• Selon Microsoft, le moteur de recherche Bing est utilisé par 19 % des Français.
  • Si beaucoup y sont contraints, certains internautes font le choix de ce moteur de recherche.

En France, 19 % des internautes passent par le moteur de recherche Bing plutôt que par l’écrasant leader Google. Cette information de Microsoft n’est pas passée inaperçue, tant le moteur de recherche a mauvaise réputation. Mais qui sont ces aventuriers du Web qui évoluent sur Bing ?

« Tu as cherché sur Bing ? » Cette question, vous ne vous l’êtes probablement pas posée au moment de chercher l’adresse d’un restaurant ou les horaires de la piscine. Loin derrière le mastodonte Google, le moteur de recherche de Microsoft s’est pourtant sacrément amélioré depuis ses débuts : l’organisation de la page est claire et l’information essentielle est là.

Avouez, vous aussi, vous trouvez ça acceptable.
Avouez, vous aussi, vous trouvez ça acceptable. - capture d'écran/Bing

Malheureusement pour l’outil de Microsoft, personne n’a remarqué sa mue. Sur les réseaux sociaux, les blagues sur Bing sont devenues un fonds de commerce, un véritable classique. Jugez plutôt.

Le point fort : la technique

Dans une campagne de communication relayée par Slate et lancée mi-août, Microsoft assure que 19 % des Français utilisent son moteur de recherche.

Et même si d’autres sites revoient ce chiffre à la baisse, autour de 5 %, un nombre conséquent de Français effectuent leurs recherches sur ce moteur décrié. Parmi eux, après enquête, on trouve même un journaliste de 20 Minutes (à qui nous avons promis l’anonymat, sous peine de terribles représailles dans la rédaction).

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Chez les Bing-addicts, les raisons varient. Pour Sébastien, qui témoigne sur Twitter, c’est un faisceau d’arguments différents. Il y a les images d’abord, celles que l’on trouve en page d’accueil, des photos de paysages qui changent chaque jour.

La page d'accueil de Bing et sa fameuse photo.
La page d'accueil de Bing et sa fameuse photo. - Capture d'écran/Bing

Si ce geek autoproclamé a fait ce choix, c’est aussi pour des raisons techniques. « Je trouve que Bing est meilleur sur les requêtes de type "humaines", comme "raconte-moi une blague" par exemple, alors que Google est bon sur une suite de mots-clefs. Du coup, ça dépend de mes recherches », explique-t-il. « Bing, c’est aussi la force de tous les services Microsoft qui se combinent : Office, Onedrive, Cortana [l'assistant intelligent de Microsoft]… »

Des utilisateurs « moins technophiles »

C’est l’un des points forts de cet outil : à l’achat d’un appareil Microsoft, Bing est le moteur de recherche paramétré par défaut. « Il y a toute la force de frappe Microsoft Edge et Internet Explorer derrière », rappelle Fabian Ropars. Ce qui en fait aussi l’un des moteurs de recherche les plus subis par les internautes. « A mon taf, il faut les droits administrateurs pour changer le moteur par défaut. On utilise tous Bing, même s’il est nul », explique un internaute dans un tweet.

« Les utilisateurs de Bing, ce sont ceux qui ont une page d’accueil MSN ou Outlook. Ce sont les moins technophiles ou les plus âgés », ajoute Fabian Ropars, social média manager pour le Blog du modérateur.

Cette mauvaise image qui colle à la peau du moteur de recherche ne fait pas les affaires de Microsoft, qui cherche à inverser la tendance. « La réputation de Bing est tellement mauvaise qu’aucun millenial [internaute né dans les années 2000] ne l’utilisera jamais. C’est surtout un chiffre à destination des annonceurs, pour relancer la machine », résume Fabian Ropars. Pour faire face à la concurrence, Microsoft a même lancé début juin un système de récompense pour les utilisateurs de son moteur de rechercher : chaque recherche rapporte des points, transformables en cadeaux. La carotte comme dernier espoir.