Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Pourquoi on galère à trouver des maillots de bain à notre taille ?
Mouiller le maillot

Moche, mal taillé… Pourquoi on galère à trouver des maillots de bain à notre taille ?

Chaque année, c’est la même rengaine. On se rue dans les magasins ou sur Internet pour trouver son maillot de bain. Mais très souvent, c’est la déception. Pas assez adapté aux petites ou grosses poitrines, mal coupé ou qui boudine…
Fiona Bonassin

Fiona Bonassin

L'essentiel

  • Les maillots de bain sont difficiles à trouver pour les femmes qui ne portent pas de taille M, alors qu’une femme sur deux s’habille entre la taille 40 et 44, une sur trois en 46 ou plus.
  • Face à ce marché, deux stratégies émergent : Decathlon a choisi d’agrandir sa gamme sans créer de collection spécifique pour ne pas « stigmatiser les grandes tailles » tandis que des marques spécialisées comme Sans Complexe développent leur expertise.
  • Désormais il faut aussi compter avec les créateurs de contenus qui proposent leurs propres produits vendus comme plus inclusifs.
  • Cet été, retrouvez notre série « Mouiller le maillot » où l’on ne parlera ni de foot, ni de Coupe du Monde, mais du maillot de bain sous toutes ses coutures.

Les morphologies sont infinies : poitrines généreuses avec dos fin, hanches larges et taille marquée, ventre proéminent, fesses rondes, épaules larges, jambes longues ou courtes… Pourtant, la plupart des marques de maillots de bain ont encore du mal à prendre en compte la variété des corps de leurs clientes.

Mais pourquoi est-il si difficile de trouver un produit à sa taille quand on s’éloigne du M ? Sachant qu’aujourd’hui, selon l’union française des industries mode et habillement, une femme sur deux s’habille entre la taille 40 et 44, une sur trois en 46 ou plus. Seulement 20 % des Françaises s’habillent en 38 ou moins. Le marché doit donc s’adapter rapidement et ça, des marques et des créatrices de contenu l’ont bien compris.

Agrandir sa gamme ou créer ?

La diversité des corps on aimerait la voir autant dans les magasins que dans la rue. Problème, la plupart des marques continuent de produire sur des gabarits datant des années 1990-2000 : taille fine, hanches étroites, poitrine proportionnée. Or, les corps réels sont bien plus divers et ont changé. Près de 60 à 70 % des femmes se situent entre du 42 et du 48 en France, mais l’offre reste très concentrée sur les tailles 36-40. Résultat : soit il n’y a plus rien en magasin, soit le maillot plus inclusif est simplement une version agrandie du modèle standard sans réadapter les proportions et le confort. Les marques vont avoir le choix entre deux stratégies : créer des produits adaptés à toutes les morphologies ou proposer plus de tailles pour des modèles déjà confortables.

Le géant du sport Decathlon a fait le choix d’agrandir sa gamme mais sans en créer une spécifiquement pour les tailles plus grandes comme l’explique Aurore Langlois, experte sur la gamme Heath & Sports Accessories : « ce n’était pas envisageable de dire à une femme qui vient chez nous qu’elle ne pouvait pas acheter de maillot parce qu’elle ne trouve pas sa taille. Et nous, on se refusait aussi d’avoir des collections spécifiques grande taille, par exemple. Le maillot que tu achètes en 36 ou en 38, tu l’as aussi en 48 ou tu l’as aussi en 52. On voulait qu’un maillot que tu aimes en 36, tu puisses aussi le trouver en plus grande taille. » Des marques spécialisées ont donc la voie libre pour développer leurs gammes, c’est le cas de la marque Sans Complexe qui depuis trente ans permet aux femmes avec des formes de trouver leur bonheur. « La marque est spécialisée sur la partie lingerie, explique Cléa Munoz directrice marketing de Sans Complexe. Nos clientes nous ont demandé de mettre notre expertise pour les produits bains. Et à date, nos maillots de bain vont du bonnet B au bonnet G. C’est une offre qu’on travaille parce que c’est encore d’autres matières, d’autres contraintes et une autre approche du produit » juge la spécialiste.

Un nouvel acteur : les créateurs de contenu

Mais des nouveaux acteurs de la mode sont arrivés là où les marques classiques n’osaient pas par manque de technique et de moyens. Plusieurs créatrices de contenu ont fait le choix de créer leur propre marque inclusive. Justinaccessible a créé justeunmaillot, si elle n’a pas souhaité répondre à nos questions, les consommatrices oui. Avec ses produits allant du bonnet A au bonnet M et des culottes jusqu’au XXL, la jeune femme a rapidement convaincu celles qui avaient toujours eu du mal à trouver leur bonheur en magasin. « C’est quand même fou qu’une toute nouvelle marque propose autant de tailles, c’est beau », s’extasie Cassandra qui a commandé un modèle jaune. Coline aussi a fait confiance à Justine pour trouver enfin son bonheur et elle n’est pas déçue : « la bande sous la poitrine est très large et les bretelles sont réglables. Pour une fois, je n’ai pas peur d’en perdre un bout ou de finir les seins à l’air en sautant dans la piscine. » Le gros plus de ses créations est que les consommatrices peuvent choisir la taille de son maillot en fonction de son tour de dos et de son tour de poitrine et ainsi, adapter la couvrance souhaitée.

Mais pourquoi en 2026 les marques grand public rechignent-elles à créer des collections avec plus de tailles ou d’autres gammes ? Pour Cléa Munoz, le grand souci vient du savoir-faire très spécifique que demandent des maillots de bain plus inclusifs. « Il faut vraiment prendre le temps de penser chaque élément. L’assemble est très important entre le textile, les bretelles, le système d’agrafage. Chaque millimètre est important, martèle l’experte qui ajoute qu’au-delà de ça, pour des marques ou pour des industriels, c’est un vrai engagement de faire plusieurs tailles car ça demande un engagement en matière de moyens. » Des moyens qui pourtant pourraient rapidement être rentabilisés en convainquant les millions de Françaises qui galèrent à trouver LE maillot dans lequel elles seront à l’aise cet été.