Dakar 2015: L'étape marathon, grande nouveauté pour les autos, vue du clan du leader Nasser Al-Attiyah
DECRYPTAGE•Le copilote du leader du classement auto Nasser Al-Attiyah, Mathieu Baumel, détaille les spécificités de l’étape marathon qui attend les autos ce samedi…Nicolas Camus
De notre envoyé spécial à Iquique (Chili)
Avant même le départ, à Buenos Aires, il nous avait dit craindre cette étape. Pour la première fois depuis 2005 en Afrique, les voitures vont être confrontées aux difficultés d’une étape marathon, ce samedi entre Iquique (Chili) et Uyuni (Bolivie). Mathieu Baumel, le copilote du leader de la catégorie, Nasser Al-Attiyah, détaille pour 20 Minutes les spécificités de ces deux jours pas comme les autres qui auront forcément une grande incidence sur ce Dakar.
Une étape marathon, c’est quoi?
«On part deux jours sans avoir la possibilité d’utiliser nos mécanos. Il n’y aura personne, pas même nos camions qui nous apportent des pièces, donc on va devoir se débrouiller pendant deux jours avec uniquement ce que l’on a dans notre voiture. Pour les pneus, ça pose déjà un problème car on n’a pas la place d'en prendre quatre de rechange. Si on crève, ça va nous mettre sous pression. En fonction de ce qui peut arriver, la deuxième journée peut être compliquée à gérer. Et puis le soir, en plus du travail de préparation habituel de l’étape du lendemain, on va devoir gérer la mécanique, vérifier ce qui va ou pas, l’essence, tous ces détails dont on ne s’occupe pas d’habitude.»
Quelle préparation?
«On a anticipé les choses. On a passé quelques jours à faire de la mécanique avec Nasser à l’usine, pour savoir faire tout ce qui est susceptible de nous tomber dessus demain soir [samedi soir].»
Une stratégie particulière?
«Pour être honnête, on ne pensait pas gagner aujourd’hui [vendredi]. On s'était dit qu'il valait mieux être derrière demain et ne pas ouvrir la piste. Mais bon, c’est comme ça. On va essayer de gérer, ce sont peut-être les autres qui sont derrière qui feront des erreurs. Ouvrir la route sera plus compliqué car il n'y aura personne devant, pas même les motos, comme on en a l'habitude [les motos sont en repos ce samedi]. Dans notre position il faut le prendre cool demain, quitte à se faire rattraper, et puis après suivre. Giniel [de Villiers, 2e au général à 11 minutes] est derrière, on sait que s’il nous rattrape et nous prend par exemple 3 minutes, après ce sera à nous de suivre et sur la deuxième journée d’envoyer un peu plus.»
Une étape charnière?
«Oui, il y a encore des étapes après mais oui il risque de se passer beaucoup de choses sur ces deux jours et il ne faudra pas les louper. Après ce sera un peu plus cool.»
L’intérêt de cette nouveauté?
«Moi j’ai eu droit à une étape marathon pour mon tout premier Dakar, en 2005. Et depuis il n’y a plus jamais eu. Il y en a beaucoup ici qui n’ont jamais connu ça, ça va leur faire bizarre. Moi je pense que c’est une bonne chose, ça met un peu de piment. Et puis ça évite de toujours faire avec le même tracé, les mêmes choses. Là on va faire deux spéciales inédites, en plus marathon, il va falloir faire très attention. C’est ce qui est excitant!»


















