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Les plus belles routes de France à faire en voiture
Cap sur…

Les plus belles routes de France à faire en voiture

Certaines routes françaises offrent à elles seules une raison de voyager
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • De la vallée de la Loire aux cols des Pyrénées, certains itinéraires offrent une autre façon de voyager.
  • En Alsace, en Corse ou dans le Vercors, les routes permettent de découvrir des paysages variés et des territoires marqués par leur histoire.
  • C’est une manière simple et agréable d’explorer la France à son rythme.

Il y a des trajets qu’on n’oublie pas, des routes qui, sans prévenir, volent la vedette à la destination. En France, certains itinéraires invitent à lever le pied, à baisser la vitre, à simplement profiter de ce qui défile. Montagnes en toile de fond, virages tranquilles, hameaux figés dans le temps… Ces parcours rappellent qu’en voyage comme en philosophie, il est parfois bon de savourer le chemin autant que l’arrivée.

Sur les traces des châteaux de la Loire

Dans le Grand Ouest, la vallée de la Loire compose un itinéraire où patrimoine et art de vivre se répondent à chaque étape. Le voyage commence souvent à Tours, avec ses maisons à colombages et ses places vivantes, avant de suivre le cours du fleuve à travers une enfilade de châteaux emblématiques. Chenonceaux, suspendu au-dessus de l’eau, Chambord, majestueux au cœur de son domaine forestier, ou encore Villandry et ses parterres géométriques invitent à la flânerie. À Chaumont-sur-Loire, les créations végétales du festival international transforment les allées en galerie à ciel ouvert. Plus loin, Amboise et Blois dévoilent leur riche passé.

Mais ce parcours ne se résume pas à la pierre. Le vin, la table et les paysages façonnent aussi l’expérience. Une dégustation en cave, un déjeuner sur une terrasse en bord de Loire, et l’on comprend vite pourquoi cette région séduit autant. Pour ceux qui préfèrent avancer au rythme des coups de pédale, la Loire à Vélo offre une belle alternative, longeant le fleuve au plus près et traversant les mêmes décors. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette vallée se découvre avec curiosité, sans précipitation, comme un livre ouvert que l’on prend plaisir à parcourir.

Dans les virages des grands cols pyrénéens

Prendre la Route des cols, c’est s’offrir une traversée des Pyrénées par leurs sommets. Le col du Tourmalet, celui d’Aubisque, puis d’autres noms que les cyclistes du Tour de France connaissent bien jalonnent un itinéraire exigeant, mais spectaculaire. En chemin, les vallées se dévoilent, les sentiers s’ouvrent vers les lacs d’altitude, et les marcheurs trouvent vite leur terrain. Le cirque de Gavarnie donne au décor une allure de carte postale. Selon la saison, on change de rythme : à pied, sur l’eau ou skis aux pieds, la montagne se découvre.

La richesse du parcours ne tient pas qu’à ses reliefs. L’influence espagnole, très présente, se retrouve dans les traditions, les saveurs et l’architecture des villages. On y croise une culture fière et discrète, ancrée dans les gestes du quotidien. Certains voyageurs choisissent de parcourir la région en camping-car pour profiter d’une plus grande liberté, d’autres préfèrent s’arrêter dans des gîtes ou de petites auberges.

Dans l’ombre des grands sapins du Jura

Entre Champagnole et Levier, la route des sapins s’étire sur un peu plus de quarante kilomètres à travers l’un des massifs forestiers les plus denses d’Europe. Au programme : pas de panorama spectaculaire ni de cols vertigineux, mais une immersion tranquille au cœur d’une forêt jurassienne où le sapin règne en maître. On traverse la forêt de la Joux, ponctuée de troncs centenaires et d’ombres profondes. La lumière filtre entre les branches, la route se fait discrète, et parfois, au détour d’un chemin, se dresse le sapin Président, véritable géant végétal de plus de 45 mètres.

