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poubelle« L’envers du marketing »… vingt ans de déchets dans les Calanques

Marseille : « L’envers du marketing »… vingt ans de ramassage de déchets dans les Calanques

poubelleIl y a vingt ans, l’association MerTerre menait sa première opération Calanques propres. Après l’équivalent d’une piscine olympique de déchets collectés, l’association observe une baisse des volumes ramassés et un changement de la nature des détritus
De nombreux ramassages de déchets sont organisés dans les Calanques. Ici, une bénévole de l'association Clean my Calanques.
De nombreux ramassages de déchets sont organisés dans les Calanques. Ici, une bénévole de l'association Clean my Calanques. - Christophe SIMON  / AFP
Alexandre Vella

Alexandre Vella

L'essentiel

  • Il y a vingt ans, l’association MerTerre menait sa première opération « Calanques propres ».
  • 2.000 mètres cubes de déchets collectés plus tard, l’association observe des progrès.
  • Le volume de déchets ramassé a diminué de deux tiers en dix ans.

«On était un peu seuls à crier dans le désert », rembobine Isabelle Poitou, la directrice de l’association marseillaise MerTerre qui lutte contre les déchets abandonnés diffus qui peuvent aboutir en mer. Vingt ans et 2.000 mètres cubes de déchets collectés dans les Calanques plus tard, soit à peu près l’équivalent d’une piscine olympique, Isabelle Poitou continue de « s’accrocher à ses rêves » de voir, un jour, un littoral et des fonds marins sans immondice.

Deux tiers de déchets de moins en dix ans

Ces vingt années forment également un temps de recul suffisant pour observer l’impact de leurs actions et l’évolution de la société. « Nous sommes l’envers du marketing en quelque sorte. C’est-à-dire que dans les déchets, on retrouve un peu les nouvelles tendances ». Ainsi, ces dernières années « les canettes, emballages alimentaires et mégots » ont pris les pas sur « les gros déchets des débuts, les dépôts sauvages, les épaves ». A présent, emballages plastiques et mégots constituent 60 à 70 % des déchets.

Une tendance à la baisse de la taille des déchets ramassés qui est aussi le fruit du travail de l’association, qui a vu ces dernières années d’autres structures se lancer dans ce combat à Marseille, comme Clean my Calanques, Un jour un déchet ou bien Les pirates du plastique. « En volume, nous ramassons deux fois moins de déchets qu’il y a quatre ou cinq ans, et deux tiers de moins qu’il y a dix ans », indique celle qui est biologiste marine de formation.

Un constat partagé par le parc national des Calanques : « Ça s’améliore, on va dans le bon sens, même si le point noir reste les zones d’interfaces ville-nature, et notamment les lieux accessibles en voiture, comme les Goudes », rapporte Zacharie Bruyas, le responsable communication du parc.

Au-delà de ces indicateurs, l’association se réjouit surtout « du progrès important des outils réglementaires et des politiques publiques ». Notamment de l’obligation faite aux industriels producteurs de déchets abandonnés de verser une cotisation à des organismes agréés, comme Citéo pour les emballages ou Alcome pour les mégots. Une manne financière dont bénéficient les institutions. A ce propos, le parc des Calanques doit signer prochainement une nouvelle convention avec Citéo.

Reste que la situation n’est pas pour autant satisfaisante, et que, sans l’action des associations, les paysages déborderaient de toujours plus de déchets.

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