Une application pour dénoncer le racisme quotidien

SOCIETE La Licra présentera mardi une application pour smartphone permettant de dénoncer les tags et actes racistes ou antisémites…

Mickaël Bosredon

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Clothilde Chapuis, présidente de la Licra Bordeaux et Gironde
Clothilde Chapuis, présidente de la Licra Bordeaux et Gironde — S.ORTOLA/20MINUTES

Un outil numérique citoyen pour dénoncer les actes de racisme. C’est ainsi que les responsables de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) définissent la première application anti-racisme pour smartphone, qu’ils lancent ce mardi au ministère de l’Economie numérique. L’App’Licra permettra notamment de photographier des tags racistes ou antisémites, les transmettre directement à la Licra, qui avertira la mairie concernée pour qu’elle procède à son nettoyage dans les plus brefs délais.

«Nos villes, nos quartiers, sont pollués par les tags de ce genre, dénonce Alain Jakubowicz, président de la Licra. Il y a une banalisation de ces actes, mais à la Licra, nous considérons que c’est souvent le point de départ d’actes de violences plus graves. Il y a fort à parier que les responsables de la mort de Clément Méric, jeudi à Paris, avaient signé des tags au préalable dans la capitale.» Avec cet outil, «nous espérons mobiliser les citoyens et réveiller les consciences» clame Clothilde Chapuis, présidente de la Licra à Bordeaux, et responsable du digital au sein de l’association.

Etablir une carte des tags en France

L’App’Licra doit également servir à comptabiliser et localiser les tags. «Quand ils sont signalés, ils sont effacés, et les collectivités ne font pas la différence entre des écritures à caractère raciste ou pas, pointe Alain Jakubowivcz. Grâce à la géolocalisation, nous allons pouvoir éditer une véritable carte des tags en France, et fournir un rapport sur le sujet.» Une réflexion sera par la suite engagée avec les élus sur les quartiers les plus touchés. «Evidemment, cette application ne se limitera pas aux tags, poursuit Clothilde Chapuis. Un témoin, une victime d’acte raciste pourra s’en servir pour le dénoncer.»

La Licra montre ainsi qu’elle entend investir le terrain du numérique. «Nous avons une stratégie sur trois ans pour nous développer sur le web, car en face, les identitaires, les extrémistes, y sont très présents, et structurés ; il nous faut riposter» avance Clothilde Chapuis. «La montée du racisme et de l’antisémitisme en France est effroyable depuis deux ans, et cela se passe beaucoup sur le net» ajoute Alain Jakubowivcz.

L’application sera officiellement lancée ce mardi, par la ministre de l’Economie numérique Fleur Pellerin et le président de l’association des maires de France Jacques Pelissard (UMP).