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Jardin : 10 erreurs à ne surtout pas faire en automne
Faux pas

Jardin : 10 erreurs à ne surtout pas faire en automne

L’automne est une saison clé au jardin, mais certains gestes pourtant courants peuvent faire plus de mal que de bien avant les premiers froids
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • L’automne demande quelques ajustements pour protéger le jardin avant l’hiver.
  • Taille, arrosage, paillage ou plantations peuvent vite devenir contre-productifs lorsqu’ils sont mal adaptés à la saison.
  • En évitant ces erreurs, plantes, sol et pelouse traversent mieux les mois froids et repartent plus facilement au printemps.

L’automne donne souvent envie de remettre le jardin au propre avant l’hiver. Pourtant, certaines habitudes bien intentionnées peuvent fragiliser les plantes, appauvrir le sol ou compromettre la reprise au printemps. Entre taille, feuilles mortes, pelouse, plantations et protection contre le froid, quelques gestes mal placés suffisent parfois à déséquilibrer tout un espace extérieur. Mieux vaut donc profiter de cette saison pour accompagner le jardin plutôt que de chercher à tout contrôler.

Tailler trop sévèrement les plantes

Rabattre systématiquement arbres, arbustes et vivaces dès que les températures baissent n’est pas toujours une bonne idée. Une taille trop importante peut stimuler de nouvelles pousses qui n’auront pas le temps de s’endurcir avant les premières gelées. Certaines espèces supportent également mal d’être taillées à cette période, notamment lorsque leurs bourgeons floraux sont déjà en place pour la saison suivante.

Les tiges sèches et les fleurs fanées ne sont d’ailleurs pas toutes à supprimer immédiatement. Chez les hortensias, les sédums ou certaines vivaces, elles participent à la protection de la plante pendant l’hiver et peuvent également servir de refuge à de petits insectes. En automne, mieux vaut donc intervenir avec parcimonie et réserver les tailles plus importantes au moment réellement adapté à chaque végétal.

Jeter toutes les feuilles mortes

Un jardin couvert de feuilles peut donner une impression de désordre, ce qui pousse souvent à tout ramasser et à tout jeter. Pourtant, ces feuilles représentent une matière organique particulièrement utile : en se décomposant, elles nourrissent le sol, participent à la formation de l’humus et peuvent contribuer à protéger la terre contre le froid.

Le bon réflexe consiste plutôt à les déplacer intelligemment. Elles peuvent être utilisées en paillage dans les massifs, déposées au pied des haies et des arbustes ou intégrées au compost. En revanche, mieux vaut éviter de laisser une couche épaisse s’accumuler sur la pelouse, car elle peut priver l’herbe de lumière et d’air et favoriser son dépérissement.

Laisser la terre complètement nue

Après les dernières récoltes ou le retrait des plantes annuelles, certains jardiniers préfèrent laisser la terre parfaitement propre. Pourtant, un sol totalement découvert est plus exposé au vent, aux fortes pluies, au ruissellement et au tassement. Au fil des semaines, sa structure peut se dégrader et l’eau pénétrer moins facilement.

Une couverture végétale ou organique permet au contraire de préserver davantage l’équilibre du sol. Feuilles mortes, broyat de branches, compost ou autres matières végétales peuvent constituer un paillage protecteur. Cette couche limite également le développement des mauvaises herbes, maintient plus longtemps l’humidité et fournit progressivement de la matière organique à la terre.

Arroser comme en plein été

Avec des températures plus fraîches, une évaporation moins forte et des pluies généralement plus fréquentes, les besoins en eau diminuent sensiblement à l’automne. Continuer à arroser avec le même rythme qu’en été risque donc de maintenir la terre constamment détrempée. Or, un excès d’humidité peut asphyxier les racines et favoriser certaines maladies.

Il ne s’agit toutefois pas de supprimer tout arrosage du jour au lendemain. Les végétaux récemment plantés, les arbustes en cours d’enracinement ou les plantes en pot peuvent encore réclamer de l’eau pendant les périodes sèches. L’idéal reste de vérifier l’état du sol avant d’intervenir et d’arroser de façon plus espacée, de préférence lorsque le risque de gel est absent.

