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Confondre ail des ours et colchique peut conduire à l’hôpital ou pire
cueillette•Dans leur quête de plantes sauvages comestibles, les non initiés peuvent facilement confondre le succulent ail des ours et le toxique colchique, une erreur qui peut avoir de graves conséquences prévient l’AnsesMikaël Libert
L'essentiel
- L’Anses met en garde contre la confusion possible entre l’ail des ours, le colchique toxique et le poireau sauvage lors de la cueillette de plantes au printemps.
- Entre 2020 et 2022, 28 cas d’intoxication au colchique ont été recensés, dont quatre cas graves ayant entraîné deux décès, avec des symptômes comme des diarrhées ou vomissements, persistants ou prolongés dans la moitié des cas.
- Pour éviter les risques, l’Anses recommande de vérifier la présence d’une odeur d’ail au froissage de chaque feuille, de ne pas cueillir par brassées, et de ne pas consommer en cas de doute.
Dans le doute, s’abstenir. Si l’on peut appliquer cette maxime dans beaucoup de domaines, elle est encore plus pertinente lorsqu’il s’agit de nourriture. A l’image de cet homme qui à perdu ses cheveux en dévorant une courge qu’il pensait être comestible. Dans la même idée, l’Agence de sécurité du médicament (Anses) alerte les cueilleurs de plantes sauvages non initiés de la facile et dangereuse confusion qu’il est possible de faire entre l’ail des ours, le colchique et le poireau sauvage.
Ce sont trois plantes qui poussent au printemps, dans les sous-bois, et dont les feuilles se ressemblent quand même pas mal. Sauf que, contrairement à l’ail des ours et au poireau sauvage, le colchique est toxique. Et si ses fleurs peuvent permettre de distinguer clairement cette plante des autres, celles-ci ne poussent qu’à l’automne, soit bien après la période de la cueillette.
Un pic d’intoxications en avril
Si l’œil averti du spécialiste ne se fera pas avoir par la relative ressemblance entre ces trois plantes, l’Agence rappelle néanmoins que pas moins de 28 cas de confusion ont été enregistrés par les centres antipoison entre 2020 et 2022, « avec un pic en avril ». Une fois consommées, les feuilles de colchique provoquent une intoxication dont la gravité dépend de la quantité ingérée et d’éventuelles interactions avec un traitement suivi par le consommateur.
Selon l’Anses, les symptômes d’une intoxication au colchique sont des diarrhées ou vomissements, persistants ou prolongés dans la moitié des cas répertoriés par les centres antipoison. Et sur les 28 cas enregistrés entre 2020 et 2022, quatre présentaient des « troubles digestifs, hépatiques et hématologiques graves » causant la mort de deux d’entre eux.
Lire notre rubrique gastronomiqueSi vous décidez malgré tout de partir à la cueillette d’ail des ours, l’Anses préconise de « vérifier la présence d’une odeur d’ail au froissage de chaque feuille », de ne pas cueillir « par brassées » afin d’éviter de « mélanger espèces toxiques et comestibles », et de ne pas consommer en cas de doute.



















