Epinard, huile d’olive, poivre… Où manger les glaces aux parfums les plus chelous à Paris ?
lèche•Ce n’est pas parce que c’est l’été qu’il faut céder à la facilitéBenjamin Chapon
L'essentiel
- C’est l’été, il fait chaud : on mange des glaces.
- C’est les Jeux olympiques, on est à Paris : on mange des glaces.
- Ok mais pas n’importe quelles glaces… La rédaction de 20 Minutes est allée dégotter pour vous des parfums inattendus et audacieux.
Qui y a-t-il de plus ennuyeux qu’une glace à la fraise, à la vanille ou au chocolat ? Bon, ok, pas de glace du tout, c’est encore pire. Mais quitte à être à Paris cet été, pour les Jeux olympiques ou tout autre chose, autant en profiter pour goûter des parfums qui sortent de l’ordinaire.
Renseignements pris auprès des influenceurs et influenceuses invitées par Berthillon, au début de l’été, pour une dégustation, les parfums originaux star de l’été seront Sésame noir et Basilic (pas ensemble, attention). Mais si vous êtes d’humeur encore plus aventureuse, voici une sélection de parfums de glace qui sortent de l’ordinaire.
Aux épinards chez Girotti
Bienvenue chez Mario Girotti ! Du moins son adresse parisienne, boulevard Raspail. Plus connu (par les vieux cinéphiles du moins) sous le pseudo de Terence Hill, star des westerns spaghetti, le maître glacier respecte la tradition italienne et emploie du lait de bufflonne pour certaines de ses glaces. Mais le parfum qui nous intéresse ici, c’est Beurre Epinard Taurine. On va évacuer tout de suite la Taurine : on ne sait pas quel goût ça (indice, y en a dans la Red Bull…), ni même ce que c’est (un acide aminé, paraît-il) donc on s’en fiche. Passons également sur le beurre qui, grosso modo, donne une texture crémeuse assez classique. Et concentrons-nous sur le cœur du produit : l’épinard. L’amertume ferrugineuse est bien présente. Malgré la texture et la température, on reconnaît immédiatement le goût de l’épinard. Une fois le sentiment d’étrangeté passé, on peut apprécier sa dégustation.
Si vous êtes allergique aux épinards depuis que les pions vous ont forcé à finir votre assiette à la cantine, il y a aussi chez Girotti, la glace poire-gorgonzola. Comme on peut s’y attendre, le fromage est ici présent pour assurer la texture crémeuse et rehausser, de sa pointe de sel, le goût de la poire. Excellent…
120, boulevard Raspail, Paris 6
Aux petits pois chez Jacques Génin
Jacques Génin est un chocolatier. Mais en été, à la demande, on peut déguster des glaces turbinées devant nos yeux. Alors bien sûr, l’ambiance donne envie de craquer pour un cacao intense. Mais non, nous ne sommes pas là pour ça. Côté parfums insolites, on a l’embarras du choix : estragon, courgette, asperge, persil…
On se laisse tenter par la Petit pois. Avec une pointe de menthe très discrète, la glace est vraiment fraîche et pas du tout pâteuse, presque croquante. En revanche, niveau goût, c’est un peu plat. On a essayé de relever le tout avec une boule Melon, mais alors la Petit pois est devenue franchement fade. Peut-être faut-il avoir un palais plus fin pour vraiment apprécier.
133, rue de Turenne, Paris 3
A l’huile d’olive chez Alain Ducasse
Encore une adresse de chocolatier. La Glace d’Alain Ducasse est située à côté de la fameuse manufacture de chocolats. Mais cette fois, impossible de se laisser tenter par une banale glace choco puisque le goût convoité n’est disponible qu’en click & collect. On a donc réservé notre glace à l’huile d’olive. Elle est là, elle nous attend. Et première surprise : il y a de tout petits bouts d’olive dedans. A base d’huile d’olive bio de Sicile, la glace est somptueuse, d’une suavité incomparable. Les arômes sont complexes. On nous parle d’artichaut mais nous, on sent plutôt de la noisette. Très fruitée de prime abord, surtout grâce aux morceaux d’olives noires déshydratées, la dégustation nous entraîne vers des amertumes surprenantes. Si on osait, on en reprendrait une boule avec une glace Basilic, pour voir…
38, rue de la Roquette, Paris 11
Au Panettone chez Christophe Louie
Christophe Louie est un artiste du panettone. Le gâteau à la mode de ces dernières années y est, chez lui, élevé au rang d’œuvre d’art, malgré la simplicité de la recette de base. Il était donc tout naturel qu’il s’essaye à la glace au Panettone. Autour d’une crème de lait glacée, de gros morceaux de la brioche italienne sont accrochés. L’ensemble rappellera le croissant/glace, fréquent en Italie. Mais ici, la crème aussi est infusée au panettone. Et des morceaux d’oranges confites viennent surprendre les papilles. Surprenante de par la virtuosité de sa réalisation, la glace Panettone est délicieuse mais finalement assez sage en comparaison du reste de notre sélection.
12, rue Dupetit-Thouars, Paris 3
La Cabosse de Cacao de Fruttini
Chez Fruttini, le secret, c’est de proposer des sorbets aux fruits très givrés présentés dans les fruits eux-mêmes. Le Citron Verveine ou la Banane sont, par exemple, des merveilles. pour les besoins de notre sélection « cheloue », notre choix se porte sur la Cabosse de Cacao. A l’intérieur, le sorbet chocolat est parfait, très équilibré entre force et douceur, sans être jamais écœurant (merci le sorbet). Quant à l’enveloppe en cabosse – cette espèce de gros concombre inélégant qui contient les fèves de cacao sur les cacaoyers –, il fait un peu peur. On s’attend à un truc gras et filandreux. Raté ! La douceur de cette enveloppe donne une note duveteuse à l’ensemble, comme une pulpe soyeuse qui donne une consistance au sorbet. Une sacrée réussite !
24, rue Saint-Placide, Paris 6
Au poivre chez Raimo
Allez, on retourne vers des territoires plus aventureux. Chez Raimo, institution glacière, on dédaigne les spécialités habituelles (dont notre chouchou absolu : myrtille) pour essayer la Trois Epices, qui associe poivre, cardamome et coriandre. La glace est normalement associée à un dessert sucré ou un plat chaud, comme un magret de canard. Mais nous tentons le coup en solo ; Sans surprise, de prime abord, la cardamome l’emporte largement, avec sa saveur unique, sucrée et entêtante. Puis, d’un coup, le piquant du poivre vient nous cueillir. Un réveil des papilles engourdies par le froid. Et enfin, en note de fin, la coriandre s’invite, avec sa saveur indéfinissable. A la deuxième cuillérée, les saveurs sont plus mêlées, et donc un peu moins intéressantes. A la troisième, on a compris l’idée et on s’ennuie un peu. Mais cet assemblage reste une petite merveille glacée.
61, boulevard de Reuilly, Paris 12


















