Une jeune chanteuse égyptienne a été arrêtée samedi pour un clip particulièrement suggestif pour lequel elle est suspectée « d’incitation à la débauche », ont indiqué des responsables de la police.

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Des plaintes ont été déposées au sujet de cette vidéo de la chanson « Andy Zoroof » (« J’ai des problèmes » en arabe), selon les mêmes sources. Ce samedi, la vidéo n’était plus disponible sur YouTube, toutes les versions étant bloquées par l’éditeur.

« Une leçon de dépravation aux jeunes »

Sur les images, la chanteuse Shyma apparaît dans ce qui semble représenter une salle de classe, léchant une pomme et simulant une fellation à l’aide d’une banane, devant un tableau sur lequel on pouvait lire « Classe #69 » et les lettres « vag ». « La chanteuse Shyma présente une leçon de dépravation aux jeunes », a dénoncé le journal égyptien Youm7 dans un article après la publication de la vidéo.

Dans une déclaration sur sa page Facebook, Shyma écrit ne pas avoir anticipé ces réactions contre son clip. « Je présente mes excuses à tous ceux qui ont été dérangés par le clip et l’ont considéré indécent », a écrit la chanteuse de 21 ans.

Elle ajoute ne pas « s’être imaginée que tout cela allait arriver » et qu’elle ferait « l’objet d’une attaque aussi virulente de la part de tout le monde, en tant que jeune chanteuse (…) qui a rêvé depuis son plus jeune âge de devenir chanteuse ». Il y a eu quelques réactions sur les réseaux sociaux.

Plusieurs précédents

Un tribunal égyptien avait en juin 2015 condamné à un an de prison une danseuse, Reda al-Fouly accusée d'« incitation à la débauche » pour un clip jugé indécent.

Trois mois plus tard, en septembre 2015, deux danseuses, Shakira et Bardis, ont chacune été condamnées à six mois de prison pour leurs clips respectifs, également pour cause d’incitation à la débauche et à la nudité.

Ces deux condamnations étaient tombées dans la foulée de l’annonce par le syndicat des professions musicales en Egypte d’interdire toute « tenue suggestive » lors des représentations données par des artistes dans le pays, afin de renouer avec « les valeurs et les traditions égyptiennes », précisait alors le président du syndicat.