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VOTRE VIE VOTRE AVISRéactions à l'arrêt de la fast fashion d'occasion par Vestiaire Collective

Vestiaire Collective arrête la vente de vêtements de fast fashion de seconde main, nos lecteurs mitigés

VOTRE VIE VOTRE AVISLe site de revente de mode de luxe a définitivement tourné le dos à la Fast Fashion en interdisant la vente et l’achat de 30 marques considérées comme néfastes pour l’environnement
Mandatory Credit: Photo by Muntaka Chasant/Shutterstock (13047839aa)
Discarded secondhand clothes cover the beach in the coastal fishing community of Jamestown in Accra, the capital of Ghana.
Mandatory Credit: Photo by Muntaka Chasant/Shutterstock (13047839aa) Discarded secondhand clothes cover the beach in the coastal fishing community of Jamestown in Accra, the capital of Ghana. - Muntaka Chasant / Shutterstock/SIPA
Léa Zacsongo-Joseph

Léa Zacsongo-Joseph

L'essentiel

  • 30 marques de fast fashion ont été bannies de la revente sur le site de Vestiaire Collective.
  • Vestiaire Collective a sollicité neuf experts en mode durable pour définir de manière précise les marques de fast fashion.
  • 92 millions de tonnes de déchets textiles sont produits chaque année.

Zara, H & M, Gap, Uniqlo, Mango, Urban Outfitters… Toutes ces marques font désormais partie des 30 marques de fast fashions bannies de la revente sur le site de Vestiaire Collective. La première plateforme mondiale de revente de mode de luxe a annoncé, le 16 novembre, dans un communiqué de presse, sa nouvelle initiative visant à lutter contre la fast fashion. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’engagement du site pour une économie circulaire, annoncé en 2022, soulignant la volonté de sensibiliser davantage ses clients à travers une consommation éthique. Ce vendredi 24 novembre, une autre campagne intitulée « Think First, Buy Second » (« Réfléchis d’abord et achète ensuite »), qui vise à transformer le Black Friday en « Better Friday » a également été lancé par le site afin de sensibiliser ses consommateurs.

Qui a été banni du Vestiaire collectif ?

Vestiaire Collective a sollicité neuf experts en mode durable pour définir de manière précise les marques de fast fashion qu’il souhaite bannir. Orsola de Castro de Fashion Revolution, Rachel Cernansky de Vogue Business, Christina Dean de Redress, Eva Kruse de Pangaia, et Liz Ricketts de The Or Foundation, ainsi que des figures clés de « Seconde Main ou Rien » telles que Lauren Singer, François Souchet, Lucianne Tonti et Matteo Ward, ont apporté leurs connaissances afin de définir les marques non éthiques. Cinq critères ont émergé : les bas prix, le taux de renouvellement élevé, la largeur de la gamme de produits, la rapidité de mise sur le marché et les promotions récurrentes des marques. Ces éléments ont conduit à l’établissement d’une liste de 30 marques de fast fashion qui ont été bannies du site.

Les marques exclues comprennent Abercrombie & Fitch, American Apparel, Asos, Atmosphère, Benetton, Bershka, Boohoo, Burton, Calzedonia, Christopher Kane for Topshop, Cider, Coast, Debenhams, Desigual, Disney, Dorothy Perkins, Fashion Nova, Forever 21, Gap, H & M, Hollister, Intimissimi, Jennyfer, Karen Millen, Kate Moss for Topshop, Mango, Marques’Almeida for Topshop, Mary Katrantzou for Topshop, Miss Selfridge, Missguided, Misspap, Monki, NA-KD, Nasty Gal, New Look, Oasis, Old Navy, Only, OVS, Oysho, Piazza Italia, PrettyLittleThing, Primark, Pull & Bear, Reserved, Shein, Stradivarius, Tally Weijl, Tezenis, Tom Tailor, Topman, Topshop, Topshop Unique, Topshop Boutique, Topshop x J.W. Anderson, U.S. Polo Assn., Uniqlo, Urban Outfitters, Vero Moda, Wallis, Warehouse, Weekday et Zara.

Face aux 92 millions de tonnes de déchets textiles produits chaque année, Vestiaire Collective reconnaît que l’interdiction seule de ses marques ne suffit pas. Alors, la plateforme a lancé un parcours éducatif pour ses acheteurs et vendeurs afin de sensibiliser à des pratiques alternatives, encourageant une réflexion critique sur les habitudes de consommation.

Une initiative appréciée ou détestée de leur client

Les réactions des clients face à une récente décision de la plateforme de seconde main, sont mitigées. Certains saluent l’initiative, tandis que d’autres expriment des réserves.

Prune, participante à un sondage de 20 Minutes souligne les contraintes financières qu’implique ce genre de décision : « Je n’ai pas les moyens d’être éthique, même si je le voulais. Je cherche des produits à 2 ou 3 €, les frais de port pesant déjà lourd dans la balance. Quant à l’argument "la qualité résiste au temps"… Mon fils change de taille au moins une fois par an, il n’a même pas le temps de les user ! Pour moi, il faut avoir les moyens pour avoir ce genre de réflexions », confie-t-elle à 20 Minutes.

Pourtant, certains voient d’un bon œil cette nouvelle orientation comme Charles-Aymeric, client régulier du Vestiaire Collective « Je pense qu’il s’agit d’une bonne idée. J’utilise les applications de seconde main comme Vestiaire Collective pour acheter des vêtements issus de collections spécifiques, dans un but de collection et de conservation. Les vêtements qui proviennent de la fast fashion encombrent un peu le catalogue et compliquent la recherche. Sur les plateformes de seconde main, les vêtements issus de la fast fashion paraissent déjà assez usés. Peut-être que l’interdiction de revendre les vêtements de fast fashion permettra de réguler l’achat de ce genre de vêtements. »

Malgré ces opinions divergentes, Vestiaire Collective reste engagé dans sa démarche écologique. La plateforme souhaite encourager ses vendeurs à adopter des pratiques durables telles que l’upcycling, l’échange, le don, et le recyclage de leurs vêtements issus de la fast fashion, plutôt que de les revendre. Une étape de plus dans la lutte pour une mode plus respectueuse de l’environnement.

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