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Vos feuilles mortes valent mieux qu’un sac poubelle
Le râteau peut attendre

Feuilles mortes : pourquoi vous devriez (peut-être) les laisser dans votre jardin

Abri pour les hérissons, nourriture pour le sol, paillage gratuit : les feuilles mortes ont bien des vertus. À condition de savoir où les laisser, et où les retirer
20 Minutes avec agences

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L'essentiel

  • Les feuilles mortes ne sont pas des déchets : elles nourrissent le sol et abritent toute une petite faune, du lombric au hérisson.
  • Il suffit de les retirer des allées et des coins de vie, au râteau plutôt qu’au souffleur, puis de les réutiliser en paillage, en tas ou au compost.
  • Les brûler est interdit, qu’elles soient sèches ou humides, et peut coûter 750 € d’amende.

Chaque automne, c’est le même rituel : râteau, souffleur, sacs à remplir. Et si on en faisait un peu moins ? Pour la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), les feuilles mortes ne sont pas des déchets. Elles forment la litière, indispensable à la santé du sol.

Leur chute n’a rien d’un hasard. Avec le froid et des jours plus courts, les arbres à feuilles caduques se préparent à l’hiver. La chlorophylle se dégrade et laisse apparaître d’autres pigments, jaunes, orange ou rouges. Puis la feuille se détache. Commence alors sa seconde vie, au sol.

Un sol vivant sous le tapis de feuilles

Riches en cellulose et en lignine, les feuilles se décomposent peu à peu. La litière se forme alors en trois couches : les feuilles visibles en surface, une couche de fermentation, puis l’humus. Cette terre sombre est riche en nutriments.

L’enjeu est de taille. Les 15 premiers centimètres du sol abritent environ 90 % de la vie souterraine, rappelle la LPO. Les champignons en profitent aussi : 70 % d’entre eux poussent en automne, quand il fait doux et humide.

Un abri pour toute une petite faune

Sous les feuilles, c’est un vrai immeuble collectif. On y croise des lombrics, des cloportes, des mille-pattes, des araignées, des acariens ou des collemboles. Des insectes comme les bourdons, les mouches ou le bousier y trouvent aussi refuge, tout comme les escargots et les limaces.

Les plus gros locataires ne sont pas en reste. La grenouille agile, la salamandre tachetée et les tritons, pendant leur phase terrestre, profitent de cet abri. Un tas de feuilles dans un coin du jardin peut aussi accueillir le hérisson d’Europe, l’orvet fragile ou le crapaud commun.

Le « peut-être » : où les retirer

Laisser les feuilles ne veut pas dire tout laisser partout. La LPO conseille de les retirer uniquement des allées et des espaces d’activité : autour de la table de jardin, du banc ou du fil à linge. Ailleurs, elles peuvent rester en place.

Pour ce ménage ciblé, quelques règles :

• Préférer le râteau au souffleur électrique, bruyant et énergivore, surtout sur les petites surfaces.

• Ne pas passer la tondeuse sur les feuilles : le broyage détruit les œufs, les larves et les insectes adultes en dormance.

Que faire des feuilles ramassées ?

Inutile de les mettre en sacs. Les feuilles retirées des allées peuvent servir ailleurs dans le jardin :

• En paillage, au pied des arbustes, des massifs et des plates-bandes. Elles conservent l’humidité du sol et le nourrissent en se décomposant.

• En tas, dans un coin tranquille, pour offrir un abri à la petite faune.

• Au compost, en partie.

La LPO met aussi en avant l’impact des sacs : le plastique pollue, le transport par camion émet du carbone, et les incinérateurs comme les décharges sont déjà saturés. Si vous manquez vraiment de place, la déchetterie ou la collecte des déchets verts de votre commune restent possibles.

Surtout, ne les brûlez pas

Une chose est sûre : le feu n’est pas une option. Brûler ses déchets verts chez soi est interdit, rappelle Service-public.fr. Cela vaut pour les feuilles mortes, sèches comme humides, à l’air libre comme dans un incinérateur de jardin. En cause : le brûlage dégage des substances toxiques, notamment des particules fines.

La sanction peut coûter cher : 750 € d’amende. Seules quelques exceptions existent. Une commune sans déchetterie ni collecte des déchets verts peut prévoir des dérogations. Le préfet peut aussi en accorder une, à titre exceptionnel, pour lutter contre une maladie des végétaux ou éliminer des espèces envahissantes.

Les feuilles ont donc tout intérêt à rester au jardin. Le mouvement a même son mot-dièse, #LeaveTheLeaves (« laissez les feuilles »), qui fait campagne au Canada, en Angleterre et aux États-Unis.