Oublier les plantes sensibles au froid

Attendre la première forte gelée pour se préoccuper des végétaux fragiles peut être trop tard. Les agrumes, géraniums, lauriers-roses, dahlias ou autres plantes peu rustiques peuvent souffrir dès les premiers épisodes froids, surtout lorsqu’ils sont installés dans des zones exposées au vent ou dans des contenants qui refroidissent rapidement.

L’automne sert justement à anticiper cette transition. Les potées les plus délicates peuvent être déplacées dans un endroit lumineux, frais et hors gel, tandis que les plantes restant à l’extérieur peuvent être protégées progressivement. Un voile d’hivernage, une couche de paillage au pied ou une protection du contenant permettent souvent de limiter les effets des températures négatives.

Planter sans tenir compte du terrain

L’automne est une période favorable pour planter de nombreux végétaux, mais cela ne signifie pas que toutes les espèces conviennent à tous les jardins. Un sol trop compact, une zone constamment humide, une exposition insuffisante ou au contraire trop brûlante peuvent compromettre l’installation d’une plante, même robuste en apparence.

Avant de planter, mieux vaut donc observer précisément les conditions du terrain. L’exposition, le drainage, la nature du sol, la concurrence avec les arbres voisins ou encore les vents dominants jouent un rôle important. Choisir une plante adaptée à son emplacement reste souvent plus efficace que de tenter de modifier durablement tout l’environnement autour d’elle.

Attendre trop longtemps avant de planter

L’automne offre de bonnes conditions pour mettre en terre arbres, arbustes, rosiers ou certaines vivaces, car le sol reste encore relativement doux tandis que les températures de l’air baissent. Les racines peuvent ainsi commencer à s’installer avant l’hiver, ce qui facilite généralement la reprise au printemps.

Mais cette fenêtre favorable n’est pas illimitée. Une plantation réalisée très tard, juste avant une période de gel, laisse peu de temps au système racinaire pour s’installer correctement. Dans les régions froides ou soumises à des gelées précoces, mieux vaut donc anticiper et éviter d’attendre que le sol devienne trop froid, dur ou détrempé.

Négliger la pelouse avant l’hiver

Après un été chaud, sec ou très fréquenté, la pelouse peut présenter des zones clairsemées, jaunies ou fortement tassées. Laisser le gazon en l’état jusqu’au printemps peut accentuer ces défauts, notamment si des feuilles mortes s’accumulent pendant plusieurs semaines ou si l’herbe reste excessivement haute avant l’hiver.

Lorsque les températures restent douces, l’automne peut au contraire être l’occasion de regarnir certaines parties abîmées et d’aérer légèrement les zones compactées. Il convient aussi de continuer à tondre tant que l’herbe pousse, sans la couper trop court. Une pelouse correctement préparée traverse généralement mieux la saison froide.

Tout nettoyer dans les massifs

À l’automne, la tentation du grand nettoyage est forte : retirer chaque tige, chaque feuille et chaque fleur fanée donne rapidement une impression de jardin parfaitement entretenu. Pourtant, un espace trop nettoyé peut devenir moins accueillant pour la biodiversité et priver certaines plantes d’une protection naturelle contre le froid.

Les tiges creuses, les graines sèches et quelques amas de feuilles peuvent servir d’abri ou de nourriture à de nombreux animaux pendant l’hiver. La priorité doit surtout être donnée aux parties malades, abîmées ou susceptibles d’abriter des champignons. Mieux vaut donc distinguer ce qui doit réellement être retiré de ce qui peut rester en place jusqu’au printemps.

Ranger ses outils sans les nettoyer

Une fois les principaux travaux terminés, il est tentant de ranger rapidement sécateurs, bêches, cisailles ou autres outils dans l’abri de jardin. Pourtant, la terre, la sève et l’humidité qui restent sur les lames et les parties métalliques peuvent favoriser la corrosion pendant les mois où le matériel est moins utilisé.

Un nettoyage approfondi en fin de saison permet également de réduire le risque de transmettre certaines maladies d’une plante à une autre. Il est utile de retirer les résidus, de désinfecter les outils de coupe, de vérifier leur affûtage et de sécher soigneusement les parties métalliques. Au retour du printemps, le matériel sera ainsi immédiatement prêt à reprendre du service.