Ce parcours n’est pas fait pour ceux qui cherchent le grand spectacle. Il s’adresse plutôt à ceux qui savent apprécier ce que la route a de plus simple : le silence, la fraîcheur, l’odeur de résine. Une traversée qui invite à ralentir, à observer, à s’arrêter sans raison précise.

Le passage du Gois, entre terre et mer

Il faut choisir son moment pour emprunter le passage du Gois. À marée basse seulement, cette route étroite de 4,2 kilomètres surgit de l’océan pour relier Noirmoutier au continent. Le reste du temps, elle disparaît sous les flots, comme si rien n’avait jamais existé. Traverser le Gois, c’est accepter les règles du lieu : regarder les horaires, surveiller la mer, et parfois patienter. À pied, à vélo ou en voiture, le trajet se fait au rythme de l’eau, avec cette impression unique de rouler là où, quelques heures plus tôt, seules les vagues passaient.

Mais le Gois ne se résume pas à un simple lien entre l’île et le continent. C’est aussi un lieu de vie, où l’on aperçoit, à marée basse, les pêcheurs s’activer dans la vase à la recherche de coques et de palourdes. L’air marin y est vif, les gestes sont précis, et le silence n’est troublé que par le clapotis de l’eau. Éphémère par nature, cette route impose son propre rythme, dicté par les marées.

Sur la route des vins d’Alsace

Entre Marlenheim et Thann, la route des vins déroule ses 157 kilomètres au cœur de l’Alsace viticole, ponctuée de coteaux bien exposés, de villages au charme intact et de caveaux où l’on prend le temps de discuter autant que de déguster. Loin d’un simple circuit œnologique, cet itinéraire traverse un territoire qui cultive autant le goût que l’accueil. On y croise le Riesling, le Gewurztraminer ou le Pinot Gris dans leur terroir d’origine, mais aussi des artisans, des vignerons passionnés, des restaurateurs qui font vivre la tradition locale à travers chaque assiette.

Chaque étape est une immersion dans une Alsace rurale et vivante, où les maisons à colombages, les balcons fleuris et les ruelles pavées racontent une histoire. De Riquewihr à Kaysersberg en passant par Ribeauvillé, ces villages classés parmi les plus beaux de France offrent autant de raisons de ralentir. Au fil des verres et des kilomètres, on comprend vite que cette route n’a rien de touristique au sens galvaudé du terme. Elle a le goût du vrai, celui d’une région qui ne se contente pas de produire du vin, mais qui vit avec lui, au rythme des saisons et des vendanges.

À la découverte des volcans d’Auvergne

Depuis Clermont-Ferrand, la route quitte la ville pour rejoindre les reliefs arrondis de la Chaîne des Puys. Le Puy-de-Dôme en toile de fond, on emprunte de petites routes tranquilles qui traversent le parc naturel régional des Volcans d’Auvergne. Le Puy de Sancy et le Puy Mary ponctuent l’itinéraire, offrant des panoramas superbes et de belles occasions de marcher, loin de la foule. Chaque détour révèle un nouveau point de vue, un sentier, un village accroché à la pente.

Tout au long du trajet, les haltes sont riches en saveurs. Une auberge de montagne, un plateau de fromages locaux, un verre de vin rouge du coin : il ne faut pas grand-chose pour se sentir bien. Pour les familles, une étape à Vulcania permet de découvrir le volcanisme de façon ludique.

La Corse, d’un bout à l’autre

L’aventure commence à Ajaccio, mais ici, la ville n’est qu’un point de départ. Une fois la voiture louée, il suffit de quitter l’aéroport pour que les paysages prennent immédiatement le dessus. Cap au sud, entre mer turquoise et reliefs escarpés, la route longe les falaises de Bonifacio, file vers les plages claires de Porto-Vecchio, puis s’enfonce dans les terres. La forêt de l’Ospedale, les aiguilles de Bavella ou encore les villages accrochés aux montagnes dévoilent une autre facette de l’île, plus rude, plus secrète. Chaque virage ouvre sur un panorama nouveau.

