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Qui sont ces gens qui vont à la montagne pour ne pas skier ?
les bronzés ne font plus du ski

Vacances d’hiver : Qui sont ces gens qui vont à la montagne pour ne pas skier ?

Pour cet hiver, les Français ont décidé de changer leurs programmes pour leur séjour à la montagne
Fiona Bonassin

Fiona Bonassin

L'essentiel

  • Les Français changent leur façon de vivre la montagne en hiver : seuls 15 % des voyageurs envisagent de consacrer toutes leurs journées à la glisse.
  • Les stations de ski s’adaptent à cette nouvelle tendance en proposant davantage d’activités alternatives, comme l’explique Xavier Rousselou d’Abritel : « La montagne en hiver se reconstruit autour de la découverte, de la détente et du partage : les stations doivent désormais vendre des émotions et des histoires, pas seulement des kilomètres de piste ».
  • Face au réchauffement climatique et à la diminution de l’enneigement, 20 % des vacanciers partiraient quel que soit le niveau de neige.

On imagine souvent la montagne en hiver comme un immense air de jeux pour skieurs intrépides, avec des pistes bondées, des remontées mécaniques qui tournent à plein régime et des soirées après-ski arrosés. Mais de plus en plus de vacanciers posent leurs valises dans les stations pour ne jamais, ou très peu, chausser une paire de skis.

D’après le rapport des nouvelles tendances de la plateforme Abritel*, les Français souhaitent vivre la montagne différemment. Seuls 15 % des voyageurs envisagent de consacrer toutes leurs journées à la glisse. « Ce qui rend un séjour inoubliable n’est pas forcément la pratique intensive : seulement 18 % citent le ski du matin au soir, 39 % privilégient la diversité d’activités et 29 % l’après-ski », note le rapport.

Prendre de la hauteur et un bol d’air frais

D’abord, il y a ceux qui accompagnent la tribu. Dans une famille ou un groupe d’amis, il y en a toujours un (ou plusieurs) qui n’est pas fan de ski. Souvent par peur de la vitesse, vieille blessure, ou tout simplement par envie de juste rejoindre la troupe au restaurant et se prélasser au spa. Ces « non-skieurs » souhaitent quand même profiter de l’ambiance : l’air pur qui pique les joues, les paysages enneigés à couper le souffle et les installations offertes qui sont de plus en plus compètes. Les stations l’ont bien compris :

« Depuis la fin du Covid-19, les Français viennent toujours au ski, mais pas que, ils viennent surtout à la montagne. Ils viennent pour profiter, pour partager des moments ensemble et pour pratiquer toutes sortes d’activités. »

Cécile Ferrando directrice communication et promotion de Val d'Isère Tourisme

Créer des souvenirs entre amis et familles, c’est aussi ce qu’a pu remarquer Xavier Rousselou, porte-parole d’Abritel en réalisant cette étude : « La montagne en hiver se reconstruit autour de la découverte, de la détente et du partage : les stations doivent désormais vendre des émotions et des histoires, pas seulement des kilomètres de piste ».

A l’air libre, les activités les plus prisées sont selon l’étude, les randonnées et balades en raquettes (63 %), la gastronomie locale (51 %) et le bien-être (42 %). Les activités culturelles et les festivals gagnent aussi en popularité, notamment chez les 18-24 ans (40 %). Depuis toujours, Romane passe ses week-ends et une partie des vacances dans les Alpes, « mais depuis l’année dernière je prends le forfait que pour la demi-journée. Je préfère me poser l’après-midi, profiter de la montagne et me reposer » explique la trentenaire. A côté d’elle, Célia 25 ans passe depuis trois ans quelques jours à Chamonix :

« Je ne sais même pas skier, je préfère rester au spa et déjeuner dans un restaurant qui propose du fromage. »

Cette multiplication des activités, Cécile Ferrando l’a remarqué, « on ne vend pas moins de forfaits de ski, en tout cas à Val d'Isère. Mais on constate que les gens passent moins de temps sur les pistes de ski, ils vont vraiment plus dans les restaurants, ils recherchent des activités un peu ludiques comme des pistes piétonnes. En fait les gens ont besoin de prendre de la hauteur, d’aller prendre l’air. »

Prévenir le dérèglement climatique

On le sait, la montagne est soumise au réchauffement climatique et l’enneigement est bien moins important qu’auparavant, surtout pour les stations de basse altitude « qui sont confrontées avec le dérèglement climatique à avoir moins de neige. Mais cette tendance laisse aussi l’opportunité aux gens de passer des vacances à la montagne, d’y faire d’autres choses. Ils peuvent aller se promener dans la forêt. S’il y a de la neige, ils vont aller faire du ski. S’il n’y en a pas, ils vont aller faire d’autres choses », explique Cécile Ferrando. L’étude montre que 20 % des vacanciers partiraient quel que soit le niveau de neige, 43 % seulement s’ils trouvent les conditions un minimum favorables.

« Ces chiffres montrent que la montagne reste désirable même sans manteau blanc parfait ; la clé pour les stations est d’offrir des alternatives attractives aux sports de glisse », analyse Xavier Rousselou. »

A Val d'Isère la neige est au rendez-vous, mais Cécile Ferrando l’avoue, « on vit très proche de la nature et on est obligé d’être allié avec elle et de s’adapter. Donc, il y a cette agilité qui fait qu’évidemment, face aux éléments, on est obligé de faire avec. Je vois que plusieurs stations dans les Alpes, dans les Pyrénées ou dans le Jura, sont obligées de se transformer. Par exemple, il y a des moniteurs de ski qui sont moniteurs de VTT l’été et aujourd’hui ils peuvent sortir les vélos. Il y a une agilité. »

Nos conseils de séjours

Cette année, les territoires montagneux devraient faire le plein. Abritel annonce une hausse d’intérêt pour tous les massifs de l’Hexagone. Les recherches de locations de vacances dans les Vosges, le Jura et le Doubs enregistrent une montée de 45 %, tandis que les Hautes-Pyrénées et le Puy-de-Dôme voient se renseigner 30 % de curieux en plus.

*Basé sur une enquête réalisée auprès de 1.000 voyageurs français, combinée aux données de recherche sur la plateforme