Pro A: Les bonnes recettes de la JSF Nanterre pour tutoyer les sommets
BASKET – Avec l’avant-dernier budget de Pro A, les banlieusards ne sont plus qu’à un match de la finale…Antoine Maes
Comment être aux portes de la finale de Pro A avec trois francs six sous? Comment attire-t-on des Américains en banlieue parisienne? Qu’est-ce qui se cache derrière une aventure humaine? En ayant trouvé les réponses à ces questions, Nanterre est en train de devenir une attraction. La JSF n’a plus qu’à battre Chalon, mercredi, pour s’ouvrir les portes de la finale. Avec comme ouvre-boîtes beaucoup de malice et pas mal de camaraderie.
Pour boucler son budget - «On part du principe que si on a un euro, on ne dépense pas 1,50 euro». Cette ligne de conduite peut paraître simple, mais c’est bien celle de Jean Donnadieu, le président de Nanterre. Le secteur pro de la JSF, c’est un budget de 2,6 millions d’euros, soit l’avant-dernier de Pro A. «La ville nous aide beaucoup, avec une subvention d’un million d’euros. Le département, c’est 94.000 euros. Et la Région, 15.000 euros. Le reste, ce sont des partenaires privées», explique le patron qui par palier, veut amener son club «dans la moyenne de Pro A». Il faudra d’abord que le club abandonne son statut d’association pour basculer vers celui de société sportive.
Pour réussir son recrutement – Avec des capacités financières aussi limitées, la JSF est obligée de se creuser le cerveau pour faire son marché. «Il n’y a pas trop de secret: un joueur qui vient chez nous, soit il est sans contrat, soit il était remplaçant. Et ça fait des années que ça dure», sourit Jean Donnadieu. Pour ne pas se tromper, Pascal, son fils et coach de l’équipe première, effectue un énorme travail de scouting pendant l’été. A force, le club s’est spécialisé dans la relance de joueur dont la carrière est à l’arrêt, un peu comme Auxerre en foot il y a quelques années. Mais le flair du club commence à être connu. «Les agents savent que si Pascal veut un joueur, c’est qu’il ne doit pas être trop mauvais. Ça arrive du coup qu’ils le proposent à d’autres clubs que nous, en nous disant "maintenant c’est tant", quand il s’agit de nous donner un prix», sourit Jean Donnadieu.
Pour maintenir son état d’esprit - Encore amateur il y a peu, Nanterre n’est pas si éloigné que ça de la JSF que les Donnadieu ont récupéré au plus bas niveau départemental en 1987. L’état d’esprit, «c’est capital», pour Jean Donnadieu. «Déjà, on respecte les individus. Qu’ils soient américains ou français, ils savent qu’on s’intéresse au basketteur mais aussi à l’homme», promet le président. Quand les clubs français ont parfois beaucoup de mal à faire travailler leurs recrues estampillées US à plein régime, Nanterre semble imunisé. «Un joueur comme Lighty, qui a eu la douleur de perdre sa maman en cours de saison, quitte à ce que ça nous handicape sur le plan sportif, il est reparti sur deux périodes assez conséquentes aux Etats-Unis. On a considéré que ce qu’il vivait, c’était plus important que le basket. Et ces gars-là s’en rappellent», jure Donnadieu.



















