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À quoi ressemble un stage chez Nina Métayer, meilleure pâtissière du monde ?

Ça fait quoi d’être la stagiaire de Nina Métayer, meilleure pâtissière du monde ?

reportageSacrée deux années de suite pour son excellence sucrée, Nina Métayer accueille Christine, 21 ans, lauréate d’un concours réservé aux jeunes accompagnés par les Apprentis d’Auteuil
Youssef Zein

Youssef Zein

Entourée par une dizaine de journalistes dès quatre heures du matin, Christine, 21 ans, débute son stage de façon bien particulière. Toute cette agitation de bon matin ne risque pas de perturber cette apprentie pâtissière qui « vit, mange et dort pâtisserie », selon les mots de Laurent Martin, son responsable dans son centre de formation du Loire-Atlantique, rattaché aux Apprentis d’Auteuil.

Il faut dire qu’aujourd’hui, sa place dans le laboratoire de Nina Métayer n’est pas le fruit du hasard. Christine n’est pas entrée sur lettre de motivation : c’est son Paris-Brest et ses madeleines qui ont convaincu la « meilleure pâtissière du monde » de lui ouvrir les portes de son savoir. Pour la jeune pâtissière, c’est « un rêve qui se réalise », déclare-t-elle devant la chambre froide, après avoir finalisé les pavlovas et fraisiers de la journée.

Première femme à être honorée du titre de « Pâtissière mondiale » en 2023, élue meilleure cheffe pâtissière du monde l’année suivante, Nina Métayer reçoit pour la deuxième fois un stagiaire issu des Apprentis d’Auteuil. Marraine de la fondation, Nina Métayer a lancé un concours de pâtisserie avec à la clé : une semaine d’immersion parmi ses équipes.

« On peut atteindre l’excellence »

Avant l’aube, le laboratoire d’Issy-les-Moulineaux tourne déjà à plein régime. Dernière arrivée de la brigade, Christine est pourtant déjà aux fourneaux. Dans l’air climatisé de l’atelier, elle enchaîne les préparations de sucreries a un rythme soutenu, sous l’œil attentif de la maîtresse des lieux. Tant sur le pochage, que sur l’agencement des pavlovas, ou encore la position des fraises sur le fraisier, Nina Métayer livre toutes ses astuces avec attention, sans perdre de vue le reste de ses équipes. Une proximité qui détonne avec l’image que Christine se faisait de son nouveau mentor : « Elle est très solaire et bienveillante. Je ne m’attendais pas à ce que Nina soit aussi posée », confie la stagiaire.

La disposition des fruits sur les pavlovas doit être méticuleuse.
La disposition des fruits sur les pavlovas doit être méticuleuse. - Youssef Zein

Cette transmission des savoirs témoigne d’un changement des mentalités dans sa discipline : « Le savoir en pâtisserie se partage beaucoup plus qu’avant. Il y a encore quelques années, les chefs gardaient vraiment le secret des recettes et laissaient beaucoup de distance avec leurs équipes ». Un état d’esprit qui séduit l’apprentie, désireuse de progresser : « J’aimerais développer mon aisance dans les gestes, mais aussi et surtout mon sens de la communication », ingrédient indispensable en cuisine.

L’excellence, « peu importe d’où l’on vient »

La cheffe, « très fière » d’accueillir Christine dans ses locaux et de soutenir bénévolement les Apprentis d’Auteuil, souhaite que ce dispositif montre que « peu importe d’où l’on vient, on peut atteindre l’excellence à force de minutie et de travail ». Depuis sa fondation à la fin du XIXe siècle, la fondation agit pour l’insertion professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi.

D’ailleurs, Christine se verrait bien « travailler chez Nina » à l’avenir, avant d’avoir, elle l’espère, son « propre établissement ». Peut-être qu’un jour, ce sera à son tour d’initier de jeunes passionnés, entre deux pochages de fraisiers.