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Ligue des champions: David Bellion et Julien Faubert racontent leur Manchester-Real

Ligue des champions: David Bellion et Julien Faubert racontent leur Manchester-Real

FOOTBALL – Les Bordelais David Bellion et Julien Faubert, passés par Manchester et le Real, évoquent la rencontre de mardi...
A Bordeaux, propos recueillis par Marc Nouaux

A Bordeaux, propos recueillis par Marc Nouaux

A part mal jouer et ennuyer son public, Bordeaux a une autre particularité cette saison. Il y a, dans son effectif, deux joueurs qui sont passés par le Real Madrid et Manchester United. Julien Faubert (2 matchs entre janvier et juin 2009 au Real) et David Bellion (40 matchs et 8 buts inscrits entre 2003 et 2005 à Man Utd) lancent le match avant le 8e de finale retour de Ligue des Champions qui aura lieu à Old Trafford ce mardi.

Suivez-vous avec attention les résultats de votre ancien club?
David Bellion: Quand on regarde L’Equipe du Dimanche pour voir les buts, après on n’est pas tout le temps à regarder la télé. J’ai deux enfants, je suis père de famille donc il y a beaucoup de bruit à la maison.
Julien Faubert: Oui, je suis tout le temps le Real, mon fils est un fan. On s’est régalé devant les clasicos.

Avez-vous regardé le match aller?
DB: Oui, on l’a regardé à Kiev, on s’est débrouillé pour le regarder avec Nico [Maurice-Belay]. C’était intéressant puisque ça avait bien joué. C’est l’essence du foot, on a deux équipes qui jouent au ballon et c’est pour ce genre de match que l’on veut bien allumer la télé.
JF: Non, je n’ai pas pu le regarder parce qu’il n’était pas diffusé à Kiev, il était diffusé seulement dans les bars donc on n’avait pas l’opportunité d’aller le voir mais je suis vraiment déçu de ne pas avoir vu un match de ce niveau.

Un pronostic pour le retour à Old Trafford?
DB: Je suis nul en pronostics… Après, j’ai joué à Manchester, c’est mon club de cœur donc j’espère qu’ils vont passer.
JF: Ca va être compliqué… Je connais les deux clubs pour avoir joué avec l'un et contre l’autre. Je vois bien Manchester l’emporter 1-0.

Pensez-vous que votre passage ait pu laisser un souvenir aux supporters?
DB: Peut-être pas en tant que titulaire, c’est sûr. En deux ans, j’ai joué quelques matchs et marquer des buts… j’ai marqué le troisième but le plus rapide de l’histoire du club. Il restera des choses même si c’est sûr que je n’ai pas laissé la même trace que les grands joueurs, il n’y a pas photo.
JF: Non mon passage était trop éphémère, trop éclair. Je suis réaliste par rapport à ça mais d’un point de vue personnel, je me suis régalé. Connaître un club de ce standing, ce n’est pas donné à tout le monde et moi j’y ai eu droit.

Avez-vous eu le temps d’être imprégné de la culture de ce club?
DB: Oui, trop peut-être. C’est pour ça que j’aime jouer assez simple aujourd’hui. Je sais qu’à part les attaquants qui essaient de faire la différence, c’est un jeu au sol, fait de petites passes et de mouvements et moi, maintenant, j’aime bien jouer au sol. Quand tu viens de ce club, que tu joues avec les meilleurs joueurs de la planète comme Van Nistelrooy, Scholes, Veron, Forlan, Saha, Rooney, Cristiano Ronaldo, là c’est un autre niveau, le ballon reste au sol.
JF: Oui, on l’est tout de suite par rapport à la pression. Quand on signe le contrat, les maillots des trois grands joueurs formés au club, Raul, Guti et Casillas sont accrochés au-dessus de toi. Et puis, j’ai vécu un clasico sur le banc aussi, j’ai vécu la C1, c’est une atmosphère totalement différente où les mecs sont transcendés.

Vous avez des regrets de ne pas avoir réussi à vous imposer là-bas ?
DB: J’étais un jeune joueur, je ne jouais pas tout le temps donc ce n’était pas évident, forcément.
JF: J’ai le regret de ne pas avoir eu ma chance, de ne pas avoir pu montrer plus. C’est en travers de la gorge mais je n’ai retiré que des enseignements positifs de ce passage.

Comprenez-vous qu’il y ait des moqueries de la part du public français autour de votre passage dans ce grand club ?
DB: C’est la première fois que l’on me pose cette question, je suis un peu surpris. A l’époque où je suis arrivé à Manchester, j’avais tous les clubs anglais derrière moi à part Arsenal, donc à vingt ans, je pense que je me débrouillais bien là-bas. Je suis arrivé jeune là-bas, ce n’était pas évident… après, c’est une drôle de question… J’ai réussi à marquer des buts alors qu’il n’y avait que des grands attaquants. De toute façon, les moqueries, je m’en fous. Il faut accepter l’humour de tout le monde.
JF: Au départ, je l’ai un peu mal pris mais après coup, je me suis dit qu’un club comme le Real, avec un tel panel de joueurs, tout ce qu’il regarde sur les transferts, ce qu’ils suivent… s’ils sont venus vers moi, ce n’est pas pour rien, donc dans un sens je relativise les choses car je suis un joueur passé par le Real et tout le monde ne peut pas en dire autant.