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Sotchi 2014: Le ski alpin français a appris de ses erreurs
JEUX OLYMPIQUES•Les Bleus vont tout faire pour éviter le zéro pointé de Vancouver…Julien Laloye
Six places dans le top 10, sans le leader naturel de l’époque, Jean-Baptiste Grange, fauché à deux mois du grand rendez-vous. C’est moins pire que dans le souvenir, mais cela ne suffit pas à édulcorer le constat d’échec initial: le ski alpin français, qui s’est planté dans les grandes largeurs à Vancouver, nous doit une revanche.
«Ca, on nous l’a assez rabâché pendant quatre ans», sourit Julien Lizeroux. Trop juste pour Sotchi mais leader des Bleus en 2010, le Plagnard a eu le temps de réfléchir au pourquoi du comment de la faillite. «Peut-être qu’on ne savait pas assez ce que c’était les JO. On n’avait pas assez appréhendé le côté business. Se lever à 5h du matin pour pouvoir s’entraîner, bouger le départ du slalom de 100m sur une piste où on ne ferait même pas skier des benjamins… on n’était pas prêt à être performant ce jour-là.»
Faillite de la préparation mentale
Accusé d’avoir failli sur le plan de la préparation mentale, l’encadrement a cette fois décidé de responsabiliser son monde assez tôt. Quand ce ne sont pas les athlètes qui ont pris les devants eux-mêmes. Passées les figures d’usage –«Il ne faut pas mettre les JO sur un piédestal, c’est ma carrière, pas celle de la France»- Alexis Pinturault, meilleur français de l’hiver et espoir de médaille le plus raisonnable, avoue qu’il a tiré les conséquences de Mondiaux en demi-teinte en 2013.
«J’ai passé trop de temps à répondre aux journalistes aux dépends de ma performance. Aux JO, ce sera dix fois pire, il ne faudra pas se noyer là-dedans. Ce sont peut-être des détails, mais j’ai senti que quelque chose ne s’imbriquait pas et les résultats n’ont pas suivi. Après je peux avoir mis tout en place ; ça ne garantit rien.» Et surtout pas des podiums à la pelle, quand l’équipe de France débarque en Russie amputée de ses deux championnes du monde, Marion Rolland et Tessa Worley.
«Tout le monde est un outsider crédible au départ»
Reste le fameux exploit du Jour J, une bluffante spécialité du ski alpin français. Crétier, Dénériaz, Vidal ou Chenal, ils ont tous sorti la course de leur vie ou pas loin aux JO. «Il n’y a pas d’explication rationnelle à ça, mais personne n’attend d’avoir l’étiquette de favori pour faire un résultat, tente Lizeroux. Tout le monde est un outsider crédible au départ. Les conditions météo, la forme du moment, la confiance…il y a beaucoup de facteurs qui peuvent jouer pour faire un champion olympique surprise.»
Côté tricolore, Théaux en descente ou Noens en slalom chez les filles, ont leurs chances. Sans oublier Grange, qui a prouvé cet hiver qu’il pouvait sortir (au moins) une manche digne de ses grandes années. «Ce sont des courses que j’ai toujours appréciées. J’ai quand même été champion du monde en 2011, je sais ce que c’est d’être bon quand ça compte.» C’est le moment de le montrer.



















