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Stephen Brun: «Nanterre n’est pas loin de toucher ses limites»

Stephen Brun: «Nanterre n’est pas loin de toucher ses limites»

BASKET – Le joueur de Nanterre revient sur la réussite de son club, qualifié pour les demi-finales de Pro A avec un budget minuscule…
Antoine Maes

Antoine Maes

A 32 ans, son CV n’a peut-être pas fini de se remplir. Champion de France avec Nancy en 2011, l’ailier-fort Stephen Brun espère emmener Nanterre en finale de Pro A. Mercredi, la JSF Nanterre et son petit budget (l’avant-dernier du championnat) n’ont plus qu’à battre Chalon pour voir la finale.

Comment expliquez-vous la réussite de Nanterre cette saison?

C’est un concours de circonstances. Des paris sur des Américains qui voulaient se relancer. Des bonnes pioches, comme Trenton Meatcham, qui avait pris sa retraite et que personne n’avait contacté. Et puis après, l’osmose au sein de l’équipe, la faculté du coach à impliquer tout le monde. Ensuite on surfe sur la confiance. Le niveau du championnat est homogène, dense. Il n’y a pas de club avec 10 ou 15 millions de budget, les plus gros c’est 4 ou 5, nous on doit avoir 2,6 millions. Ca ne fait pas une énorme différence. C’est aussi ça notre chance. Tout le monde parle de surprise, mais en saison régulière, on a battu quasiment toutes les équipes. Ce n’est plus une surprise, sportivement.

Est-ce que vous êtes d’accord pour dire que Nanterre, c’est aussi un révélateur du faible niveau du basket français?

Avant d’être joueur, je suis passionné de mon sport, j’en ai aussi une vision globale. Bien sûr que le basket n’est pas au top. On n’a pas d’infrastructure, où on est dominé par l’Espagne, l’Italie, et maintenant même la Belgique ou l’Allemagne. Au niveau télé, on passe derrière le rugby, parce qu’on n’a pas su rebondir sur la médaille d’argent de Sydney. Et le hand est en train de nous manger. Quand Alain Béral (le président de la LNB qui avait critiqué la salle de Nanterienne, ndlr), a des mots difficiles sur Nanterre, je peux le comprendre. Pour que le basket soit fort, on a besoin de grands clubs, et de grandes salles.

Comment imaginez-vous le futur proche de Nanterre?

Ce qu’on fait c’est du domaine de l’exceptionnel. La saison d’après, les gens attendent plus. Et je ne sais pas si Nanterre sera capable de reproduire ça, même si je l’espère. Il ne faut pas se leurrer, le club n’est pas loin de toucher ses minutes. La famille Donnadieu n’y est pour rien, c’est à la municipalité de faire quelque chose. Elle donne déjà de grosses subventions, mais il faut qu’elle fasse le nécessaire en termes d’infrastructures.

Vous êtes en fin de contrat à Nanterre. Où jouerez-vous la saison prochaine?

J’aimerais bien continuer l’aventure ici, jouer une coupe d’Europe que j’aurai contribué à décrocher. Après on verra, parce que malgré tout, ça reste du business. J’aimerais rester sur la région parisienne, ça me permet de m’épanouir dans mon rôle de consultant avec Sport +. J’ai encore deux ou trois belles années devant moi, la priorité, c’est Nanterre. Après est-ce que le club veut me garder c’est une autre histoire.