Dora Christian
L'essentiel
- Le café est une boisson saine avec des bénéfices santé démontrés (antioxydants, effets cognitifs) tant qu’il est consommé raisonnablement (pas plus de 400 mg de caféine par jour).
- Le café décaféiné est recommandé pour les gros consommateurs à partir de 13h-14h car « avoir trop de caféine en circulation dans l’organisme au moment du coucher peut raccourcir certaines phases du sommeil qui sont notamment des phases liées à la récupération », explique la diététicienne Violette Babocsay.
- Les substituts de café (champignons adaptogènes, plantes naturelles) ont « énormément de promesses marketing qui ne sont pas fondées scientifiquement », prévient la diététicienne. Toutefois, ils peuvent convenir aux personnes sensibles à la caféine, souffrant de troubles digestifs comme le syndrome de l’intestin irritable, ou simplement celles qui n’aiment pas le café.
Champignons adaptogènes, plantes naturelles… Pour différentes raisons, on peut décider de se tourner vers des substituts de café. Loin d’être des solutions inintéressantes, ces alternatives remplacent parfois le café pour de mauvaises raisons. À 20 Minutes, la diététicienne Violette Babocsay, auteure du livre Le grand guide de la nutrition et de la perte de poids, explique dans quels cas il peut être judicieux de se tourner vers des substituts de café… ou pas.
Le café, une boisson pleine de bienfaits
On entend beaucoup parler des alternatives au café, et pas toujours pour les bonnes raisons. « Le problème de ces marques qui créent des substituts au café, c’est qu’elles axent beaucoup leur marketing sur la critique du café, qui reste une boisson saine avec des bénéfices santé démontrés quand on la consomme correctement », déplore la diététicienne Violette Babocsay. Elle dément d’ailleurs le fait que le café augmente le cortisol ou qu’il donnerait des problèmes.
Certes, comme beaucoup d’autres aliments consommés en excès, le café peut conduire à des effets indésirables. La professionnelle cite par exemple des risques d’anxiété, de troubles du sommeil, de palpitations, des problèmes cardiaques, d’irritabilité, nervosité, etc. Symptômes qui concernent majoritairement « les gens qui abusent du café ou des boissons énergisantes toute la journée », souligne-t-elle.
Selon la professionnelle de santé, « il n’y a aucun intérêt à arrêter le café si vous en consommez de manière raisonnable », c’est-à-dire pas plus de 400 mg de caféine par jour pour un adulte. Autrement, vous vous priveriez de tous les bénéfices liés à la plante : notamment au niveau cognitif, ou des antioxydants protecteurs pour le cœur.
Dans quel cas faut-il passer sur des alternatives au café ?
Le décaféiné, pour les gros consommateurs de café
Le café décaféiné peut être l’alternative idéale pour les personnes qui consomment beaucoup de café tout au long de la journée. En effet, il permet de garder une grande partie des bénéfices santé du café, mais sans la caféine. « Switcher à partir de 13h-14h sur du décaféiné peut vraiment améliorer les problèmes de sommeil », explique la diététicienne, rappelant qu’avoir trop de caféine en circulation dans l’organisme au moment du coucher peut raccourcir certaines phases du sommeil liées à la phase de récupération.
Tout le monde n’a pas la même façon de métaboliser la caféine. Mais en moyenne, « il faudrait arrêter de consommer de la caféine autour de 13 à 14 heures max, que ce soit sous forme de café ou de boissons énergisantes encore plus chargées », prévient la diététicienne. Pour cause, certaines boissons énergisantes montent jusqu’à 200 mg, contre 80 mg pour un café. Dans ce cas-là, « il faudrait arrêter encore plus tôt dans la journée », insiste-t-elle.
Les substituts de café, pour les intolérants
« Les substituts de café sont des produits qui ont énormément de promesses marketing qui ne sont pas fondées scientifiquement », avertit Violette Babocsay. « On parle de concentration, d’immunité, de plein de choses comme ça avec ces champignons adaptogènes. En réalité, quand on regarde les études scientifiques qui ont été menées, on n’a à ce jour vraiment rien qui permet de soutenir ce type d’allégation. Donc pour l’instant, le marketing va beaucoup plus loin que ce que la science permet d’affirmer », poursuit-elle.
Toutefois, ces substituts peuvent convenir si on est sensible à la caféine ou qu’on a des troubles digestifs, car le café stimule le côlon. Par exemple, « le café peut déclencher ou aggraver les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (SII) chez certaines personnes », affirme la diététicienne. Et selon une étude fançaise menée par le laboratoire Symbiosys, « le SII touche 11 % de la population mondiale ». Dans ce cas, les substituts peuvent s’avérer être une alternative intéressante pour retrouver le côté réconfortant de cette boisson ou son odeur, si on y a été attaché.