Éducateur de la protection judiciaire, un acteur clé pour les jeunes en réinsertion
métier•Acteur indispensable du système pénal, l’éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse a un rôle fondamental à jouer auprès des jeunes délinquants ou en dangerM.K pour 20 Minutes
L’adolescence n’est pas toujours un long fleuve tranquille… Certains jeunes connaissent très tôt le chemin des tribunaux et les déboires judiciaires. Qu’ils soient condamnés pour violences, vols ou trafic de stupéfiants, les mineurs sont présentés devant le juge des enfants avant d’être incarcérés ou placés dans une autre institution. À ce moment-là, le rôle de l’éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) est déterminant. Il intervient en effet auprès des jeunes délinquants ou des enfants en danger afin de les aider à se reconstruire et à envisager un avenir plus radieux que celui d’une cellule de prison. Zoom sur ce métier passionnant qui conjugue écoute, soutien et fermeté.
Des milliers d'offres d'emplois en un clicBien encadrer pour lutter contre la récidive
En France, environ 220.000 jeunes sont considérés comme délinquants selon le ministère de l’Intérieur. C’est peu, comparé aux 6,5 millions de mineurs âgés de 10 à 17 ans. Néanmoins, ces ados en difficulté doivent être soutenus et suivis pour éviter une quelconque récidive. C’est le rôle de l’éducateur de la PJJ, qui est un travailleur social intervenant à la demande du juge des enfants.
Sa mission ? Apporter une aide éducative et favoriser la réinsertion du mineur concerné, qu’il soit en prison, en foyer ou même au sein du cercle familial. Les rencontres se déroulent régulièrement, en présence ou non des parents, et dans le cadre de la vie quotidienne de l’enfant. L’éducateur suit également de près sa scolarité et son avenir professionnel, dans l’objectif évidemment de lutter contre une éventuelle récidive. Sur le terrain, il met aussi en œuvre les mesures, les sanctions éducatives ou les peines prononcées. En parallèle, il endosse encore un rôle de prévention en intervenant dans les établissements scolaires ou les associations afin de venir en aide aux ados en voie de marginalisation.
Les fonctions hétéroclites de l’éducateur de la PJJ sont toujours organisées autour d’une équipe pluridisciplinaire, mêlant assistantes sociales, psychologues, infirmiers et formateurs.
Comment se lancer ?
Les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse sont recrutés sur concours, organisé par le ministère de la Justice. Il existe deux types de voies d’accès. D’abord, le concours externe, sans condition d’âge, qui est accessible après un diplôme de niveau bac + 3. Ensuite, le concours interne, adressé aux fonctionnaires ayant 3 ans d’ancienneté, et le concours troisième voie, destiné aux candidats qui peuvent justifier de 5 ans d’exercice dans le domaine éducatif, social, sportif ou culturel. La formation dure 18 mois pour les éducateurs issus des concours externe et interne et 1 an pour ceux qui ont passé le concours troisième voie. Celle-ci est rémunérée et se déroule à Roubaix, au sein de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.
Une fois en poste, l’éducateur de la PJJ pourra prétendre à un salaire d’environ 2.000 à 2.400 € net par mois, auquel s’ajoutent les primes de nuit, du dimanche et des jours fériés. L’évolution salariale peut atteindre les 3.500 € en fin de carrière. Les éducateurs peuvent également progresser vers des postes de niveau supérieur en accédant par promotion interne au corps des chefs de service éducatifs (CSE) ou vers des fonctions d’encadrements telles que celle de responsable d’unité éducative (RUE).


















