis Rémy Cabella, également blessé pour le derby, et à un degré moindre Jonathan Bamba (de retour d’un prêt à Angers), aucune d’entre elles n’incite véritablement à l’optimisme pour la suite de la saison.

Recrue phare (8 millions d’euros), Loïs Diony est actuellement blessé et n’a pas encore inscrit le moindre but en neuf apparitions. L’ancien Dijonnais incarne la tristesse de cette attaque stéphanoise (10e en L1), qui a quasiment inscrit un tiers de ses buts sur penalty (4 sur 13). Le prêt de Robert Beric n’a pas été compensé et même Alexander Söderlund n’a cette fois pas été métamorphosé par le derby.

Les supporters ont lâché leur équipe dimanche. Même lors de pareille claque (0-5) dans le Chaudron en mai contre le PSG, les deux kops n’avaient à aucun moment cessé de tout donner pour leurs joueurs jusqu’au coup de sifflet final. Pourtant la morosité était alors déjà grande, au bout du bout du long cycle de Christophe Galtier. Mais le derby est un rendez-vous plus que spécial et subir un tel affront dans ce contexte a eu des conséquences extrêmes. Le kop sud puis le nord ont d’abord enlevé leur bâche avant de stopper tout encouragement durant la dernière demi-heure dimanche. Une séquence rarissime à Geoffroy-Guichard qui a permis au parcage de 850 supporters lyonnais d’encore davantage savourer la fête.

Sans doute autant que la célébration de Nabil Fekir, c’est ce cinquième but encaissé qui a poussé des ultras dépités à se ruer sur la pelouse à cinq minutes de la fin. Puis à quitter le stade comme quasiment l’intégralité des fans des Verts avant le terme « officiel » du match. Egalement frustrés de voir certains de leurs leaders interdits de stade depuis cette saison, ces passionnés vont être un dossier épineux à gérer pour les dirigeants dans les prochaines semaines. Les nombreux fumigènes craqués dimanche, combinés à l’envahissement du terrain non maîtrisé par la sécurité, ont en tout cas entraîné des interruptions de match qui pourraient vite valoir des sanctions au club. L’ASSE a décidément de nombreux dossiers à gérer après cette humiliation face à son voisin.