FaceApp, l'appli photo accusée de racisme avec son filtre qui blanchit la peau

WEB De nombreux internautes ont constaté que le filtre censé rendre plus beau blanchissait la peau des utilisateurs…

A.B.

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L'appli Face App est accusée de racisme depuis le lancement du filtre "hot", censé rendre beau, qui en réalité blanchit la peau et affine le nez des utilisateurs, comme ici en exemple avec Will Smith.

L'appli Face App est accusée de racisme depuis le lancement du filtre "hot", censé rendre beau, qui en réalité blanchit la peau et affine le nez des utilisateurs, comme ici en exemple avec Will Smith. — Twitter / Matti Hernesaho

Plus jeune, plus vieux, en homme alors qu’on est une femme ou vice-versa : grâce aux filtres de l’appli FaceApp, tout est possible. Lancée en début d’année, l’appli photo est rapidement devenue très populaire auprès d’un large public. Mais la toute jeune application fait l’objet d’une grosse polémique. En cause, son nouveau filtre « hot », censé rendre plus sexy chaque utilisateur et utilisatrice. Sauf que le filtre en question n’a visiblement qu’une seule vision de ce qui rend beau et attirant, puisqu’il blanchit la peau sur chaque selfie auquel on l’applique, ce qui vaut aux créateurs de l’appli d’être accusé de racisme.

« C’est raciste. Le filtre hot a blanchi ma peau »

Jusqu’alors, les filtres proposés par cette appli gratuite ne posaient pas de souci particulier et faisaient le job, permettant de modifier son visage à loisir sur ses selfies. Et parmi ceux qui plaisent le plus, les filtres « old » et « young », « smile » et « smile 2 » collent un large sourire sur votre visage, tandis qu’un autre, encore plus populaire, permet de changer de sexe. Sur sa lancée, FaceApp a enrichi sa gamme avec le filtre « hot », symbolisé par une petite icône flamme. Censé rendre les gens plus beaux – doit-on vraiment dire merci ?- le filtre en question a déclenché une vague de colère des réseaux sociaux. Pourquoi ? Les utilisateurs ont très rapidement constaté que l’effet du filtre est de blanchir considérablement la peau lorsqu’il est appliqué sur un selfie, comme l’ont démontré de nombreux internautes furieux.

« FaceApp n’est pas simplement nul, c’est raciste. Le filtre hot a blanchi ma peau et modifié mon nez pour le rendre plus européen », fulmine, à raison, l’un d’eux.

« Donc cette appli est manifestement hyperraciste », abonde un autre.

« Donc j’ai téléchargé l’appli et j’ai décidé d’utiliser le filtre hot en ne sachant pas qu’il me rendrait blanc. Sérieux les gars, c’est pas possible », tweete un internaute.

« FaceApp nous apprend que le blanc c’est beau. #racisme », s’indigne un tweetos.

« Pourquoi beau veut-il dire blanc ? », questionne un autre.

Lunettes et yeux bridés retirés

Mais le blanchiment de la peau n’est pas le seul « effet indésirable » constaté par les utilisateurs de ce filtre qui promet de rendre beau. Les porteurs de lunettes ont ainsi vu leur indispensable accessoire zappé de l’image sous l’effet de ce fameux filtre hot. La beauté ne porterait-elle pas de lunettes ?

« Pourquoi le filtre hot m’a-t-il dépossédé de mes lunettes ? », s’interroge un internaute.

Pour une autre, c’est carrément la triple peine. « FaceApp a retiré mes lunettes et changé mes yeux par des yeux de blanc », a tweeté une jeune femme, dont la peau a aussi été blanchie au passage.

« Des biais dans le programme »

Du côté de FaceApp, l’heure est au mea culpa. Interrogé par The Guardian, le créateur et PDG de FaceApp, Yaroslav Goncharov, s’est confondu en excuses après ces accusations de « whitewashing » raciste. Selon ses dires, cet effet est dû à un effet secondaire du réseau neuronal intégré à l’application, soit, en clair, à une sorte de bug de l’intelligence artificielle qui gère le programme, qui reproduirait ainsi les mêmes préjugés aux relents racistes que certains humains. « Nous sommes profondément désolés pour ce problème très sérieux. Il s’agit d’un regrettable effet secondaire du réseau neuronal sous-jacent, causé par des biais dans l’entraînement du programme, un comportement qui n’était pas prévu », s’est-il excusé.

« Nous travaillons également sur une solution complète, qui devrait arriver bientôt », a-t-il ajouté. Mais en attendant, le filtre litigieux n’a pas été supprimé, il a simplement été renommé étincelle (« spark »). Une idée pas forcément brillante.

En 2016, Snapchat avait de son côté retiré un filtre accusé de racisme à l’encontre des personnes asiatiques.

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