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Que vont devenir les agents de sécurité formés et recrutés pour les JO ?

Que vont devenir tous les agents de sécurité formés et recrutés pour les JO ?

et après ?Opération réorientation. La région Ile-de-France a annoncé une plateforme de recrutement pour faire rebondir les agents garants de la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques. Elle devrait être en ligne à la mi-juin
Youssef Zein

Youssef Zein

L'essentiel

  • Depuis janvier, l’urgence de recruter des agents de sécurité pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 est soulevée. La région Ile-de-France a lancé une grande vague de formation et de recrutement depuis.
  • Les métiers de la sécurité manquent d’attractivité à cause des conditions de travail difficiles et de faibles salaires.
  • Une plateforme de recrutement en ligne devrait voir le jour mi-juin pour permettre à ces travailleurs de trouver un travail en lien avec leurs compétences apprises après Paris 2024.

A cent jours des Jeux olympiques, suivis des paralympiques, la région Île-de-France est sur le sprint final pour encadrer la fête. Au début de l’année, elle a lancé une grande campagne de recrutement et affiche pour objectif 20.000 places de formation. Pour l’heure, 15.000 ont été déployées et pourvues. L’objectif du programme est de former un grand nombre de Franciliens à des compétences de sécurité privée et d’encadrement de foule.

Face à ce défi de taille, les pouvoirs publics ont mis les bouchées doubles pour rendre leur offre séduisante : une prime de 2.000 euros, accordée aux apprenants certifiés en sécurité (sous conditions) depuis la dernière Coupe du monde de rugby 2023. De plus, la région Île-de-France, en partenariat avec France Travail (ex-Pôle emploi), tient à s’assurer que les personnes mobilisées pour l’occasion bénéficient d’un accompagnement pour la remise en emploi.

Un souhait notamment porté par sa présidente, Valérie Pécresse : « Nous avons défini des passerelles entre les métiers. Par exemple, il a fallu imaginer le parcours complémentaire qui pourrait être proposé à un agent de sécurité pour qu’il devienne agent de sécurité incendie dans les bâtiments, policier municipal, surveillant pénitentiaire ou bien encore agent de sûreté aéroportuaire, un métier très recherché. » Pour ne laisser personne sur le banc de touche, une plateforme de recrutement devrait voir le jour à la mi-juin. Point important à souligner : en plus des agents de sécurité fraîchement formés pour assurer la bonne tenue de Paris 2024, sont également concernés les salariés du secteur qui souhaiteraient changer de cap professionnel ainsi que les bénévoles.

Une plateforme pour une intégration professionnelle après les Jeux

Si son nom ou sa date d’arrivée restent à déterminer, un site de recrutement en ligne permettrait aux travailleurs des JO, quels qu’ils soient, de trouver un travail en lien avec leurs compétences apprises et mobilisées pour l’événement. La collectivité assure avoir préparé le terrain en amont : « On a réussi à convaincre une vingtaine d’entreprises, dont certaines du CAC40 telles que Sodexo ou la Société Générale, de rejoindre cette initiative et de mettre des offres d’emploi de façon concomitante aux Jeux, à leur fin, et on ne compte pas s’arrêter là », nous précise-t-on à la région Îl-de-France.

Les travailleurs en sécurité devraient donc pouvoir trouver des débouchés dans le privé, mais aussi dans le public. Comme le suggérait la déclaration de l’ex-candidate à la présidentielle 2022, les travailleurs dans la sécurité pourront notamment bénéficier d’un accompagnement et d’une préparation au concours de police.

Un marché en tension

Bernard Thibault, membre du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 et ancien secrétaire général de la CGT, soulignait en janvier l’urgence de recruter des agents en vue de l’événement quadriennal au micro de France Info. Mais ce problème touche tout l’Hexagone, et la région Bretagne a emboîté le pas en décembre 2023 en lançant elle aussi un important dispositif de recrutement d’agents de sécurité.

Pour les équipes de Valérie Pécresse, cette tension s’explique par plusieurs facteurs : « Le secteur manque d’attractivité car les horaires sont très difficiles. Les conventions collectives peuvent indiquer jusqu’à 12 heures de travail par jour. Et même si la branche sécuritaire a fait un gros effort sur les salaires, ils restent souvent bas et proches du smic. » JO ou pas, le virement reçu à la fin du mois ne devrait pas sortir de ces standards pour les gardiens des olympiades. La région annonce un salaire de 1.850 euros brut par mois en moyenne pour les agents de sécurité des Jeux. Néanmoins, les objectifs de formation pour avril sont atteints si l'on en croit la région. Il n’en reste « plus que » 5.000. Mais tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, l’histoire nous rappelle cruellement que tout peut arriver.