Plus au nord, le Cap Corse trace une dernière boucle sauvage, ponctuée de petits ports calmes et de routes sinueuses. Pour ceux qui n’ont pas peur de marcher, le GR20 traverse l’île de part en part, enchaînant cols et crêtes dans un décor brut. Mais nul besoin d’être randonneur aguerri pour profiter de l’essentiel : ici, nature, culture et histoire se mêlent à chaque arrêt.

La traversée des Alpes, de la montagne à la mer

De la frontière suisse jusqu’à la Méditerranée, la Route des Alpes déroule ses 800 kilomètres à travers des paysages d’une rare diversité. Le parcours commence au bord du lac Léman, traverse les villages du Chablais, puis progresse vers le sud en longeant les massifs du Mont Blanc, de la Vanoise et du Mercantour. Annecy, avec son lac et sa vieille ville pleine de charme, Chamonix aux pieds des glaciers, Grenoble entourée de sommets, rythment l’itinéraire de leurs atmosphères contrastées.

Sur le chemin, les grands parcs nationaux invitent à faire halte, le temps d’une randonnée ou simplement pour profiter du cadre. Les amateurs de montagne ne manqueront pas les cols de l’Iseran ou du Galibier, passages symboliques qui ponctuent le trajet de façon spectaculaire. Puis, peu à peu, les cimes laissent place à la douceur du sud, jusqu’aux rivages de la Méditerranée.

La route de Cilaos, au cœur de La Réunion

Entre Saint-Louis et le cirque de Cilaos, la route nationale 5 serpente sur une quarantaine de kilomètres, épousant les courbes abruptes de la montagne. Connue sous le nom de « route aux 400 virages », elle impressionne autant qu’elle fascine. Étroite, sinueuse, parfois vertigineuse, elle offre des points de vue exceptionnels sur les remparts du cirque, les gorges profondes et les sommets environnants. À mesure que l’on prend de l’altitude, le paysage se transforme, laissant apparaître l’un des décors les plus spectaculaires de l’île.

Parvenir jusqu’à Cilaos, c’est atteindre un village tranquille niché au cœur d’un paysage escarpé. Le contraste entre la difficulté du trajet et le calme qui règne sur place confère à cette route un caractère singulier. Une fois empruntée, cette route marque durablement la mémoire de ceux qui l’ont parcourue.

Un itinéraire ensoleillé en Provence

En quittant Marseille, on laisse derrière soi le tumulte du port pour suivre une route qui sent bon le Sud. Aix-en-Provence, puis les premières courbes du littoral, les villages qui s’égrènent entre les pins et les criques, les noms qui évoquent les vacances : Saint-Tropez, Cannes, Nice, Menton. À chaque arrêt, une ambiance différente et toujours ce soleil qui accompagne le voyage. La route file et plus on avance, plus le décor change. Les calanques de Cassis laissent place aux collines du Luberon, et l’on se surprend à ralentir devant les champs de lavande de Valensole ou les façades ocres de Roussillon.

Tout invite à prendre son temps. On s’arrête pour une assiette de bouillabaisse, un verre de rosé bien frais, une promenade dans les ruelles d’un village perché. Pas besoin de programme chargé, la Provence se découvre au fil des envies, portée par les parfums et ce mélange de simplicité et de caractère qui fait tout son charme.

De Quimper au Mont-Saint-Michel, la côte en fil conducteur

Depuis Quimper, le voyage débute au cœur d’une Bretagne authentique. En prenant la direction du nord, la route longe un littoral sauvage, marqué par les falaises, les caps et les phares. La Pointe du Raz, le Cap Sizun ou encore la baie d’Audierne offrent des panoramas impressionnants sur l’Atlantique, tandis que des villages côtiers comme Douarnenez permettent de faire étape dans une atmosphère paisible. À mesure que l’on avance, le paysage se transforme, les plages deviennent plus larges, les reliefs moins abrupts, et la mer, toujours présente, accompagne discrètement le parcours.

