« Je me dis que le plus beau voyage va être le prochain », Sophie Jovillard nous raconte le monde depuis vingt ans
bol d’air•Avec « Echappées belles », Sophie Jovillard part à la rencontre des amoureux de leurs territoires depuis 2005Claire Frayssinet
L'essentiel
- Le salon Destinations Nature qui a accueilli 40.000 visiteurs l’an passé se tient du 13 au 16 mars 2025 à Paris, Porte de Versailles.
- C’est en 2025 que l’émission « Echappées belles » fête ses 20 ans de diffusion, avec l’animatrice Sophie Jovillard présente depuis les débuts.
- Marraine du salon Destinations Nature, Sophie Jovillard nous raconte ses plus beaux souvenirs de tournage et ses destinations nature coups de cœur.
Cela fera 20 ans cette année que l’émission Echappées belles diffusée sur France 5 entraîne les téléspectateurs aux quatre coins du monde et de la France à la découverte de nouveaux territoires et personnalités passionnés. L’animatrice est marraine du salon Destinations Nature qui se déroule du 13 au 16 mars à la Porte de Versaille à Paris. L’occasion de lui poser quelques questions sur son rapport aux voyages et à la nature.
Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de voir le monde dans Echappées belles en vingt ans ?
On s’est vraiment recentré sur l’humain. On a fait le choix de découvrir une destination à travers les gens que nous rencontrons. C’est un regard subjectif qu’on offre sur une destination en faisant un parcours et en rencontrant des hommes et des femmes qui transmettent leurs passions, leurs traditions, leurs savoir-faire. On assume ce regard subjectif et de ne pas vouloir s’imposer comme le spécialiste d’une destination. On propose un voyage à hauteur d’homme en étant dans l’affect. Au tout début d’Echappée Belle, on avait une destination principale et on partait ailleurs. Ça pouvait donner l’impression d’une émission un peu patchwork, comme un magazine qu’on feuillette avec un reportage sur le Pérou puis sur l’Auvergne en passant pas un week-end à Londres. Au bout de quelques années d’émission, on a décidé de faire un focus sur un parcours, ce qui nous permet de revenir plusieurs fois à des destinations. Par exemple ce week-end j’ai une émission sur Hong Kong qui est diffusée, c’est la troisième fois en vingt ans qu’on traite cette destination mais c’est pourtant une nouvelle émission à chaque fois. C’est ça qui fait le sel du voyage, de regarder une destination à travers les yeux de quelqu’un qui l’aime, qui la connaît bien, qui la découvre avec moi.
Quelle est votre destination nature préférée ?
J’ai eu récemment un coup de cœur lors d’un tournage pour un lieu qui se trouve vers Chamonix-Mont-Blanc, c’est la buvette des Mottets, un vrai petit coin de paradis situé aux pieds des Drus et au-dessus de la fin de la Mer de Glace. On y accède en randonnée ou avec le funiculaire du Montenvers et on peut y séjourner dans des bulles. J’aime beaucoup cet endroit parce que ça se mérite et, une fois qu’on est là-bas, on observe à la fois la fragilité de cet espace naturel en constatant combien la Mer de Glace a reculé au fil du temps et à la fois on voit l’immensité de la montagne, où on se sent tout petits et très vulnérables.
Quelles autres destinations nature recommanderiez-vous en France ?
Moi je suis très attachée à Marseille et j’aime beaucoup le massif des Calanques. Victime de sa surfréquentation, le parc a eu la bonne idée de réguler la fréquentation donc on doit s’inscrire pour avoir accès aux calanques pendant la période estivale. Je trouve ça bien car cela permet aux gens qui ne sont pas de la région de pouvoir accéder à ce site en s’inscrivant et, en même temps, cela permet aux gens qui vivent dans la région de Marseille d’en profiter le reste du temps.
Et l’alternative au parc des calanques, c’est d’aller sur la cote bleue qui est un peu moins connue et fréquentée et qui est de l’autre côté de Marseille. Elle peut se sillonner en faisant des petites escales en prenant le train, en randonnée… Il y a plein de petits villages absolument charmants.
Quelle est votre plus belle expérience vécue dans la nature ?
C’est d’avoir eu la chance d’observer les gorilles à dos argenté au Rwanda après une longue marche dans la forêt dans le parc des Volcans. C’était une aventure humaine avec l’équipe de tournage et aussi personnelle assez forte. Ce qui est le plus troublant quand on les approche et on les approche de très très près, c’est qu’on partage avec eux 98 % de patrimoine génétique commun donc on a vraiment dans leurs regards, dans leurs mains, dans leurs attitudes, des choses qui sont très troublantes. C’est un souvenir qui m’a énormément marqué, c’est l’expérience d’une vie. J’ai conscience que cette expérience est possible pour les touristes mais reste très chère. Mais ça permet de conserver des zones protégées avec des gardiens assermentés autour des gorilles pour leur permettre de vivre en communauté. Je suis peut-être mal placée mais parfois je me dis qu’il faut mieux moins voyager pour mieux voyager et vivre des expériences exceptionnelles dont on se souvient à vie. Et aussi pour choisir des conditions de voyage qui soient une vraie aide à la population locale et pour protéger l’environnement.
Votre métier vous fait voyager dans le monde depuis vingt ans, à quoi ressemblent vos vacances ?
Je ne suis absolument pas blasée, je mesure la chance que j’ai de faire ce métier-là. A chaque fois je me dis que le plus beau voyage va être le prochain. Et généralement quand je suis en vacances, je ne voyage pas ! Ça me fait plaisir d’être un peu casanière et de rester un petit peu chez moi !



















