«Juif pas juif»: scandale autour d'une application qui répertorie les célébrités juives

MEDIAS SOS Racisme annonce une plainte...

Charlotte Pudlowski

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Capture d'écran de la présentation de l'application «juif pas juif»
Capture d'écran de la présentation de l'application «juif pas juif» — DR.

«Je ne vois vraiment pas le problème. C’est négatif d’être juif?» Johann Lévy, ingénieur en recherche et développement web âgé de 35 ans, juif, créé la polémique ce mardi sur le Web, avec son application «Juif pas juif». «Marylin Monroe, est-ce qu'elle était vraiment juive? Et Dany Boon? À partir d'aujourd'hui, cette réponse est dans votre iPhone grâce à l'Appli "Juif ou pas Juif ?"» écrit Johann Lévy dans la présentation, sur ITunes. «Le but de cette App est uniquement de distraire, ajoute-t-il. N'y voyez en rien une démonstration quelconque de la supériorité ou (encore moins) de la dominance [sic] d'un groupe ethnique sur un autre.»

Plainte pour constitution de fichier à caractère ethnique

SOS Racisme y aurait plutôt vu l’inverse: la volonté de ficher, et annonce porter plainte dans un communiqué. «Cette application est hors la loi, précise l’association à 20Minutes. Ce genre de dérive est inexcusable et c’est pour cela que nous allons porter plainte auprès de l’éditeur pour constitution de fichier à caractère ethnique».

Johann Lévy, qui n’était pas au courant de la plainte, se dit tout prêt à retirer l’application. «Je n’irai certainement pas à l’encontre de la loi. Mais je ne comprends pas ce débat. C’est très franco-français. Moi je suis fier d’être juif, je ne vois pas le problème dans le fait de dire qui l’est ou non».

De son côté, contacté par 20Minutes, Apple n’a pas souhaité commenter pour l’instant. «Nous exigeons  que l’application soit retirée de l’Applestore tout de suite et sans délai», intervient pourtant SOS Racisme. «Autrement, nous étudierons la possibilité de poursuivre Apple pour complicité ».

L’éditeur encourrait jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 300.000 euros d’amende selon la loi du 6 août 2004. «Le fait, hors les cas prévus par la loi, de mettre ou de conserver en mémoire informatisée, sans le consentement exprès de l'intéressé, des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou les appartenances syndicales des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à l'orientation sexuelle de celles-ci, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende.»