Alsace : Les « Bredele », ces petits gâteaux de Noël typiques, ont toujours la cote
Tradition•Impossible de ne pas en goûter en Alsace au moment des fêtes de fin d’année… Les « Bredele », ces petits gâteaux de toutes formes et saveurs « participent à la magie de Noël »Thibaut Gagnepain
L'essentiel
- En Alsace, personne n’échappe aux « Bredeles », ces petits gâteaux de Noël typiques qu’on trouve partout.
- Sont-ils toujours autant fabriqués dans les familles ? Peut-être moins mais surtout différemment.
- « Les bredeles représentent le plaisir et la joie de Noël », estime une spécialiste.
Il n’est pas trop tard… Dans de nombreuses cuisines alsaciennes, et un peu ailleurs aussi, des « Bredele » (prononcez « Brédeuleu ») sont encore en cours de fabrication en ces veilles de fêtes. Les plus gourmands ont commencé dès le début de l’Avent fin novembre tandis que d’autres attendent d’être réunis pour les faire ensemble. Peu importe, chacun ses habitudes !
Dans les Bas et Haut-Rhin (où on les appelle « Bredala »), également dans certains coins de Moselle, cette tradition des petits gâteaux ne se perd pas. « Ça fait partie de la magie de Noël », résume Leïla Martin, blogueuse culinaire à la tête du site jevaisvouscuisiner.com et auteure de plusieurs livres de recettes. « C’est vraiment l’esprit de Noël en Alsace. On les fait ensemble, on les partage à droite à gauche, on les échange parfois et il en existe des centaines de différents car chaque famille à ses coutumes. »
Les plus célèbres ? Les simples « butterbredele », avec une bonne dose de beurre comme son nom l’indique ; les « spritz », en forme de S ; les « zimsterne », les étoiles à la cannelle ; les « leckerlis », ces pains d’épices recouverts de sucre ou encore les « anisbredele », à l’anis donc. Mais la liste pourrait encore être longue, autant que les formes choisies grâce aux emporte-pièces. Sapin, étoile, cœur, cathédrale, petit bonhomme etc.
« Le plaisir et la joie de Noël »
« Moi j’en fais 11 sortes », explique Jessica Heinrich, qui en commercialise chaque année depuis Plobsheim, à côté de Strasbourg. « J’ai appris avec les recettes familiales et je trouve que les bredeles représentent le plaisir et la joie de Noël. J’essaie de partager ça avec ma clientèle depuis six ans. Il faut dire que la fabrication en famille se fait quand même de moins en moins. »
Ou différemment et peut-être pas en aussi grosses quantités qu’avant. « Quand j’étais petite, ça représentait des heures et des heures en cuisine pour des dizaines de kilos. Il faut dire qu’on en donnait à la maîtresse, aux amis… », sourit Marie-Laure. A côté d’elle, Leïla Martin précise : « Je ne pense pas que ça se perde car les traditions sont fortes en Alsace, comme au moment de Mardi gras avec les beignets. Les gens en voient à la boulangerie donc se disent que c’est le moment d’en faire aussi. Avec les bredele, c’est pareil et je dirais que la nouvelle génération est plutôt en recherche de nouveautés. Ils aiment les customiser, leur donner de nouvelles formes, saveurs, avec des décos plus sophistiquées. »
L’ex-chroniqueuse culinaire sait de quoi elle parle : elle vient de publier un livre numérique avec dix recettes inédites de bredele. A la farine de châtaigne et au kirsch, à la cacahuète, caramel et beurre salé « façon Snickers », au miel et amandes… Il y en a pour tous les goûts, avec toujours les mêmes avantages : élaborés ou simples, ils sont toujours assez rapides à faire et se gardent environ un mois dans une boîte métallique. De quoi prolonger les fêtes…


