En franchissant la frontière normande, une autre ambiance s’installe. Les lignes se font plus douces, et l’on approche peu à peu du Mont-Saint-Michel. Perché sur son îlot, au cœur d’une baie aux marées spectaculaires, il marque l’aboutissement du voyage.

Entre vignes et villages, cap sur le Bordelais

La route des vins de Bordeaux débute dans la ville éponyme, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son architecture raffinée et ses quais bordés de terrasses. Dès les premiers kilomètres, les paysages viticoles prennent le relais, alternant domaines prestigieux, petits villages et châteaux bordant les routes. Du Médoc à Saint-Émilion en passant par Pomerol, les appellations se succèdent, chacune avec son caractère, ses traditions et son accueil. Même sans être fin connaisseur, on apprécie les visites de caves, les rencontres avec les vignerons et les promenades entre les rangs de vignes.

Au-delà du vin, c’est toute une culture régionale qui s’exprime. La gastronomie tient une place de choix, avec ses spécialités emblématiques comme l’entrecôte à la bordelaise ou les canelés. À mesure que l’on avance, entre estuaire et vallons, le rythme se fait plus calme, propice aux détours et aux découvertes.

À travers les sommets du parc des Ballons des Vosges

Depuis Colmar, la route s’élève progressivement vers les hauteurs du massif vosgien. Le Grand Ballon, point culminant des Vosges, marque une étape incontournable avant de rejoindre le Markstein, station nichée au cœur du parc naturel régional des Ballons des Vosges. Tout au long du trajet, les paysages se dévoilent avec douceur. Le lac de Wildenstein et celui de Kruth invitent à la promenade, à la détente ou à une pause au bord de l’eau, dans un cadre calme et préservé. Il n’est pas rare d’y croiser chamois ou oiseaux sauvages, discrets habitants de ces reliefs.

La région se prête aussi bien aux balades estivales qu’aux activités hivernales. En été, les crêtes panoramiques attirent les randonneurs en quête de fraîcheur et de nature, tandis que l’hiver transforme le paysage en domaine propice au ski et aux sports de glisse.

Le viaduc de Millau, prouesse au-dessus du Tarn

En franchissant la vallée du Tarn sur près de 2,5 kilomètres, le viaduc de Millau impressionne autant par sa silhouette que par ses dimensions. D’un trait fin et tendu entre les collines, il relie deux plateaux sans perturber le paysage, comme suspendu au-dessus du vide. Conçu par l’ingénieur Michel Virlogeux et dessiné par l’architecte Norman Foster, cet ouvrage d’art atteint 343 mètres à son point le plus haut, dépassant même la Tour Eiffel. Son allure légère accompagne l’autoroute A75 dans l’un de ses tronçons les plus spectaculaires.

Mais au-delà de l’exploit architectural, ce pont raconte aussi un territoire. Il porte le nom de Millau, ville posée en contrebas, connue pour son artisanat, son patrimoine et sa situation au cœur du Parc naturel régional des Grands Causses.

La route de Presles, balcon vertigineux du Vercors

Depuis Pont-en-Royans, la route de Presles s’élève rapidement, s’accroche à la paroi et suit la montagne au plus près. Sur sept kilomètres, elle alterne passages creusés dans la roche, tunnels étroits et portions à ciel ouvert. Ce tracé singulier relie la vallée de la Bourne au plateau des Coulmes, en dominant le plateau de l’Allier. Chaque virage dévoile un nouveau point de vue sur les falaises abruptes du Vercors, avec en toile de fond les reliefs puissants des Hauts Plateaux.

Célèbre auprès des grimpeurs, le site d’escalade de Presles attire les amateurs de parois techniques et de vues dégagées. Mais même sans cordes ni baudrier, le trajet suffit à impressionner. Les encorbellements sont étroits, les voies parfois fragiles, et la prudence est de mise à chaque détour. Cette route est une immersion directe dans la géographie brute et majestueuse du Vercors.